Selon la 5e édition de
l’étude European Hotel Investor Compass de Cushman & Wakefield, la
confiance des investisseurs dans les hôtels européens devrait rester solide en
2026.
Un marché européen
résilient, porté par l'Europe du Sud
Après de solides
résultats en 2025 (RevPAR +3,9 %), la confiance des investisseurs dans
l'hôtellerie européenne reste très importante : 86 % prévoient d'allouer au
secteur un capital égal ou supérieur à celui de l'année dernière, et 58 %
comptent même déployer davantage de capitaux qu'en 2025. Au total, 54 % des
investisseurs ont l'intention d'être acheteurs nets en 2026, contre seulement 7
% de vendeurs nets.
L'Europe du Sud reste
la principale cible des investisseurs. Bonnes performances opérationnelles, mix
visiteurs équilibré, fort potentiel de croissance et haute liquidité sont les
facteurs qui placent l'Italie et la Péninsule Ibérique en tête, avec 78 % des
investisseurs exprimant un intérêt élevé ou très élevé, suivies de la France à
60 %. Il est intéressant de noter que la plus forte intention d'augmenter les
investissements hôteliers est observée parmi les profils Value Add (63 %) et
Opportunistes (64 %). Le Royaume-Uni et l'Irlande tirent également leur épingle
du jeu, avec une proportion d'investisseurs affichant un intérêt « très élevé »
en progression de 7 points par rapport à l'année dernière.
La France, marché
incontournable
Paris figure parmi les
cinq villes européennes les plus attractives pour les investisseurs, aux côtés
de Milan, Madrid, Rome et Londres. Au-delà de la capitale, l'enquête révèle que
Nice-Cannes enregistre la 2ème plus forte hausse d'intérêt annuel avec +9 %, et
Paris progresse de +7 %, témoignant d'une dynamique positive et d'une
diversification géographique croissante de l'investissement hôtelier sur le
territoire français. Ces résultats confirment l'attractivité structurelle du
marché français, portée par la solidité de la demande touristique
internationale et le positionnement premium de son offre hôtelière.
« La France confirme sa
position de marché incontournable pour l'investissement hôtelier en Europe.
Paris reste la locomotive, portée par la dynamique post-Jeux Olympiques et la
solidité de la demande internationale. Au-delà de la capitale, des marchés comme
Nice-Cannes affichent également une progression remarquable, témoignant d'une
diversification géographique de l'appétit des investisseurs sur le territoire
français. »,
déclare Jean Christophe Charolle, Head of Hospitality France, Cushman &
Wakefield.
Segments privilégiés et
profils d'investisseurs
Le Haut de Gamme Supérieur et le Haut de Gamme sont les segments les plus attractifs en 2026,
avec 81 % des investisseurs affichant un intérêt élevé ou très élevé. Le segment Luxe suit de près avec 69% d'intérêt global — ce chiffre monte à 82 % parmi les grands investisseurs disposant de plus de
200 millions d'euros de
capital disponible, confirmant l'attrait persistant du très haut de gamme
auprès des acteurs institutionnels.
Les exigences de
rendement des fonds propres se sont accrues : le ROE (rendement des capitaux
propres) cible moyen s'établit à 15,6 % en 2026, contre 13,6 % en 2025. Cette
hausse reflète l'incertitude accrue de la souscription, même dans un contexte
de compression des taux de crédit. Elle traduit également une sélectivité
renforcée des investisseurs, qui ciblent en priorité des actifs bien
positionnés dans des marchés à forte liquidité.
Défis, ESG et
intelligence artificielle
La hausse des coûts de
construction reste le principal défi du secteur, 68 % des investisseurs la
jugeant très ou extrêmement difficile à gérer. Les investisseurs sont également
de plus en plus préoccupés par l'incertitude des performances hôtelières (+6
pts vs 2025). En revanche, les problèmes de financement sont en net recul (-19
% vs 2025), les conditions d'endettement continuant de s'améliorer. Les risques
géopolitiques et macroéconomiques — notamment la récente escalade au
Moyen-Orient — constituent le deuxième défi le plus souvent cité.
Sur le volet ESG, les
hôtels présentant les meilleures performances environnementales continuent de
bénéficier d'une « prime verte » : les investisseurs sont prêts à payer en
moyenne 4,3 % de plus pour les actifs atteignant les plus hautes certifications
(BREEAM Outstanding ou LEED Platine). Cette prime témoigne d'une intégration
croissante des critères de durabilité dans les stratégies d'acquisition,
au-delà de la simple conformité réglementaire.
Concernant l'intelligence artificielle, 81 % des investisseurs estiment que l'IA façonnera significativement le marché d'ici 2030, voire avant. Les hôtels économiques sans restauration (86 %) et à service complet (85 %) sont perçus comme les plus impactés. Les principaux bénéfices attendus : réduction des coûts opérationnels grâce aux gains d'efficacité (80 % des répondants) et optimisation des coûts de distribution via l'accélération des réservations directes et la réduction de la dépendance aux agences de voyage en ligne (65 %).


