Un premier trimestre mémorable
pour l'assurance vie, selon Philippe Crevel, Directeur du Cercle de
l’Épargne.
L’assurance vie continue de tracer sa voie sans être pénalisée par le contexte géopolitique. Au mois de mars dernier, la collecte nette a atteint, selon France Assureurs, 6 milliards d’euros, contre 3,8 milliards en mars de l’année dernière et 7 milliards d’euros en février 2026. La collecte nette est toujours portée par un fort mouvement de cotisations.
Le premier trimestre de l’assurance vie a été
remarquable, avec près de 20 milliards d’euros de collecte, marquée par un
retour en grâce des fonds en euros dont le rendement est redevenu compétitif. A
la différence des précédentes crises - covid, guerre en Ukraine, crise
politique – les ménages n’ont pas eu le réflexe du Livret A en mars de cette
année. Ils ont continué à plébisciter l’assurance vie.
Une collecte nette de
haut niveau
Le mois de mars réussit en règle générale assez bien à l’assurance vie. Depuis le début du siècle, seules quatre décollectes ont été constatées pour le 3e mois de l’année : en 2020, avec le déclenchement de l’épidémie de Covid (-1,842 milliard d’euros), en 2017, à la veille de l’élection présidentielle (propositions de hausse de la fiscalité), dans le prolongement de la promulgation de la loi Sapin II en 2016
(-9 millions d’euros), et en 2012, pendant la crise des dettes souveraines
(-1,378 milliard d’euros).
En 2026, l’assurance
vie n’a pas battu le record de mars 2006 (8,225 milliards d’euros). Néanmoins,
le cru de cette année est quatre fois supérieur à la moyenne de ces dix
dernières années.
Les deux piliers de l’assurance vie ont contribué en mars au bon résultat du mois, avec un gain de
4 milliards d’euros pour les unités de compte et de 2 milliards d’euros pour
les fonds en euros.
Une collecte portée par
les cotisations
Les cotisations brutes
se sont élevées à 18,3 milliards d’euros en mars, ce qui constitue le meilleur
résultat depuis le début des statistiques de France Assureurs (1997). Ces
cotisations sont en hausse de 17 % sur un an.
En mars 2026, les
supports en unités de compte (UC) et les supports en euros affichent une
progression comparable (+17 %), traduisant le retour en force de ces derniers.
La part des UC dans les
cotisations s’établit à 38 % au mois de mars 2026.
Des prestations en
légère hausse
Les prestations se sont
élevées à 12,3 milliards d’euros, en hausse de 0,5 milliard d’euros, soit +4 %,
par rapport à mars 2025. Les prestations progressent de +15 % pour les supports
en UC et de +1 % pour ceux en euros, ce qui signifie que les assurés se sont
davantage délestés des UC dans un contexte boursier plus volatil.
Un premier trimestre
haut en couleur pour l’assurance vie
Si le Livret A a connu son plus mauvais premier trimestre depuis 2009, avec une décollecte de
3,1
milliards d’euros, l’assurance vie a le vent en poupe, avec une collecte nette
de 19,3 milliards d’euros, supérieure de 5,7 milliards d’euros à celle de 2025
sur la même période. Cette hausse concerne davantage les supports en UC (15,0
milliards d’euros) que les supports en euros (4,3 milliards d’euros). La part
des unités de compte sur le premier trimestre a été de 41 %.
Depuis le début de
l’année, les cotisations atteignent 57,0 milliards d’euros, en hausse de 6,9
milliards d’euros, soit +14 % par rapport aux trois premiers mois de 2025.
Cette dynamique concerne à la fois les supports en UC (+15 %) et ceux en euros
(+13 %).
Les prestations ont
représenté 37,7 milliards d’euros pour le premier trimestre, en hausse de 1,2
milliard d’euros, soit +3 % par rapport aux trois premiers mois de 2025. Cette
progression concerne essentiellement les supports en UC (+11 %) et, dans une moindre
mesure, ceux en euros (+1 %).
Un encours de plus de 2
100 milliards d’euros pour l’assurance vie
L’encours des contrats d’assurance vie atteint 2 115 milliards d’euros à fin mars 2026, en hausse de
4,6 % sur un an (+94 milliards d’euros).
Contre vents et marées
L’assurance vie
maintient son cap en accumulant des collectes nettes de bonne facture. Au vu
des premiers résultats de l’INSEE pour le premier trimestre, les Français
conservent une forte appétence pour l’épargne tout en opérant une réallocation
de celle-ci. Les ménages français continuent ainsi de se détourner des livrets,
dont le Livret A, ainsi que des dépôts à terme, pour privilégier l’assurance
vie.
Celle-ci bénéficie sans nul doute des fermetures des plans d’épargne logement ouverts depuis plus de quinze ans. Entre 2026 et 2030, 3,2 millions de PEL sont concernés, pour un encours total de 93 milliards d’euros.


