3ème édition de l’Observatoire des
solidarités intergénérationnelles IFOP pour ASAC-FAPES.
À l'occasion de la Journée nationale de la Solidarité (Lundi de Pentecôte), l’ASAC-FAPES publie les résultats de la 3ᵉ édition de son Observatoire des solidarités intergénérationnelles, réalisé en partenariat avec l’Ifop. Cette nouvelle édition s’est enrichie d'un volet inédit consacré à la finance solidaire, révélant que les pratiques d'entraide familiale sont bien réelles, bien qu’encore largement informelles et peu structurées.
Loin d’être marginale,
la solidarité financière intergénérationnelle s’impose comme un fait social
majeur. Au cours des cinq dernières années, 38 % des Français déclarent avoir
reçu une aide financière de la part d’un parent ou d’un grand-parent, dont 18 %
à plusieurs reprises. En miroir, 37 % des personnes ayant des enfants ou
petits-enfants indiquent en avoir apporté une à leurs descendants. Autrement
dit, près de 4 Français sur 10 ont été, à un moment ou à un autre, aidés ou
aidants financiers au sein de leur famille.
Si ces aides peuvent
relever d’une volonté d’accompagner des projets de vie (études, acquisition
immobilière ou lancement professionnel), elles traduisent aussi, pour une part
significative de la population, une réponse à des situations de fragilité économique.
Plus d’un tiers des Français (35 %) déclarent ainsi avoir soutenu un descendant
en difficulté financière, tandis que 21 % ont apporté une aide à un parent ou
un grand-parent dans le besoin, dont 10 % à plusieurs reprises. La solidarité
familiale apparaît dès lors comme un véritable amortisseur social, venant
pallier certaines insuffisances économiques.
De 500 à 20 000 € : une
solidarité à deux vitesses
Les aides financières
échangées au sein des familles restent majoritairement modestes : plus d'une
sur deux est inférieure à 2 500 €, que ce soit pour les sommes reçues (56 %) ou
versées (54 %), et le montant médian s'établit à 2 000 € dans les deux cas.
Pourtant, la moyenne est nettement plus élevée — 6 514 € pour les aides reçues,
9 748 € pour les aides versées — témoignant de disparités dans la solidarité,
reflet d’une France à deux vitesses.
D’un côté, les ménages les plus aisés disposent de marges de manœuvre importantes : 25 % des retraités CSP+ déclarent ainsi avoir versé 20 000 € ou plus là où plus de la moitié des catégories pauvres indiquent avoir donné moins de 500 € (54 %).
Cette inégalité
se retrouve également dans le sens des flux : les moins de 35 ans et les
catégories populaires (employés et ouvriers) sont surreprésentés parmi ceux
ayant dû aider financièrement un ascendant « dans le besoin » (respectivement
31 % et 29 %, soit +10 et +8 points par rapport à la moyenne nationale).
Autrement dit, les publics les plus fragiles sont aussi ceux qui contribuent le
plus souvent à soutenir leurs proches, au prix d’un effort qui pèse directement
sur leur capacité d’épargne et leur projection financière à long terme.
Près de 4 Français sur
10 ne savent pas décrire l’épargne solidaire
L’Observatoire s’est
intéressé à la perception de l’épargne solidaire. Les résultats révèlent un
paradoxe marquant : si les Français associent spontanément cette notion à des
valeurs positives comme le financement de causes solidaires (22 %), l’aide à autrui
(15 %) ou le partage (13 %), sa dimension financière reste largement méconnue.
Seuls 12 % des
répondants identifient l’épargne solidaire comme un produit d’épargne ou un
placement. Plus préoccupant encore, près de 4 Français sur 10 ne sont pas en
mesure d’en donner une définition : 28 % déclarent ne pas connaître ce terme et
9 % n’y associent rien de précis.
« Ce décalage met en lumière un véritable déficit de culture financière, qui empêche encore aujourd’hui de transformer des pratiques d’entraide spontanées en solutions durables et structurées. En ce jour dédié à la solidarité, ces résultats rappellent que l’entraide entre générations est profondément ancrée dans le quotidien des Français mais reste trop souvent informelle, faute de repères et d’outils adaptés. L’enjeu est désormais clair : mieux informer pour permettre à chacun de structurer, sécuriser et optimiser ces élans de solidarité. », conclut Nathalie Lejeune, Directrice Générale de FAPES Diffusion (ASAC-FAPES).


