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[Expertises] Nue-propriété : rien à déclarer

L'analyse de Geraldine Chaigne, cofondatrice de AGARIM.

 

Chaque année, la même mécanique : déclarer, payer… et constater que rien n’a été anticipé. Avril agit comme un révélateur : manque d’anticipation, stratégies mal construites, dépendance à des dispositifs ponctuels… Résultat, beaucoup subissent leur fiscalité plus qu’ils ne la pilotent.

 

À contre-courant de cette logique, certains dispositifs permettent de changer de grille de lecture. Non pas en cherchant à réduire l’impôt, mais en évitant d’en générer. C’est tout l’enjeu du démembrement de propriété, et en particulier l’investissement en nue-propriété, qui repose sur une logique de long terme. Le principe est connu : acquérir un bien avec une décote immédiate de 30 à 40 %, en contrepartie d’une absence de loyers pendant une période donnée. Mais cette mécanique est souvent mal comprise car l’investisseur ne renonce pas réellement aux revenus. Il les perçoit autrement. La décote appliquée à l’achat correspond en réalité à des loyers capitalisés dès l’acquisition. Autrement dit, une partie de la performance est intégrée dès l’entrée, sans dépendre d’une mise en location ni d’aléas de gestion.

 

Mais c’est sur le plan fiscal que le modèle change de nature. Pendant toute la durée du démembrement, il n’y a rien à déclarer. Aucun revenu, donc aucun impôt sur le revenu. Aucun flux, donc aucun prélèvement social. Et surtout, le bien n’entre pas dans l’assiette de l’IFI. Pour l’administration fiscale, il n’existe pas dans le patrimoine imposable. Il peut être mentionné dans la déclaration, mais avec une valeur nulle. Ce fonctionnement ne repose pas sur un dispositif fiscal ponctuel, susceptible d’être modifié chaque année, mais sur un cadre juridique ancien, inscrit dans le Code civil. Une stabilité qui tranche avec la volatilité des mesures fiscales traditionnelles.

 

À cela s’ajoute une logique de gestion simplifiée : pendant toute la durée du démembrement, l’usufruit est confié à un opérateur, qui prend en charge l’exploitation du bien. L’investisseur, lui, n’a ni locataire à gérer, ni travaux à financer, ni fiscalité courante à suivre. À terme, il récupère la pleine propriété du bien, avec un double levier de performance : la reconstitution de la valeur liée à l’usufruit, et l’éventuelle revalorisation du marché immobilier.

 

Pour Géraldine Chaigne, cofondatrice de AGARIM « chaque année, on voit des contribuables qui cherchent à corriger leur fiscalité au moment de la déclaration. En réalité, les stratégies les plus efficaces sont celles qui se décident bien en amont. ».

 

Au fond, la vraie question n’est plus de savoir comment payer moins d’impôts cette année, mais comment construire son patrimoine immobilier sans fiscalité sur le long terme.

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