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[Expertises] Ils prévoient la mort… mais pas la rupture : le risque patrimonial que 62% des couples ignorent

Notariat Services publie les résultats d'une enquête exclusive sur les couples et l'immobilier


Tontine, donation entre époux, testament, assurance calibrée : 71 % des couples qui achètent ensemble se déclarent protégés en cas de décès. Pourtant, l'enquête exclusive de Notariat Services, menée auprès de 1 360 internautes du portail immobilier des notaires Immonot.com, dresse un constat saisissant :

62 % des couples n'ont prévu aucun dispositif en cas de séparation, ni convention d'indivision, ni clause de rachat de parts, ni scénario de sortie du bien. À l'heure où près d'un mariage sur deux se terminent par un divorce et où des centaines de milliers de séparations conjugales surviennent chaque année en France, ce vide juridique expose des millions de ménages à un risque patrimonial majeur, largement sous-estimé.

 

Un achat à deux… mais rarement à égalité

 

L'enquête révèle une autre réalité silencieuse : si 51 % des couples déclarent décider à 50/50, dans les faits 46 % avouent piloter seuls le projet au quotidien. Une asymétrie rarement nommée, jamais formalisée. Et quand les tensions surgissent, la localisation arrive en tête devant le budget et les travaux. 30 % des couples ont déjà renoncé à un bien pour préserver leur relation. Le stress moyen lié au projet immobilier est évalué à 5,36 sur 10. Acheter ensemble, c'est aussi naviguer ensemble dans l'inconfort.

 

La mort anticipée, la rupture taboue

 

Le contraste est brutal. Pour se protéger en cas de décès, les couples mobilisent tous les outils : tontine, donation entre époux, testament, assurance calibrée. Mais face à la séparation ? Pas de convention d'indivision, pas de clause de rachat de parts, pas même un début de réflexion sur le devenir du bien. Pourtant, plus de 45 % des mariages se terminent par un divorce (ministère de la Justice). La rupture n'est pas une hypothèse d'école : c'est une réalité statistique que les couples choisissent d'ignorer au moment le plus engageant de leur vie.

 

Le notaire : consulté trop tard, attendu plus tôt

 

L'enquête pointe un décalage préoccupant : 28% des répondants ne consultent le notaire qu'au moment de la signature, alors que 51% reconnaissent eux-mêmes qu'il serait utile de le faire dès la phase de réflexion. Un tiers souhaitent davantage d'explications en amont. Et si le notaire recommande de modifier le montage ou de différer la signature, 59 % se disent prêts à suivre son conseil, même si cela reporte le projet. Le notaire est attendu comme un accompagnateur de vie, pas seulement comme un signataire.


Ce que dit François-Xavier Duny, Président de Notariat Services : « La mort est anticipée, la rupture reste taboue. Notre message est simple : parler d'argent, formaliser et consulter le notaire plus tôt, c'est protéger l'amour comme le patrimoine. »

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