La Fédération bancaire française (FBF) publie les résultats de son étude sur les Français et la cybersécurité des jeunes de 18 à 34 ans.
Pour alerter les
Français, et notamment les plus jeunes, face au risque de fraude aux moyens de
paiement, une campagne de sensibilisation à la fraude a été relancée depuis le
2 décembre par la Banque de France, aux côtés de la Fédération bancaire française
et du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique.
A cette occasion, la Fédération bancaire française (FBF) publie les résultats de son étude qui montre que les jeunes de 18 à 34 ans sont les plus exposés aux fraudes aux moyens de paiement. En effet, près de
2 jeunes sur 3 ont déjà été visés par une
tentative d’arnaque, un niveau nettement supérieur à celui de l’ensemble de la
population. Malgré cette vulnérabilité, ils se montrent moins inquiets,
adoptent davantage de comportements à risque et restent moins bien sensibilisés
aux enjeux de cybersécurité.
Les jeunes en première
ligne des arnaques aux moyens de paiement…
Sur Internet, les moins de 35 ans constituent la cible privilégiée des fraudeurs. 63% déclarent avoir déjà fait la cible d’une tentative d’arnaque, soit 9 points de plus que la moyenne nationale (54%).
14% affirment d’ailleurs avoir été victimes d’une
fraude aux données bancaires, contre 11% des Français.
Cette exposition élevée
s’explique par leur forte présence en ligne et la diversité des usages
quotidiens : achats, streaming, réseaux sociaux… Le numérique occupe une place
centrale dans leur vie, ce qui en fait une cible privilégiée pour des
arnaqueurs dont les méthodes se perfectionnent.
… mais pourtant moins
inquiets que l’ensemble des Français
Alors même qu’ils sont
les plus exposés, les 18-34 ans se déclarent paradoxalement moins inquiets que
l’ensemble de la population. Ainsi :
• 83% se disent préoccupés par l’usurpation
d’identité (-3 points vs l’ensemble des Français).
• 81% s’inquiètent des attaques visant leurs données
bancaires (-4 points).
• 80% redoutent les arnaques sur Internet (-1
point).
Même si les 18-34 ans
estiment que la plupart des arnaques augmentent, leur appréciation est moins
importante que celle de l'ensemble des Français :
• 65% d’entre eux estiment que le phishing
(hameçonnage) est en hausse (vs 80%).
• 71% pensent que la fraude à la carte bancaire
augmente (vs 79%).
• 69% estiment que les piratages de compte ne sont
pas en hausse (vs 79%)
• 66% estiment que le vol et l’usurpation d’identité
augmentent (vs 79%).
• 62% considèrent que la fraude au faux conseiller
bancaire progresse (vs 77%).
L’intelligence
artificielle est également perçue plus positivement : 66% y voient une
opportunité pour les banques (+4 points par rapport aux personnes interrogés)
et seuls 74% estiment qu’elle facilite les arnaques (-11 points).
Des comportements à
risque plus répandus chez les 18-34 ans
Les 18-34 ans adoptent
davantage de pratiques favorisant la fraude. Parmi les comportements les plus
répandus :
• 57% pré-enregistrent leurs identifiants
bancaires (+ 18 points),
• 47% enregistrent leurs données bancaires sur
des sites marchands (+ 19 points),
• 35% cliquent sur des liens envoyés par des
inconnus ou partagent des données personnelles dans des commentaires publics.
Ils sont également
moins nombreux à ignorer les appels d’origine inconnue (55% vs 70% des
Français) ou à utiliser un mot de passe exclusif pour leur banque en ligne (72%
vs 77%).
Une sensibilisation
encore insuffisante aux enjeux de cybersécurité
Le baromètre confirme
la nécessité de renforcer la culture numérique. Seuls 62% des 18-35 ans
déclarent avoir été formés au moins une fois à la cybersécurité, pendant leur
cursus scolaire (49%).
Ce manque de formation
se reflète dans leurs réflexes quotidiens : seuls 37% des jeunes affirment ne
jamais consulter un message suspect (vs 53% des Français), 53% contactent leur
banque en bas de SMS ou d’appel douteux (contre 66%) et 38% préfèrent se
renseigner en ligne (vs 30%).
Pour Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française : « Notre étude confirme qu'il est urgent de renforcer la culture du risque auprès de tous les Français et notamment les 18-34 ans pour leur permettre d'avoir les bons réflexes face à des arnaques toujours plus sophistiquées. ».


