Les conseils de Christine
Lamidel, Directrice générale et Fondatrice de Tilia, entreprise dédiée
à
l’accompagnement des aidants.
Alors qu’un salarié sur
cinq endosse aujourd’hui le rôle d’aidant, et bientôt un salarié sur quatre en
2030, la majorité d’entre eux continuent de porter cette responsabilité dans le
silence. Le rôle d’aidant crée une charge mentale importante, parfois invisible.
Une situation qui impacte leur bien-être, leur disponibilité, parfois leur
carrière et les expose tout particulièrement aux Risques Psycho-Sociaux (RPS).
Face à cette réalité,
les organisations ont un rôle essentiel à jouer pour alléger cette pression,
prévenir les situations à risque et préserver la santé de leurs collaborateurs.
Alors que l’aidance progresse et que la multi-aidance se développe, il devient
urgent de lever ce tabou et de donner aux salariés les moyens d’être
accompagnés, sans craindre d’en parler.
Plusieurs pistes
existent :
- Reconnaître les situations d’aidance
De nombreux salariés
n’osent pas en parler. Mettre en place un cadre confidentiel et bienveillant,
une politique claire, ainsi qu’un message explicite de la direction permet de
libérer la parole.
La réalisation d’un
panorama de l’aidance permet d’identifier les situations, d’en améliorer la
compréhension et de mieux cerner les besoins.
Il est également utile
de donner accès à un référent interne ou de proposer des actions de
sensibilisation pour déconstruire les idées reçues.
- Encourager une
culture managériale inclusive
Un manager attentif,
formé à repérer les situations et à dialoguer sans jugement, peut faire toute
la différence. Reconnaître que la productivité n’est pas incompatible avec la
vie personnelle, accepter des rythmes différenciés et valoriser la confiance plutôt
que le contrôle, sont autant de leviers pour réduire la charge mentale.
- Offrir de la
flexibilité
Jonglant entre
rendez-vous médicaux, imprévus, responsabilités familiales et activité
professionnelle, les aidants manquent cruellement de temps.
La flexibilité ne
consiste pas seulement à accorder du télétravail “théorique”, mais à proposer
des aménagements personnalisés et évolutifs, tels que :
• des horaires
assouplis, avec la possibilité de commencer plus tard ou de partir plus tôt ;
• des autorisations
d’absences courtes sans culpabilisation ;
• une adaptation
temporaire de la charge de travail ou des objectifs.
- Proposer des
dispositifs de soutien adaptés et concrets pour alléger la charge
De plus en plus
d’entreprises mettent en place des partenariats avec des plateformes
d’accompagnement telles que Tilia, des services d’assistance personnelle ou des
cellules d’écoute psychologique.
Ces solutions, relativement simples à déployer, permettent aux salariés de trouver des informations, d’organiser leurs démarches administratives, de déléguer la prise de rendez-vous ou simplement de disposer d’un espace pour souffler.


