Une mauvaise alimentation a
un impact direct sur la santé. A l’inverse, manger sain et équilibré favorise
le bien-être et l’efficacité au travail. Lors d’un événementiel dédié aux
collaborateurs récemment arrivés dans l’ensemble des bureaux du réseau en France,
Walter France a fait intervenir Dominic Cellier, médecin nutritionniste, et
Grégory Cuilleron, chef cuisinier.
Leurs constats et leurs
recommandations, en dehors de certaines idées reçues.
- Quelles sont les
mauvaises habitudes ?
- Quels sont les enjeux
d’une bonne ou d’une mauvaise alimentation ?
- Quels sont les
impacts sur le travail, et, surtout,
- Comment les
entreprises peuvent-elles sensibiliser leurs salariés et les accompagner pour
qu’ils se nourrissent sainement ?
> Les mauvaises
habitudes alimentaires sont très ancrées
Les mauvaises habitudes
alimentaires se résument à quatre points principaux.
Des portions trop importantes. D'une façon générale, les gens mangent trop en volume, que ce soit en entreprise ou à l'extérieur. Les quantités consommées sont souvent supérieures de 30 à 50% à ce dont le corps aurait réellement besoin. Cette tendance s'aggrave car de plus en plus de personnes mangent par automatisme, sans réflexion préalable sur ce qui serait le plus adapté à leurs besoins. On mange parce que c'est l'heure, ou parce que l'environnement l'impose, et non parce que le corps l'exige réellement.
Une alimentation
standardisée.
Les habitudes alimentaires sont largement conditionnées par des schémas rigides
: petit-déjeuner, déjeuner, dîner, à heures fixes. Chez soi, on mange par
répétitivité, en reproduisant les mêmes menus. En entreprise, la logique
collective prend le dessus : trop de monde au self après 13 heures, donc on
mange plus tôt ; pause imposée, donc on mange même sans faim. Le rythme
professionnel dicte ainsi le rythme alimentaire, au détriment de l'écoute de
soi.
La qualité des aliments. Par manque de temps ou d'intérêt pour la cuisine, malgré la multiplication des émissions culinaires, les salariés consomment de plus en plus d'aliments transformés, enrichis, sophistiqués. On perd la notion d'aliments simples : une salade, une pomme de terre nature, des légumes cuits à la vapeur. À l'inverse, on se tourne vers des plats très transformés, dans une barquette sous cellophane, pleins de sel et de sucre. Ces aliments ne sont le plus souvent pas adaptés aux besoins réels du corps et compliquent la digestion.
Le manque
d'hydratation.
Enfin, les salariés ne boivent pas assez. En France, d'une manière générale,
les actifs souffrent d'un taux de déshydratation important. Or, l'eau est
indispensable au bon fonctionnement du corps, à la concentration, à la
digestion et à la gestion de la fatigue.
> Se nourrir « en pleine conscience » !
Les salariés mangent
sans prendre le temps de réfléchir. Le matin, le petit-déjeuner est avalé
rapidement. Une fois arrivés en entreprise, les collaborateurs se retrouvent
autour de la machine à café et grignotent les petits gâteaux apportés par les
uns et les autres. Dans l'après-midi, le grignotage se poursuit. Les signaux
envoyés par le corps sont rarement écoutés.
Conséquence directe :
les salariés ont du mal à décrocher du travail et donc à faire du déjeuner un
véritable temps de pause, de rupture. Même pendant le repas, on continue à
parler dossiers, chiffres et échéances. Au self, tout le monde prend trois plats
par automatisme. Au restaurant, ce sont les tacos ou les menus trop riches. En
cas de manque de temps, on se rabat sur des brownies ou des produits sucrés.
Pourtant, dix personnes
auront dix besoins différents : en quantité, en horaires, en rythme
alimentaire, en vitesse de mastication. Or, ces différences ne sont pas prises
en compte. Et on ne change pas de casquette : on reste en mode travail alors
que l'on devrait entrer dans l'esprit du repas.
Il manque dans les
entreprises une véritable sensibilisation à la conscience de manger.
Il faut rappeler que
l'être humain est un mammifère doté de six sens : le goût, l'odorat, la vue,
l'ouïe, le toucher et l'équilibre. Les cinq sens principaux nous permettent,
comme pour une voiture, de savoir si les pneus sont bien gonflés ou s'il reste assez
d'essence. Les animaux utilisent en permanence ces signaux. L'homme, en
revanche, les ignore souvent.
Avant de manger, il
faudrait se poser une question simple : est-ce que j'ai faim ? Prendre ce temps
de réflexion permet d'éviter de manger par habitude. Certains prennent ainsi
conscience qu'ils mangent sans faim et souffrent de suralimentation. Parfois,
le simple fait de regarder son assiette suffit à comprendre que la portion
n'est pas adaptée. Servir la même quantité de lasagnes à un jeune actif de 25
ans et à un homme retraité de 70 ans est une erreur.
Pour Dominic Celler, le scanner personnel du matin est primordial : « Il s'agit de réfléchir à sa journée, d'anticiper ce que l'on va manger, quand et comment. Visualiser son schéma mental de nourriture permet de mieux gérer ses apports. »
Un point positif émerge
néanmoins, selon Grégory Cuilleron : « De plus en plus de salariés apportent
leur tupperware ou choisissent les plats du jour au restaurant. Cette démarche
va dans le bon sens. En revanche, le grignotage, les biscuits, les sucreries et
les boissons sucrées de type soda restent problématiques. »
> Des enjeux
fondamentaux de santé et de bien-être
De nombreux facteurs
influencent directement notre génétique :
le sommeil, le stress, l'exposition aux polluants, l'activité physique
et… l’alimentation ! La nourriture est aujourd'hui reconnue comme la cause de
nombreuses pathologies telles que le diabète, l’hypertension, les cancers ou
les maladies cardiovasculaires.
La mauvaise nutrition
est l'une des premières causes de mortalité en 2025. En France, près de 50% de
la population est en surpoids et, parmi elle, 30% est obèse. Plus d'une
personne sur deux se trouve donc en situation de risque.
A l’inverse, une
alimentation adaptée évite la somnolence, l'irritabilité ou les déséquilibres
liés à des repas trop acides ou trop répétitifs. Il est essentiel de varier les
aliments et d'éviter la monotonie alimentaire.
> Des impacts
directs sur le travail réalisé par les salariés
Au lieu d’être un
moment privilégié de ressourcement, les repas trop lourds ou pris trop vite
mobilisent une énergie importante pour la digestion et induisent de la
somnolence, au détriment de l'activité professionnelle. Les salariés deviennent
moins productifs, moins concentrés et plus fatigués.
Le premier impact de la
monotonie alimentaire est l’automatisme qu’elle induit dans le travail. Lorsque
l’alimentation est répétitive et peu consciente, le cerveau fonctionne en mode
mécanique. À l’inverse, de véritables ruptures alimentaires, des pauses
assumées et réfléchies, favorisent le ressourcement et permettent au cerveau d’être
plus pertinent et plus créatif. Il faut réveiller l’essence même de l’individu.
Certaines personnes
mangent tellement vite que, lorsque le repas est terminé, elles n’ont même pas
conscience de ce qu’elles ont consommé. Cette « inconscience » empêche le
sentiment de satiété.
> Sept conseils aux
salariés pour bien gérer leur alimentation
1. Le matin, quand vous
partez travailler,
réfléchissez à l'organisation de votre journée, non pas sur le plan de vos
dossiers, mais sur les conséquences sur votre rythme nutritionnel. Aurais-je le
temps de sortir, de manger différemment ? Réfléchissez sur vous-même.
2. Buvez, pensez à
boire tout au long de la journée, écoutez vos signaux. Des personnes oublient
même d'aller aux toilettes. Vous avez un goût métallique dans la bouche ? C'est
que vous avez commencé à vous déshydrater. Si vous attendez d'avoir soif, c'est
trop tard, le corps a déjà tapé dans ses réserves.
3. Quand vous allez
déjeuner, seul ou en groupe, reprenez votre pleine conscience, deux à trois
minutes avant le repas, et également à la fin.
4. Si, tous les midis,
vous allez au self ou au restaurant, une à deux fois par semaine, variez vos
habitudes : ne prenez qu’un plat, ou deux desserts ! L’important est de casser
les habitudes pour retrouver votre sensibilité organique.
5. Bougez un maximum. Allez au travail à
pied et à vélo, faites une petite promenade même 10 minutes après le repas,
essayer d’avoir une gestion de votre alimentation sur la semaine. Vous pouvez
vous faire plaisir, faire des écarts, mais vous les devez les gérer sur une
semaine complète.
6. Limitez la
consommation d’alcool. Vous pouvez en boire de temps en temps, mais pas tous les
jours. N’oubliez pas que tous les alcools sont riches en sucre.
7. Vous pouvez vous
contenter de boire de l’eau ; du café ou du thé aussi, mais modérément.
> Cinq conseils aux
entreprises pour sensibiliser leurs salariés
1. Prévoyez des
micro-ondes dans votre self, des vrais couverts, de jolies assiettes.
2. Envoyez à vos salariés
une idée de recette par semaine.
3. Rappelez-leur les
règles de base d’une saine alimentation.
4. Communiquez, communiquez, donnez de l’information à vos salariés pour les aider à mieux manger,
à trouver du plaisir et de la satisfaction dans leur alimentation, sous
plusieurs angles : l’originalité des recettes, l’efficacité au travail, la
bonne humeur, le plaisir, l’équilibre.
5. Organisez des
conférences, des cours de cuisine, des événementiels autour de la nourriture,
des challenges.
En entreprise,
encourager une alimentation plus consciente, plus simple et mieux adaptée aux
besoins individuels constitue donc un levier puissant de bien-être, de santé et
de performance durable.
Pour Dominic Cellier : « Prenez du
plaisir, prenez du temps, écoutez-vous, écoutez vos sens ! »
Pour Grégory Cuilleron
: «
Vous êtes tous différents, nourrissez-vous différemment, faites attention à ce
que vous mettez dans votre corps car l’alimentation est la première des
médecines. »
Pascal Ferron, président de Walter France, témoigne : « Cette année, la Walter Academy a rassemblé une soixantaine de nouveaux collaborateurs de notre réseau de conseil, d’expertise comptable et d’audit, autour du thème de l’alimentation. Pourquoi ce thème ? D’abord parce que, outre l’enjeu sociétal classique, c’est important et on fait souvent perdurer de mauvaises habitudes depuis longtemps. Ensuite parce que la convivialité, le bien-être et le plaisir font partie inhérente de notre ADN chez Walter France : des experts compétents travaillant une matière très sérieuse, mais avec plaisir. Cette journée a donc marqué une très forte prise de conscience de tous les participants à l’importance de l’alimentation, à la nécessité d’y consacrer de l’attention et du temps, et d’y trouver du plaisir ! »


