iBanFirst publie la 2ème édition de son baromètre « La vitesse des paiements internationaux », établi à
partir de plus de 250 000 paiements SWIFT réalisés par les petites et moyennes
multinationales européennes.
Trois paiements
internationaux sur quatre atteignent la banque du bénéficiaire en dix minutes.
Pourtant, seuls 73 % sont effectivement crédités sur le compte du destinataire
en moins
de 24 heures.
Pour la deuxième année
consécutive, le baromètre d'iBanFirst situe le principal frein à la rapidité
des paiements transfrontaliers à la toute fin du parcours, au moment où la
banque réceptrice traite l'opération et met les fonds à disposition. Une étape qui
pèse à elle seule 80 % du temps total de traitement, alors que le G20 vise 75 %
de paiements transfrontaliers reçus en moins d'une heure d'ici à fin 2027.
Un réseau rapide, une
arrivée plus lente
Le transfert en
lui-même n'est plus le problème. Grâce au déploiement de SWIFT GPI, les fonds
circulent désormais en quelques minutes d'une banque à l'autre. C'est à
l'arrivée que les délais se creusent. Certaines banques bénéficiaires créditent
les fonds en quelques minutes grâce à des systèmes automatisés, d'autres
s'appuient encore sur un traitement manuel ou sur des infrastructures plus
anciennes.
Les données 2025
confirment les tendances observées en 2024 et dessinent des caractéristiques
structurelles sur lesquelles les entreprises peuvent s'appuyer pour planifier
leurs paiements.
Des écarts marqués d'un
corridor à l'autre
Le dollar reste la
devise dominante des échanges, avec 56 % des paiements analysés contre 58 % un
an plus tôt. Le corridor dollar vers la Chine demeure le plus emprunté, avec 15
% des flux, devant Hong Kong, les États-Unis et le Royaume-Uni.
C'est aussi le corridor
où les écarts de rapidité sont les plus nets. Seuls 12 % des paiements en
dollars vers la Chine arrivent en moins de deux heures, et près d'un sur quatre
dépasse 48 heures. À l'inverse, 59 % des paiements vers les États-Unis sont reçus
en moins de deux heures, un chiffre en léger recul par rapport aux 64 % de
l'année précédente. Le Royaume-Uni fait mieux encore, avec 69 % des paiements
en livres sterling crédités en moins de deux heures.
Le nombre de banques
intermédiaires, très proche entre la Chine et les États-Unis, n'explique pas
ces différences. Le décalage horaire, les heures limites de traitement locales,
l'organisation des réseaux bancaires et les exigences réglementaires des pays
de destination pèsent davantage. Un paiement transfrontalier mobilise en
moyenne 1,8 banque intermédiaire (1,9 en 2024), et 79 % des paiements passant
par deux intermédiaires sont reçus en moins de deux heures. Un parcours plus
long ne signifie donc pas nécessairement un paiement plus lent.
Les entreprises
françaises dans la moyenne européenne
En enregistrant 72 % de
virements exécutés en moins d'une journée (face à 71 % un an plus tôt), les
sociétés tricolores connaissent une modeste amélioration. Elles s'alignent
ainsi sur les performances espagnoles ou bulgares, devançant les acteurs allemands
et néerlandais (71 %), tout en restant distancées par la Hongrie (84 %) et la
Roumanie (78 %).
Les opérations vers le marché américain constituent une exception notable. Seuls 55 % des règlements en billets verts transmis depuis l'Hexagone vers les États-Unis aboutissent sous les deux heures, contre 63 % précédemment. Cette baisse se révèle plus marquée que la moyenne globale européenne, qui s'établit à 59 % sur cet axe. En parallèle, la proportion des virements français nécessitant plus de
48 heures
grimpe de 4 % à 6 %. À l'inverse, le flux à destination de la Chine demeure
stable : 13 % des transferts sont validés en moins de deux heures (un chiffre
légèrement supérieur au niveau européen), bien qu'un quart d'entre eux requière
toujours plus de deux jours.
Le billet vert conserve
son hégémonie en concentrant 63 % des transactions tricolores, contre 56 % à
l'échelle du continent. Il cède cependant deux points au bénéfice de la monnaie
unique, qui progresse de 13 % à 16 %. La Chine figure en tête des destinations
avec 15 % des volumes, suivie de près par Hong Kong et les États-Unis (9 %
chacun), puis le Royaume-Uni (7 %). La devise chinoise reste pourtant
marginale, ne pesant que 2 % des règlements. La grande majorité des flux
commerciaux vers la Chine s'effectue en dollars : un transfert en devises
américaines transite le jour même par les établissements correspondants aux
États-Unis pour parvenir en Asie avant l'ouverture locale, tandis qu'un
virement en yuans s'expose à un double cycle de traitement.
Ces dynamiques
financières reflètent les orientations majeures des échanges extérieurs
français. Les chiffres douaniers mettent en évidence une hausse des
importations de 5 % depuis la Chine et Hong Kong en 2025, et de 7 % depuis le
territoire américain. Ces deux marchés asiatiques cumulent à eux seuls 24 % des
ordres recensés par iBanFirst pour la France.
Enfin, le parcours d'un
virement émis depuis la France implique en moyenne 2,5 banques intermédiaires,
ce qui constitue le ratio le plus élevé de l'étude pour la seconde année
consécutive, face à une moyenne générale de 1,8. Cet itinéraire plus dense ne ralentit
pas exagérément les règlements, les acteurs français maintenant des taux de
réception à 24 heures tout à fait équivalents à ceux de leurs confrères
européens.
Des leviers à la portée
des entreprises
Le baromètre montre que
l'émetteur garde une part de la main. Le meilleur créneau d'envoi se situe
entre 8 et 9 heures, heure de Paris, et un ordre passé avant 10 heures du lundi
au mercredi offre la meilleure chance d'un traitement le jour même. Des coordonnées
bancaires exactes et, pour certains corridors comme la Chine, l'Inde ou une
partie du Moyen-Orient, un code d'objet de paiement correctement renseigné
évitent des retards qui peuvent se compter en jours. Pour les paiements en
euros, SEPA Instant s'impose progressivement et représentait plus de 35 % des
virements au sein de l'Union européenne au premier trimestre 2026, contre
environ 15 % en 2023.
L'horizon 2027 en ligne
de mire
La pression sur les
délais va s'accentuer. Le G20 s'est fixé pour objectif que, d'ici à fin 2027,
75 % des paiements transfrontaliers parviennent au bénéficiaire en moins d'une
heure, et le reste en moins d'un jour ouvré. Les stablecoins, dont le règlement
sur blockchain s'effectue en quelques secondes, s'invitent par ailleurs dans
les réflexions des directions financières, sans échapper pour autant à la
question du dernier kilomètre, qui se pose aussi au moment de la conversion
vers un compte bancaire.
« Il s'agit d'une
évolution significative par rapport à la situation actuelle du secteur, qui
exerce une pression sur chaque maillon de la chaîne de paiement, y compris le
dernier kilomètre, pour réduire l'écart. Nous y voyons un défi collectif pour
l'ensemble du secteur, et un sujet à suivre de près à l'approche de 2027 », souligne Julien
Molez, COO d'iBanFirst.
« Lorsque j'ai fondé iBanFirst, transférer de l'argent à l'international était bien trop complexe. Frais opaques, délais imprévisibles, manque de transparence, autant d'obstacles qui privaient les entreprises des informations nécessaires pour piloter leurs opérations internationales. Avec deux années complètes de données, ce baromètre devient un véritable outil de pilotage pour les entreprises », ajoute
Pierre-Antoine Dusoulier, CEO et fondateur d'iBanFirst.


