Connexion
/ Inscription
Mon espace
Etudes & Enquêtes
ABONNÉS
Partager par Linked-In
Partager par Xing
Partager par Facebook
Partager par email
Suivez-nous sur feedly

[Expertises] Crédit immobilier : les hausses se poursuivent en novembre, avec certains dépassant désormais les 4 % sur 20 ans

En novembre, la remontée des taux de crédit immobilier se poursuit, avec des barèmes bancaires orientés à la hausse, dans le sillage des tensions sur les taux d’emprunt de l’État, dont le rendement à 10 ans a dépassé les 5 % en octobre.
Dans ce contexte, alors que les discussions sur le budget 2027 se poursuivent, la capacité à parvenir à un accord budgétaire crédible apparaît plus que jamais essentielle pour rassurer les marchés, limiter les tensions sur les taux et éviter une nouvelle dégradation des conditions d’emprunt des ménages.

 

Des hausses de taux de crédit de 0,10 à 0,40 point

 

En novembre, sans surprise après l’envolée de l’OAT 10 ans en octobre, les barèmes reçus sont tous en augmentation, de 0,10 à 0,40 point selon les banques. En effet, le taux d’emprunt à 10 ans a atteint le 21 octobre le seuil des 5 % contre 3,60 % en juin, dans un contexte d’instabilité sociale et budgétaire, qui maintient l’OAT 10 ans aux alentours de 4,9 %. S’y ajoute la reprise de l’inflation, alimentée par le choc énergétique : 3,8 % en septembre en zone euro et 3,4 % en France. Fort heureusement, la BCE, qui a déjà porté son taux de dépôt à 2,5 % en septembre, a toutefois opté pour le statu quo le 29 octobre. Une nouvelle hausse de ses taux directeurs en décembre n'est cependant pas exclue.

 

Ainsi, les banques nationales comme régionales ont pour la plupart répercuté ces tensions sur leurs taux de crédit, avec des taux affichés sur 20 ans désormais compris entre 3,60 % et 4,5 % selon les banques et les profils.

 

« Certaines banques prêtent désormais à plus de 4 % sur 20 ans, quand d’autres, plus rares, permettent encore de décrocher un crédit proche de 3,5 % à condition d’avoir un excellent dossier. Ainsi, les écarts entre les banques et les profils s’accroissent, renforçant l’intérêt de passer par un courtier pour obtenir son crédit dans les meilleures conditions en bénéficiant notamment des prêts à taux bonifiés toujours en vigueur » explique Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.

Les taux moyens négociés sont également orientés à la hausse : 3,60 % sur 15 ans, 3,8 % sur 20 ans et 4 % sur 25 ans, des niveaux qui restent néanmoins inférieurs au rendement de l'OAT à 10 ans.

 

« Depuis le mois d’août, les hausses de taux s’enchaînent mois après mois. Même si elles restent progressives, au total depuis cet été, l’augmentation atteint plus de 0,5 point dans certaines banques et même 0,7 point dans l’une d’entre elles. Pour l’instant, les demandes de crédit restent nombreuses, mais il est certain que ces hausses vont impacter la demande et le marché. Actuellement, nous faisons tout pour négocier avec nos partenaires bancaires les meilleures conditions possibles pour chaque dossier, mais de plus en plus d’emprunteurs empruntent désormais à 4 % sur 20 ou 25 ans » poursuit Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer.

 

Budget 2027 : la nécessité d’un accord pour éviter de nouvelles tensions sur les taux de crédit

 

Alors que les discussions autour du budget 2027 se poursuivent à l'Assemblée nationale, leur issue sera déterminante pour l'évolution des taux d'emprunt de l'État et, indirectement, des taux de crédit immobilier. Dans un contexte de dette publique élevée et de besoins de financement importants, la capacité à trouver un compromis budgétaire crédible apparaît comme un enjeu majeur pour rassurer les investisseurs et limiter les tensions sur les marchés obligataires. À l'inverse, la persistance de l'incertitude politique et budgétaire pourrait maintenir les taux d'emprunt français à des niveaux élevés, avec de nouvelles répercussions à attendre sur les barèmes des banques.

 

« L'enjeu des prochaines semaines est majeur : il faut parvenir à un accord sur le budget qui donne de la visibilité aux marchés et rassure sur la trajectoire des finances publiques. Sans cela, les taux d'emprunt de l'État risquent de rester sous pression, amenant les banques à augmenter encore leurs taux de crédit immobilier. Un accord ne suffirait pas à faire baisser immédiatement les taux, mais il pourrait au moins contribuer à enrayer leur remontée », analyse Sandrine Allonier.

 

Cette perspective est d'autant plus préoccupante que la remontée des taux de crédit se heurte désormais à des taux d'usure qui n'ont que très peu progressé au 4e trimestre et resteront inchangés jusqu'à la fin de l'année. « Pour l'instant, nous parvenons encore à trouver des solutions au cas par cas, en négociant les taux, les frais ou le coût de l'assurance emprunteur, afin de permettre aux dossiers de passer sous le seuil de l'usure. Mais jusqu'à quand ? Si les taux de crédit continuent d'augmenter dans les prochaines semaines, les marges de manœuvre vont se réduire et certains emprunteurs, pourtant solvables, pourraient se retrouver exclus du crédit uniquement à cause du taux d'usure », conclut Julie Bachet.

Lire la suite...


Articles en relation