Les chiffres publiés cette semaine par le cabinet Altares sont sans appel : près de 19 000 procédures collectives ouvertes au premier trimestre 2026, en hausse de 6,4 % sur un an. Derrière ces statistiques, une réalité souvent négligée : ce ne sont pas seulement les entreprises en difficulté qui sont exposées, mais aussi celles qui leur font crédit.
Agicap, leader européen des solutions de gestion de trésorerie et d'optimisation du BFR, identifie les leviers concrets pour s'en prémunir.
Surveiller son poste
clients comme un indicateur de santé
Dans un contexte de
montée des défauts, la qualité du portefeuille clients devient un enjeu de
survie. Encore faut-il disposer des bons outils pour l'évaluer. Trois
indicateurs sont essentiels à suivre en temps réel :
• la balance âgée : quelles factures sont en retard et depuis
combien de temps,
• le DSO par client : qui me paie en retard,
et avec quelle tendance,
• le risque de concentration : quelle part de mon
chiffre d'affaires repose sur mes trois principaux débiteurs.
Sans visibilité sur ces
données, une entreprise saine peut se retrouver fragilisée par l'effet domino
d'un seul client défaillant.
Chaque euro impayé
passe en perte et doit, selon la marge de l’entreprise, être compensé par
plusieurs euros de chiffre d’affaires supplémentaire.
Modéliser les scénarios
avant qu'ils ne se produisent
La flambée des coûts de
l’énergie et des matières premières, accélérée par le conflit au Moyen-Orient,
illustre à quel point les directions financières doivent se préparer à l’imprévu.
Que se passe-t-il si le coût du carburant augmente de 20 % ? Si un
fournisseur clé allonge ses délais de livraison ? Ces stress tests,
modélisés en amont, permettent de mesurer la sensibilité réelle de l’entreprise
à des chocs externes et d’anticiper les décisions à prendre avant d’y être
contraint.
Les délais de paiement :
le premier symptôme, trop souvent ignoré
Derrière la hausse des
défaillances, un signal souvent négligé : l'allongement des délais de paiement.
C'est pourtant l'un des symptômes les plus précoces et les plus fiables du
dysfonctionnement d'une entreprise, bien avant que la défaillance ne soit officiellement
constatée. Un allongement des délais de règlement n'est jamais anodin : il
contraint les entreprises créditrices à recourir à des financements coûteux
pour maintenir leur liquidité, obérant d'autant leur résultat net.
Les conséquences en
cascade sont nombreuses. Le manque de visibilité sur les encaissements pousse
les directions à reporter leurs décisions d'investissement : selon les données
Agicap, seulement 22 % des PME et ETI françaises prévoient d'investir en 2026 -
que ce soit en capex, en M&A ou en R&D. Un chiffre qui en dit long sur
le climat de prudence qui règne dans les fonctions financières, dans un
contexte où la loi Rietmann relance pourtant le débat sur les délais de
paiement légaux.
Face à ces risques, la trésorerie ne peut plus être pilotée à l'aveugle. Elle doit être anticipée, modélisée, et suivie au quotidien - avec des outils qui connectent la réalité du poste clients à la prévision de cash.


