Les
investissements dans la modernisation des paiements accélèrent, mais les
priorités stratégiques des banques et des acteurs du retail divergent de plus
en plus, selon l’étude Partnering for Payment Modernization de KPMG.
Sous l’effet de
l’évolution des comportements de paiement et de la pression concurrentielle,
banques et acteurs du retail intensifient leurs programmes de modernisation des
paiements. Les banques ont consacré en moyenne près de 100 millions de dollars
à la transformation de leurs infrastructures de paiement au cours de l’année
écoulée. Côté retail, 54 % des dirigeants considèrent désormais la
modernisation des paiements comme critique pour leur avenir.
Un décalage persistant
dans les priorités d’investissement
Si banques et acteurs
du retail poursuivent un objectif commun de simplification et de sécurisation
des parcours de paiement, l’étude met en évidence un désalignement durable
entre les priorités d’investissement des premières et les attentes des seconds.
Les banques tendent à
sur-prioriser certaines capacités, notamment la biométrie et les paiements
transfrontaliers. À l’inverse, les acteurs du retail expriment des attentes
plus marquées autour de la tokenisation des paiements, des solutions Buy Now
Pay Later (BNPL), des wallets stored-value, ainsi que de l’accès aux données et
aux capacités analytiques. Des fonctionnalités que moins de la moitié des
banques proposent aujourd’hui, confirmant la persistance de ce décalage
stratégique.
Des écarts de maturité
qui se traduisent en écarts de performance
Des différences de
maturité technologique significatives apparaissent entre les organisations. Les
acteurs les plus avancés bénéficient d’architectures plus agiles, notamment
cloud-native, et de capacités d’intégration renforcées. Les organisations moins
matures accusent un retard sur plusieurs dimensions technologiques critiques,
en particulier les paiements en temps réel, les infrastructures cloud, les
rails digitaux et tokenisés ou encore les actifs numériques.
L’intelligence
artificielle s’impose par ailleurs comme un levier structurant, notamment en
matière de gestion des risques, de lutte contre la fraude et le blanchiment, et
d’optimisation opérationnelle.
Guillaume Petipas,
Associé KPMG en France, Responsable cartes et paiements, rappelle : « La modernisation des
paiements dépasse désormais le seul enjeu technologique. Elle touche
directement à la compétitivité des établissements, à la gestion des risques et
à leur capacité à suivre l’évolution rapide des usages. L’étude met en évidence
trois axes d’action prioritaires : renforcer les logiques d’écosystème, aligner
plus finement les priorités d’investissement avec les usages du marché et
développer des infrastructures plus agiles et évolutives. »
Guillaume des Rotours, Associé KPMG en France, Responsable mondial du secteur du Luxe, poursuit : « Pour les détaillants, y compris du secteur clé du Luxe, le paiement devient un élément structurant du parcours d’achat. Fluidité, rapidité et diversité des solutions proposées influencent directement la conversion et la satisfaction client. Ces transformations soulignent la nécessité de réduire les frictions, d’intégrer de nouvelles solutions adaptées aux attentes clients et de mieux exploiter les données disponibles. »


