À l’occasion de l’Assemblée
générale de l’ONU, le réseau français du Pacte mondial des Nations Unies
dévoile la deuxième édition de son Baromètre européen des ODD.
S’appuyant sur 136
points de données déclarées par 5 793 entreprises adhérentes au Pacte mondial
en Europe, cette étude mesure pour la première fois l'ampleur de la
contribution qu’elles déclarent apporter aux Objectifs de développement
durable.
Le score de contribution global en Europe, 58,2 sur 100, traduit ce
niveau d'engagement, avec une marge de progrès sur des enjeux spécifiques.
Résultats clés
■ Les entreprises
européennes adhérentes au Pacte mondial apportent une contribution tangible aux
Objectifs de développement durable, avec un score global de contribution moyen
de 58,2 sur 100.
Si les écarts entre les
pays sont relativement faibles, le niveau de contribution reste en revanche
inégal selon les différents ODD. L'ODD 3 - Santé obtient le score de
contribution le plus élevé (73,6), tandis que le score de l'ODD 13 - Climat
tombe à 45,8.
■ La contribution des
entreprises du Pacte mondial en Europe est plus élevée sur les objectifs
sociaux que sur les objectifs environnementaux. La lutte contre la corruption
est bien intégrée.
Cette différence peut
être le reflet de réglementations plus anciennes en Europe sur les enjeux
sociaux, ainsi que de l’utilisation de davantage d'indicateurs opérationnels
pour la mesure des ODD liés à l'environnement, qui requièrent un plus fort
niveau de maturité sur la durabilité. Cette différence se vérifie également
auprès des entreprises françaises adhérentes.
■ Les entreprises
européennes industrielles adhérentes au Pacte mondial tendent à intégrer plus
profondément les pratiques environnementales.
Elles contribuent ainsi
davantage au climat (ODD 13) et à une consommation et production plus
responsables (ODD 12) que les entreprises du tertiaire, ce qui suggère qu'une
exposition plus directe crée une incitation plus forte à agir.
■ Avec un score de
contribution global aux ODD de 57,5, les entreprises françaises adhérentes au
Pacte mondial se situent au niveau de la moyenne européenne (58,2), l'écart de
0,7 point étant très inférieur à l'écart-type de 2,9 points observé entre les
vingt pays étudiés.
S’appuyant sur un
échantillon robuste de 1 370 entreprises, de toutes tailles, les scores de
contribution calculés pour la France présentent une marge d’erreur plus faible
que pour le reste des pays analysés, et les indicateurs utilisés présentent le
meilleur taux de fiabilité de l’étude (96 %).
■ Les entreprises
françaises adhérentes confirment leur solidité sur les ODD relatifs aux enjeux
sociaux, avec des marges de progrès sur l’environnement.
Avec un score de 76,8
sur la santé (ODD 3) et de 76,1 sur la réduction des inégalités (ODD 10), les
entreprises françaises se situent au-dessus de la moyenne européenne. Elles se
distinguent particulièrement sur l'égalité des genres (ODD 5), où leur score de
64,8 les place au 2e rang européen. Les scores sont en revanche plus bas que la
moyenne sur l'industrie et l'innovation (ODD 9) (58,7, soit -7,2 points), et la
biodiversité (ODD 15) (49,5 ; -6,0 points). La composition sectorielle du
réseau France explique en partie cet écart : 60 % des adhérents opèrent dans le
tertiaire, où la matérialité de ces enjeux est souvent plus faible que dans
l'industrie ou l'agriculture.
■ Le niveau de
contribution à l’ODD 16, à travers la lutte contre la corruption, est plutôt
élevé (67,0) chez les adhérents français.
Ce score place les
entreprises françaises répondantes légèrement au-dessus de la moyenne
européenne. Comme dans les autres pays d’Europe, des progrès sur l’intégration
des chaînes de valeur et l’action collective contre la corruption restent à
accomplir afin de maximiser la contribution à l’ODD 16.
■ Les partenariats
multipartites et public-privé ne sont pas répandus parmi les entreprises du
Pacte mondial en Europe.
Cela se traduit par un
faible score de contribution à l'ODD 17 (22,1), pouvant s’expliquer par une
démarche restant uniquement volontaire. Les partenariats, notamment
public-privé, représentent une réelle opportunité de progrès pour les
entreprises européennes, y compris en France, et sont un enjeu clé de
développement durable, notamment en matière de progrès technologique et de
financement.
■ Les indicateurs des
scores de contribution aux ODD suggèrent que la plupart des entreprises ont
désormais établi des politiques d'engagement et mis en œuvre des mesures de
prévention internes, mais il reste difficile pour la plupart de traduire ces
engagements en actions opérationnelles concrètes.
Par exemple, 70 % des
entreprises européennes répondantes ont une politique d’engagement sur le
climat, mais moins de 30 % disposent d’objectifs validés de réduction de leurs
émissions de GES. C’est notamment le cas chez les PME européennes, qui représentent
56 % de l’échantillon d’entreprises répondantes en Europe, et la même
proportion en France.
■ L’efficacité des
actions en matière de développement durable n’est toujours pas mesurée de
manière systématique dans tous les domaines.
Parmi les entreprises
ayant pris des mesures sociales, seule la moitié a mesuré ses progrès. Cette
pratique est toutefois nettement plus courante sur l’environnement, même si 20
% des entreprises ne mesurent toujours pas l’efficacité des mesures. La formation
au développement durable (ODD 4) présente également des marges d’amélioration,
puisque moins de 40 % des entreprises proposent à leurs salariés des formations
sur les enjeux sociaux et environnementaux.
Recommandations
Sur la base des
analyses de l’étude, les réseaux nationaux européens du Pacte mondial ayant
contribué formulent quatre recommandations à l'intention du secteur privé
européen :
– Mesurer
systématiquement les progrès dans tous les domaines de la durabilité, pour
évaluer efficacement l’impact des actions menées et s’assurer de l’alignement
avec les trajectoires nationales et globales.
– Faire
de l'adaptation au changement climatique une priorité pour tous les secteurs, pour
s’assurer de la pérennité à long terme des modèles d’affaires.
– S'engager
dans davantage de partenariats multipartites et public-privé, comme des
alliances intersectorielles, des coopérations multipartites sur des projets
innovants ou des mécanismes de financement public-privé
– Multiplier
les opportunités de formation aux enjeux de durabilité pour tous les employés
et fournisseurs, pour garantir un impact positif tout au long de la chaîne
de valeur.
« Mesurer cette
contribution, c'est rendre compte de la manière dont ce mandat est exercé, de
notre accompagnement du secteur privé partout dans le monde et notamment en
France, et montrer que l'engagement volontaire des entreprises, lorsqu'il
repose sur une démarche documentée, produit des résultats tangibles », conclut Nils
Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU - Réseau France
Le Pacte mondial de l’ONU - Réseau France continue de renforcer l’accompagnement des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs d’activité partout en France, à travers une offre de services complète, adaptée à tous les niveaux de maturité.


