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[Expertises] Greenwashing : ce qui ne passera plus bientôt

À partir du 27 septembre 2026, la directive européenne « Empowering Consumers for the Green Transition » devrait être transposée dans les droits nationaux dans le cadre du projet de loi DDADUE. Les entreprises devront obligatoirement appliquer les nouvelles règles établies et ne pourront plus se contenter d'affirmations environnementales vagues ou non démontrées.

 

De la promesse à la démonstration

 

À bannir des pratiques de communication : 3 exemples à ne pas suivre

●  Les allégations génériques non prouvées : "Vert", "éco-responsable", "respectueux de l'environnement"... Ces mentions sont interdites sauf si l'entreprise peut démontrer une excellente performance environnementale.

●  Les labels "maison" sans certification par un organisme tiers

●  La neutralité carbone revendiquée via des crédits carbones ou de la compensation non vérifiable

 

Ce ne sont que quelques exemples de ce qui sera dorénavant interdit mais la directive touche également les sujets liés à l'obsolescence et à la durabilité, notamment la réparabilité.

 

Daniel Luciani, formateur en communication responsable et engageante au Centre de formation LUCIE, résume : « En communication responsable, l'ère des promesses laisse place à celle de la démonstration. Pour les communicants, une règle hyper simple s'impose désormais : chaque promesse environnementale devra pouvoir être démontrée ».

 

Amende, prison, publication forcée : un risque qui cesse d'être seulement réputationnel

Le risque n'est plus seulement réputationnel. Une allégation environnementale non prouvée pourra être qualifiée de pratique commerciale trompeuse. Au-delà du bad buzz, les entreprises s'exposent à des injonctions de retrait, à la publication des décisions des autorités et à des amendes pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros, voire être calculées en pourcentage du chiffre d'affaires.

 

« Le greenwashing change de statut : d'un risque d'image, il devient un risque juridique. L'objectif est de mieux protéger les consommateurs et de récompenser les entreprises réellement engagées, celles qui ne font pas que du bla-bla », ajoute Daniel Luciani.

 

La France dispose déjà d'un cadre juridique en la matière mais le projet de directive actuel approfondit

et amplifie ce dispositif. Avec la loi Climat et résilience, les sanctions sont déjà dissuasives : 3 ans d'emprisonnement, jusqu'à 300 000 € d'amende pour une personne morale, avec la possibilité de porter le montant à 10 % du chiffre d'affaires moyen annuel ou à 50 % des dépenses engagées pour la pratique litigieuse.

 

« On a déjà des cas concrets qui font figure d'avertissement. Le 23 octobre 2025, le tribunal judiciaire de Paris a condamné TotalEnergies pour pratiques commerciales trompeuses, en raison de ses allégations sur son ambition d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Des décisions similaires ont été rendues pour KLM aux Pays-Bas en 2024 et Lufthansa en Allemagne en mars 2025. Et ce, avant même l'entrée en vigueur de la directive. À partir du 27 septembre, le cadre juridique sera renforcé, les interdictions élargies et le filet, plus serré. » complète Daniel Luciani.

 

Et la directive : que change-t-elle vraiment ?

 

La directive elle-même ne fixe pas un barème européen unique de sanctions. Elle modifie les règles sur les pratiques commerciales déloyales, et ce sont ensuite les États membres qui doivent prévoir des sanctions « effectives, proportionnées et dissuasives » dans leur droit national.

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