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[Expertises] CSRD : les rapports de durabilité du CAC 40 gagnent en pédagogie, mais peinent à raconter la transformation des entreprises

Un an après l’entrée en vigueur de la CSRD, UTOPIES a analysé 36 rapports de durabilité publiés par des entreprises du CAC 40 au titre de l’exercice 2025.


L’étude montre que les entreprises ont progressé en matière de lisibilité et de pédagogie, mais que le reporting reste encore largement un exercice de conformité : la durabilité s’ancre davantage dans la stratégie, l’offre, la chaîne de valeur et la rémunération, sans toujours former un récit cohérent de transformation du modèle d’affaires.

 

Pour UTOPIES, la transformation est donc bien engagée, mais elle se dessine encore en pointillés. La prochaine étape consiste à mieux relier durabilité, stratégie, offre, création de valeur et leviers de pilotage ; afin que le reporting permette réellement de comprendre comment les enjeux de durabilité transforment le modèle d’affaires et à mieux raconter ce lien.

 

Les premiers exercices CSRD ont permis aux entreprises de mieux documenter leurs pratiques et leurs principaux axes de progrès. Cette deuxième année de reporting révèle cependant un décalage persistant entre la multiplication des engagements et la capacité des entreprises à expliquer comment la durabilité transforme réellement leur stratégie et leur business model.

 

Points clés :

- 44% des entreprises publient désormais un executive summary, contre seulement 2 entreprises en 2024.

- 61% intègrent la durabilité à leur stratégie business, notamment via la décarbonation et les enjeux directement liés à leur activité.

- 83% se fixent au moins un objectif relatif à l’offre durable, contre 75 % en 2024.

- 78% étendent l’analyse de leurs impacts, risques et opportunités à leur chaîne de valeur.

- 92% des dirigeants disposent d’une rémunération variable annuelle indexée sur des objectifs RSE ; ces critères représentent en moyenne 20 % de cette rémunération.

 

Des rapports plus lisibles, mais toujours très normés

La pédagogie progresse : les executive summaries se multiplient et les entreprises cherchent davantage à donner une vision d’ensemble de leurs démarches. Mais la lisibilité reste perfectible : seulement un quart des entreprises présentent leur stratégie RSE sous forme d’infographie et la moitié propose une vision globale de ses objectifs de durabilité.

 

La durabilité entre dans la stratégie, mais son intégration reste inachevée

61 % des entreprises intègrent désormais la durabilité à leur stratégie business, le plus souvent à travers la décarbonation, l’électrification, les énergies renouvelables ou l’économie circulaire. Pour autant, trois entreprises sur quatre conservent encore une stratégie RSE dédiée : stratégie business et stratégie de durabilité continuent souvent de coexister sans articulation pleinement lisible.

 

L’offre « durable » devient un marqueur concret de transformation

83 % des entreprises se fixent au moins un objectif relatif à l’offre « durable », contre 75 % en 2024.

Les ambitions concernent d’abord l’amélioration du profil des offres existantes - écoconception, circularité, sourcing responsable ou traçabilité - mais la moitié du CAC 40 fixe aussi des objectifs de développement de nouvelles offres, via la part du portefeuille, le chiffre d’affaires associé ou le nombre de clients cibles.

 

Chaîne de valeur et rémunération : deux leviers qui montent en puissance

La transformation dépasse de plus en plus les frontières de l’entreprise : 78 % des groupes étendent l’analyse de leurs impacts, risques et opportunités à la chaîne de valeur, notamment sur le climat et la biodiversité. La quasi-totalité s’est fixé des objectifs de décarbonation du scope 3 et près des deux tiers des objectifs d’achats durables. Un quart a déjà mis en place un dispositif d’accompagnement des fournisseurs.

 

Parallèlement, l’intégration de critères RSE dans la rémunération des dirigeants est devenue presque systématique. Pour la rémunération variable annuelle, elle concerne 92 % des dirigeants et représente en moyenne 20 % de la part variable. Les critères restent cependant concentrés sur les priorités historiques de la RSE - climat/carbone, féminisation, santé-sécurité - et encore peu sur l’évolution de l’offre ou du modèle d’affaires.

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