Les
enseignements des pays les mieux classés et le profil contrasté de la France
Réalisé en collaboration avec CoreData Research, l’édition 2026 du
Global Retirement Index (GRI) de Natixis Investment Managers, évalue la
capacité de 44 pays étudiés à offrir des conditions favorables à la retraite à
travers 18 indicateurs regroupés en quatre sous-indices : Finances à la
retraite, Bien-être matériel, Santé et Qualité de vie. La Norvège, l’Irlande et
les Pays-Bas occupent les trois premières places du classement, devant la
Suisse et le Danemark. La France se situe au 29ème rang, avec un profil
contrasté : elle bénéficie de fondamentaux solides en matière de santé, mais
affiche des résultats plus fragiles sur les critères de la catégorie liée aux
Finances à la retraite.
Des pays en tête du classement qui combinent plusieurs facteurs de resilience
La Norvège conserve la première place du classement avec un score de 83 %, devant l’Irlande (81 %)
et les Pays-Bas (79 %). La Suisse se classe 4ème et
le Danemark 5ème.
La Norvège figure dans le Top 10 des quatre sous-indices du GRI. L’Irlande occupe pour sa part la première place pour les Finances à la retraite. Les Pays-Bas enregistrent la progression la plus marquée parmi les dix premiers pays : ils gagnent trois places, de la 6ème à la 3ème, leur meilleur classement depuis la création de l’indice. Le Danemark conserve sa 5ème position malgré un recul d’un point de
son score.
Les profils des pays les mieux classés restent toutefois différents. La
Norvège et l’Irlande se distinguent par leur présence dans le Top 10 de chacun
des quatre sous-indices, tandis que le Danemark affiche la meilleure
performance du classement en Bien-être matériel. Ces écarts illustrent la
diversité des facteurs qui contribuent à la sécurité financière à la retraite
et l’intérêt d’une approche prenant en compte à la fois les dimensions
financières, économiques, sanitaires et sociales.
Les évolutions observées dans le classement soulignent également
l’importance d’appréhender les résultats du GRI dans leur ensemble. L’Islande
recule ainsi de cinq places, de la 4ème à la 9ème, principalement en raison de
la dégradation de son Bien-être matériel dans un contexte de hausse du chômage.
La Finlande connaît le plus fort recul annuel, passant de la 23ème à la 35ème
place, avec un score en baisse de 12 points, à 54 %, principalement sous
l’effet de la faiblesse de son Bien-être matériel.
Parmi les grandes économies, l’Allemagne reste la mieux classée, au 7ème
rang mondial avec un score de 75 %. Le Royaume-Uni occupe la 15ème place (72
%), devant les États-Unis (24ème, 68 %) et le Japon (25ème, 67 %).
France : de solides fondamentaux en matière de santé, mais des
fragilités sur les finances à la retraite
La France recule de deux places, passant du 27ème au 29ème rang mondial,
avec un score de 64 %. Son principal point fort est le sous-indice Santé, dans
lequel elle se classe 6ème au niveau mondial. Elle occupe notamment la 2e place
pour la couverture des frais de santé et la 13ème pour l’espérance de vie.
La France se classe également première pour la maîtrise de l’inflation.
Les taux d’intérêt réels la placent au 23ème rang, en progression de quatre
places.
À l’inverse, les Finances à la retraite constituent son principal point
de fragilité : la France se classe au 38e rang pour ce sous-indice. Elle occupe
notamment les 43ème et 39ème places pour la pression fiscale et l’endettement
public, ainsi que la 38ème place pour le ratio de dépendance démographique.
Le Bien-être matériel place la France au 32ème rang. Le revenu par
habitant constitue un point d’appui, avec une 16ème place, tandis que le
chômage pèse davantage sur la performance du pays, qui se classe au 37ème rang
sur cet indicateur.
Enfin, la France se classe au 19ème rang pour la Qualité de vie. Elle
progresse notamment de deux places pour les facteurs environnementaux, pour
atteindre le 13ème rang mondial.
L’épargne de long terme, un enjeu croissant face à l’évolution des ystems
de retraite
Les résultats du GRI interviennent dans un contexte de transformation
des systèmes de retraite, marqué notamment par l’évolution des trajectoires
professionnelles, l’allongement de l’espérance de vie et les contraintes pesant
sur les finances publiques.
Cette évolution se reflète dans les attentes des investisseurs. Selon
l’enquête menée par Natixis Investment Managers auprès de 7 050 investisseurs
dans 21 pays, 78 % estiment devoir de plus en plus financer eux-mêmes leur
retraite, contre 67 % dix ans auparavant.
Le premier sujet de préoccupation concerne le niveau de ressources
disponible à la retraite : 40 % craignent de ne pas disposer de ressources
suffisantes, 38 % redoutent que l’inflation n’érode leur épargne, 33 %
anticipent une baisse des prestations et 25 % pensent ne jamais parvenir à
épargner suffisamment. Au total, 43 % estiment qu’il faudra « un miracle » pour
assurer leur sécurité financière à la retraite.
L’inflation demeure une préoccupation particulièrement forte. 69 % des
investisseurs craignent qu’elle n’érode la valeur future de leur épargne et 59
% déclarent qu’elle a déjà réduit les gains de leurs investissements. Par
ailleurs, 66 % indiquent épargner moins en raison de la hausse du coût de la
vie, tandis que 72 % redoutent que le niveau d’endettement public n’entraîne
une diminution des prestations de retraite.
Face à ces enjeux, le GRI identifie trois leviers d’action pour les
politiques publiques : élargir l’accès à l’épargne, renforcer l’automatisation
de la participation et favoriser la constitution d’un capital de long terme.
Les dispositifs d’adhésion automatique, notamment au Royaume-Uni et en Irlande,
cherchent ainsi à limiter l’effet de l’inertie individuelle et à accroître la
participation aux dispositifs d’épargne retraite.
Le rapport cite notamment le Royaume-Uni, où la participation aux
dispositifs d’épargne retraite professionnelle est passée de 55 % à 90 % depuis
l’introduction de l’auto-enrôlement. En Irlande, le dispositif My Future Fund
comptait 763 000 personnes affiliées et plus de 60 millions d’euros investis au
terme de son premier mois.
En France, plusieurs réformes récentes ont également contribué à faire
évoluer le cadre de l’épargne de long terme. La loi PACTE, avec la création du
Plan d’Épargne Retraite (PER), a notamment renouvelé le paysage de l’épargne
retraite. À fin septembre 2025, le PER comptait 12,7 millions de titulaires et
141 milliards d’euros d’encours. Plus de 80 % de ces encours étaient investis
en France ou dans l’Union européenne et plus de 60 % contribuaient au
financement des entreprises. Les lois Industrie Verte et Partage de la Valeur
ont depuis complété ce dispositif, notamment en élargissant les possibilités
d’investissement en actifs non cotés et d’épargne salariale et retraite.
Au-delà de la capacité à épargner, l’enjeu réside donc également dans
les conditions permettant de constituer et de faire fructifier cette épargne
dans la durée, alors que les systèmes de retraite évoluent pour mieux
accompagner des parcours professionnels plus mobiles et l’allongement de la
durée de vie.
David Goodsell, Directeur exécutif du Centre for Investor Insight chez
Natixis Investment Managers, commente :
« Pour de nombreux investisseurs, le principal défi réside dans l’évaluation
de leurs besoins futurs et dans la capacité de leur épargne à résister, sur le
long terme, aux chocs sanitaires, économiques ou environnementaux. Face aux
enjeux actuels du financement des retraites, la préparation et l’anticipation
sont essentielles. Les politiques publiques ont également un rôle important à
jouer pour renforcer la sécurité financière des générations futures. »
Aperçu des résultats mondiaux du GRI 2026
• Allemagne (7ème) : première grande économie du classement, avec un score de 75 %.
Ses performances en Bien-être matériel (8ème) et en Qualité de vie (7ème) contribuent notamment à
son classement.
• Royaume-Uni (15ème) : recul d’une place au classement global, notamment sous l’effet d’une
baisse du sous-indice Santé, partiellement compensée par une amélioration du
Bien-être matériel.
• Pologne (19ème) : progression de neuf places, portée notamment par l’amélioration de son
Bien-être matériel.
• Suède (22ème) : recul de quatre places, pénalisée par la faiblesse persistante de son
Bien-être matériel.
• États-Unis (24ème) : recul de trois places, avec un score passant de 70 % à 68 %. La Qualité
de vie demeure leur principal point fort.
• Japon (25ème) : progression d’une place, avec un score de 67 %. Le pays se distingue par son sous-indice Santé (7ème), notamment grâce à son 2ème rang pour l’espérance de vie, mais se classe au
41e rang pour les Finances à la retraite.
• Islande (9ème) : recul de cinq places, avec un score en baisse de quatre points à 75 %,
principalement sous l’effet de la dégradation de son Bien-être matériel.
• Tchéquie (10ème) : entrée dans le Top 10, avec un score de 75 %.
• Finlande (35ème) : plus fort recul annuel, avec une baisse de 12 places et un score passant de
66 % à 54 %.


