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[Etudes] Le secteur bancaire européen à l’ère de l’économie tokenisée

Le système financier connaît une transformation décisive : la monnaie tokenisée, les actifs numériques et l’IA agentique passent du statut de concepts émergents à celui de forces structurantes du secteur bancaire mondial.


Une nouvelle étude de l’IBM Institute for Business Value, « 2026 Global Outlook for Banking and Financial Markets : Banking on the tokenized economy », révèle que la plupart des institutions ne sont pas prêtes à faire face à la concurrence.

 

Bien qu’une part croissante de dirigeants s’attende à ce que leurs organisations jouent des rôles divers dans une économie de plus en plus numérique d’ici 2030, seuls 12 % d’entre eux en Europe (9 % au niveau mondial) indiquent que leurs initiatives sont déjà opérationnelles ou prêtes à être déployées en 2026. Parallèlement, un niveau de maturité inégal en matière d’IA et des systèmes centraux vieillissants creusent l’écart entre les leaders et les retardataires.

 

L’étude met également en lumière la manière dont les monnaies numériques pourraient transformer les systèmes de paiement et les flux de dépôts, tandis que la conservation des actifs numériques apparaît comme une opportunité de croissance stratégique.

 

Les dirigeants citent le règlement instantané, les gains d’efficacité et les nouveaux modèles de revenus comme des avantages majeurs, même si la fragmentation réglementaire, les défis d’interopérabilité et les menaces de cybersécurité restent des obstacles importants.

 

Les conclusions indiquent que les deux prochaines années seront décisives pour déterminer quelles institutions domineront l’économie tokenisée et lesquelles seront reléguées au second plan.

 

« Le secteur bancaire traverse un basculement silencieux mais déterminant, la tokenisation introduisant une transformation profonde du système financier : la valeur devient programmable, les flux gagnent en instantanéité et en intelligence, et les frontières traditionnelles s’effacent au profit d’une interopérabilité accrue, a déclaré Marc Haddad, Senior Partner & Financial Services Leader for EMEA, IBM Consulting. Cette transformation touche autant à la technologie qu’à la confiance, à la gouvernance et à la relation client. Les banques qui sauront moderniser leurs fondations tout en adoptant cette nouvelle logique seront celles qui façonneront la finance de demain. »

 

 

La tokenisation est en train de redéfinir la stratégie des banques

 

•   25% des dirigeants européens (26 % au niveau mondial) du secteur bancaire déclarent que la tokenisation est au cœur de leur orientation stratégique, mais seuls 8  % d’entre eux (5 % au niveau mondial), déclarent avoir déjà au moins une solution de tokenisation opérationnelle en environnement de production.

 

•   À l’horizon 2030, les dirigeants interrogés s’attendent à ce que leurs institutions interviennent dans plusieurs segments de l’écosystème tokenisé, les rôles les plus fréquemment cités étant ceux :

-      de fournisseurs de services (67 % en Europe, 64 % au niveau mondial),

-      de services de conservation (65 % en Europe, 61 % au niveau mondial),

-      d’émetteurs (60 % en Europe, 56 % au niveau mondial).

 

•   Fait intéressant : seuls 33 % des dirigeants européens (32 % au niveau mondial) des personnes interrogées considèrent que leur organisation propose activement des solutions de portefeuille (wallets) alors que ces derniers constituent un point de contact essentiel avec les clients dans une économie tokenisée.

 

•   72% des dirigeants européens (71 % au niveau mondial) estiment que l’amélioration de l’efficacité des marchés et l’émergence de nouvelles formes de coordination constitueront les impacts les plus transformateurs de la tokenisation.

 

•   74% des dirigeants en Europe (71 % au niveau mondial), déclarent être confrontés à  des pénuries de talents pour soutenir les initiatives de tokenisation.

 

•   17% des dirigeants européens (18 % au niveau mondial) estiment qu'il est très probable que les titres tokenisés supplantent l'infrastructure traditionnelle des marchés de capitaux.

 

•   89% des dirigeants européens (88 % au niveau mondial) déclarent que la demande croissante des clients pour des actifs en temps réel et programmables incitera les banques à élargir leur offre de produits tokenisés.

 

 

Les monnaies numériques pourraient redéfinir les modes de paiement et l’allocation de dépôts

 

•   30% des dirigeants européens (35 % au niveau mondial) pensent que les monnaies numériques de banque centrale (MNBC) pourraient remplacer les systèmes de cartes traditionnels.

 

•   15% des dirigeants européens (16 % au niveau mondial) estiment que les stablecoins pourraient totalement remplacer les systèmes de paiement traditionnels.

 

•   43% d’entre eux (42 % au niveau mondial) jugent probable que de grandes entreprises émettent leurs propres stablecoins — ce qui pourrait conduire à un futur où les frais de transaction disparaîtraient, les bases de dépôts s'amenuiseraient et les données clients échapperaient aux banques.

 

•   55% des dirigeants européens (51 % au niveau mondial) s'attendent à ce que les coûts liés à l'intégration et à la mise en conformité constituent une charge financière nette.

 

•   Seuls environ un tiers des dirigeants (30 % en Europe, 31 % au niveau mondial) identifient des opportunités de revenus clairement établies dans un environnement centré sur les monnaies numériques de banque centrale.

 

•   29% des dirigeants européens (32% au niveau mondial), s’attendent à des transferts significatifs de dépôts, les clients se tournant vers des stablecoins offrant des rendements plus attractifs — via la rémunération des portefeuilles et des plateformes d’échange, ou par le versement d’intérêts directs, sous réserve de l’autorisation des régulateurs.

 


Les écarts en matière de risques, de réglementation et de technologie s’accentuent à mesure que la transformation s’accélère.

 

•   59% des dirigeants en Europe, et au niveau mondial, citent les problèmes d’interopérabilité comme un obstacle majeur au passage à l’échelle de la tokenisation, et 63% (55 % au niveau mondial) mentionnent des lacunes réglementaires et comptables.

 

•   63% des dirigeants européens (61 % au niveau mondial) voient de fortes synergies entre l’IA agentique et la tokenisation, notamment pour l’interopérabilité entre plateformes.

 

•   88% d’entre eux (89 % au niveau mondial), estiment que la cryptographie résistante aux ordinateurs quantiques sera essentielle pour sécuriser les systèmes tokenisés.

 

•   61% des dirigeants européens (57 % au niveau mondial) s’attendent à ce que l’IA agentique transforme significativement les systèmes de règlement programmables.

 

•  Pourtant, au niveau mondial, seulement 8 % des dirigeants ont une approche stratégique en matière d’IA générative, alors que la majorité (78 %) agit de façon tactique¹.

 

La technologie existante (legacy) reste un frein majeur :

 

•   79% des dirigeants en Europe et (77 % au niveau mondial), affirment que des ressources informatiques robustes et une infrastructure Cloud hybride sont essentielles pour réussir dans un monde tokenisé.

 

•   79% des dirigeants européens (77 % au niveau mondial) estiment que les investissements dans des plateformes informatiques modernisées et le Cloud sont essentiels pour gérer de grands volumes de données et soutenir  la tokenisation à grande échelle.

 

•   Pourtant, les dirigeants considèrent l’inadaptation des systèmes centraux existants (legacy) comme le premier frein aux initiatives de tokenisation.

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