Etude Harris Poll pour Shopify.
Harris Poll et Shopify ont interrogé des entrepreneurs et cadres exerçant des activités professionnelles “classiques” afin de comprendre la raison pour laquelle tant de personnes hésitent à se lancer dans l’entrepreneuriat, bien qu’il n’ait jamais été aussi facile de créer une entreprise. Cette étude, menée sur cinq marchés (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie) compare le ressenti de ceux qui n’ont pas encore franchi le pas à l’expérience vécue par les fondateurs. En France, deux marqueurs forts : la peur de l’échec, et l’écart entre les attentes et la réalité.
Dans le monde : si l’envie est là, le passage à l’acte est difficile
Entre 73% et 89% des personnes n’ayant pas encore fondé d’entreprise se
disent susceptibles de se lancer dans les prochaines années : la plupart d’entre eux se disant « assez prêts, mais ayant encore
besoin de préparation ». Le manque de ressource financière ou de stabilité
financière est le premier frein cité à travers tous les marchés, devant le
manque de compétences ou de repères.
Du côté des entrepreneurs, la tendance est plutôt inverse : personne ne leur a remis de mode d’emploi au moment de se lancer, et
c’est en avançant – grâce à la recherche en ligne, au mentorat, et de plus en
plus à l’IA – qu’ils ont comblé leurs lacunes. Beaucoup de fondateurs
recommandent de commencer petit et d’apprendre en avançant, plutôt que
d’attendre de se sentir parfaitement prêt.
Une part importante des fondateurs estime que créer une entreprise est
plus facile qu’avant, mais que la faire durer reste difficile (41% à 45% selon
les marchés). Parmi les défis qui demandent encore le plus d’attention, ils
citent notamment le fait de se démarquer dans un marché concurrentiel (34% à
45%) et de rester constant et motivé (34% à 43%).
Chiffres clés – dans le monde
● 73% à 89% des non-entrepreneurs
se disent susceptibles de se lancer dans les prochaines années.
● 39% à 49% se sentent « assez
prêts, mais ont encore besoin de préparation », seuls les États-Unis se
démarquent avec 54% de « prêt maintenant ».
● 38% à 46% citent le manque de
ressources financières ou de stabilité financière comme premier frein, à
travers tous les marchés.
● Parmi les fondateurs ayant
expérimenté des challenges pratiques ou psychologiques, 68% à 77% confient
avoir appris « sur le tas », en faisant des erreurs (sauf en France : 48%).
La France se distingue par un décalage plus fort entre les attentes et
la réalité
Seulement 19% des entrepreneurs se sont lancés immédiatement, et 52%
jugent leur plus grand obstacle plus difficile à surmonter que prévu. Il s’agit
du pourcentage le plus élevé à travers tous les marchés étudiés, porté par la
pression financière et le temps nécessaire au bon développement de
l’entreprise. 44% de ceux qui ont tardé à se lancer auraient aimé commencer
plus tôt en sachant ce qu’ils savent maintenant, regrettant des opportunités
ratées.
La technologie et l’IA rendent l’entrepreneuriat plus accessible en
France : 67% des fondateurs français estiment qu’elles
facilitent la création d’entreprise, et les porteurs de projet français sont
les plus nombreux à dire que les outils d’IA pourraient les encourager à passer
à l’acte (30%). Mais certains freins persistent : les fondateurs français sont
les moins nombreux des cinq marchés à déclarer avoir surmonté leurs premières
difficultés par essai-erreur ou apprentissage sur le tas (48%), tandis que la
peur de l’échec ou du jugement est citée par 35% d’entre eux.
Chiffres clés – en France
● 19% seulement des fondateurs
français se sont lancés immédiatement ; 75 % ont retardé leur projet.
● 52% jugent leur principal
obstacle plus difficile que prévu, le pourcentage le plus élevé des cinq
marchés.
● 44% des fondateurs ayant
retardé leur lancement auraient aimé commencer plus tôt sachant ce qu’ils
savent maintenant.
● 67% des fondateurs français
estiment que la tech et l’IA facilitent la création d’entreprise.
● 30% des porteurs de projet
disent que des outils d’IA les rendraient plus enclins à se lancer, le
pourcentage le plus élevé des cinq marchés.
« Ce que nous révèle cette étude, c’est que la préparation parfaite
n’existe pas et qu’il faut démocratiser l’idée d’apprendre en se trompant.
D’autant qu’en France, beaucoup de choses sont mises en place au niveau des
institutions pour encourager la création d’entreprise. Si les barrières
évoquées par les porteurs de projet restent réelles, elles s’amenuisent au fur
et à mesure que les outils numériques et l’IA se développent. L’entrepreneuriat
n’a plus vocation à rester l’exception : avec les bonnes ressources, de plus en
plus de Français devraient transformer leur envie en projet concret » analyse Alexandre Chaumien, Head of Revenue EMEA chez Shopify.


