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[Expertises] L’Aide au Retour à l’Emploi (ARE), un tremplin entrepreneurial qui fait ses preuves

84% de taux de survie des entreprises après la fin des aides.

 

Pour dépasser les idées reçues, Dougs - cabinet d’expertise comptable en ligne - publie une analyse inédite basée sur les données réelles de 19 277 entreprises, créées avec et sans ARE ces cinq dernières années.

 

Verdict ? Les ARE ne créent pas des entrepreneurs par défaut ; elles ouvrent une porte à ceux qui n'auraient pas osé la franchir seuls, et la grande majorité la franchit avec succès.

 

Les ARE : un filet de sécurité remis en question par les réformes budgétaires

 

Chaque année, des milliers de Français quittent un emploi salarié pour créer leur entreprise. Pour beaucoup, ce saut vers l’inconnu est rendu possible grâce aux ARE. Ce dispositif permet à un demandeur d’emploi de continuer à percevoir ses allocations chômage tout en lançant son activité, sur une durée de 24 mois maximum et sous certaines conditions. Le mécanisme agit alors comme un filet de sécurité : si l’activité décolle, l’entrepreneur peut progressivement s’en détacher ; si elle ne fonctionne pas, il limite le risque financier personnel.

 

Néanmoins, depuis la réforme de 2025, un plafond à 60% du montant des ARE a été instauré spécifiquement pour les créateurs d’entreprises, contrairement aux autres demandeurs d’emploi. Or, les données analysées par Dougs démontrent que le dispositif a fait ses preuves. Réduire son attractivité financière, c’est décourager des créations qui auraient abouti.

 

84% de taux de survie après la fin des aides

 

Concrètement, parmi les entrepreneurs ayant bénéficié des ARE à la création de leur activité, 84% sont toujours en activité dans les 12 mois suivant la fin de leurs droits. Un chiffre qui ne diffère que de 5 points de celui des entrepreneurs qui n'en ont pas bénéficié (89%). Un écart faible, mais qui dit l'essentiel : les ARE permettent à des personnes qui ne se seraient pas lancées autrement de créer une activité viable.

 

Autre enseignement de l’étude : les entrepreneurs avec ARE passent moins de temps en phase de démarrage. À ancienneté comparable, ils sont systématiquement plus nombreux à avoir trouvé leurs premiers clients et à facturer une activité réelle. À 24-30 mois, 64% d'entre eux génèrent déjà des revenus, contre 56% pour ceux sans ARE. Au bout de cinq ans, 24,4% des bénéficiaires atteignent un chiffre d’affaires supérieur à 50 000€, contre 19,9% de ceux qui se sont lancés sans.

 

Loin de ralentir le décollage, le dispositif semble au contraire permettre à davantage de porteurs de projets de transformer leur idée en activité réelle. Les ARE donnent du temps pour structurer son offre, trouver ses premiers clients, corriger les erreurs initiales et ajuster son modèle économique.

 

Un entrepreneuriat qui a changé de visage

 

Le taux de liquidation légèrement plus élevé chez les entrepreneurs avec ARE ne traduit pas nécessairement un échec, mais davantage un “moment de vérité”. Les entrepreneurs ont pu tester leur modèle durant toute la durée du dispositif. Lorsque l’aide s’arrête, ils décident rationnellement entre poursuivre si l’activité est viable, ou la clôturer si elle ne l’est pas. Autrement dit, les ARE permettent d’assumer une logique d’expérimentation : tester un projet sans se précariser immédiatement, et arrêter sans catastrophe financière si le modèle ne fonctionne pas. L’entrepreneuriat devient une option mesurée, non un saut dans le vide.

 

Ce constat reflète également une nouvelle réalité, celle de parcours professionnels de moins en moins linéaires, où l'on passe du salariat à la création d'entreprise en fonction des projets et des moments de vie. Ces entreprises ont existé et ont généré de l'activité économique. La forme de la rémunération devient aujourd’hui le véhicule d’un projet. On peut être salarié, devenir consultant, puis revenir au salariat. L’entrepreneuriat s’impose désormais comme une expérience professionnelle à part entière, valorisable sur un CV et susceptible d’intéresser des recruteurs. 

 

« Ces chiffres montrent que les ARE remplissent leur rôle. Elles permettent à des profils plus diversifiés de tenter l'aventure entrepreneuriale avec un filet de sécurité minimal. Et les résultats sont là. Les ARE ne diluent donc pas la qualité de l’entrepreneuriat, mais en élargissent l’accès. Remettre ce dispositif en cause, c'est fermer une porte à des milliers de projets viables », conclut Patrick Maurice, cofondateur et CEO de Dougs.

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