Un cap se dessine, mais la confiance reste à reconstruire.
Alors que le logement semble enfin retrouver sa place parmi les
priorités publiques, les professionnels du secteur peinent encore à percevoir
les signes d'une reprise durable. Révélés ce 23 juin 2026, à l'occasion des
Assises Nationales du Logement et de la Ville, les résultats du baromètre
MOV[E] 2026 montrent une profession partagée entre l'espoir suscité par les
annonces gouvernementales et les incertitudes économiques qui continuent de
peser sur l'activité.
Ainsi, 51 % des professionnels se déclarent pessimistes pour les mois à venir, soit 1 sur 2, contre
44 % en 2025. Un chiffre qui traduit moins un
découragement qu'une attente forte de visibilité et de stabilité dans un
environnement marqué par la succession des crises économiques, politiques et
géopolitiques.
Le coût de construction et le financement au cœur des préoccupations
Alors qu'un léger frémissement semblait se dessiner en début d'année
grâce à une relative stabilité politique et de premières annonces en faveur du
logement, les tensions géopolitiques internationales et leurs conséquences
économiques sont venues raviver les inquiétudes. Dans ce contexte, les
fondamentaux du marché concentrent les craintes des professionnels.
Le prix des matériaux arrive largement en tête des préoccupations (75 %, +22 points en un an), devant l'accès des ménages au crédit immobilier (70 %, +18 points), la simplification des normes (66 %), l'accession à la propriété pour les primo-accédants (65 %, +24 points) et les ventes dans le neuf
(65 %,
+10 points).
Ces résultats illustrent une même réalité : la demande de logement
existe toujours, mais les conditions économiques rendent sa concrétisation plus
difficile pour les ménages comme pour les opérateurs.
Par ailleurs, 57 % des répondants se déclarent inquiets quant à
l'évolution de l'investissement locatif privé. Si le nouveau dispositif
Jeanbrun est identifié comme un signal positif, beaucoup estiment qu'il est
trop complexe ou trop restrictif pour provoquer un véritable choc de confiance.
Une profession qui continue d'investir dans sa transformation
Malgré les tensions du marché, plusieurs indicateurs témoignent de la
capacité de la filière à se projeter.
La sobriété énergétique arrive en tête des sujets les plus porteurs de
confiance (36 %, +7 points), au même niveau que l'intelligence artificielle (36
%), qui fait son entrée dans le baromètre. La digitalisation des pratiques (34
%), le BIM (32%) et la construction bas carbone (32 %) complètent ce
classement.
Ces résultats témoignent d'une professionqui, tout en affrontant une
crise profonde,poursuit sa transformation et son adaptation aux enjeux
environnementaux, technologiques et organisationnels.
Plan logement : une attente de résultats
L'annonce du plan de relance logement constitue un signal positif pour
une profession qui réclamait depuis plusieurs années que le logement redevienne
une priorité nationale.
Pour autant, près d'un professionnel sur deux (49 %) préfère toutefois
ne pas se prononcer sur ses effets à ce stade. Cette prudence traduit avant
tout une attente quant aux modalités concrètes de mise en œuvre des mesures,
leur calendrier d'application et leur capacité à produire rapidement des effets
sur le terrain.
L'objectif affiché de relancer la production de logements est salué pour
le cap qu'il fixe. Mais, dans un contexte marqué par des crises successives et
à moins d’un an des grands rendez-vous électoraux, les professionnels continuer
d’appeler à davantage de stabilité, de simplification et de continuité des
politiques publiques.
Une filière mobilisée et force de proposition
Réunis aux Assises Nationales du Logement et de la Ville, les acteurs du
secteur se révèlent lucides et affichent un message commun : les solutions
existent. Face aux défis du logement, de la transition écologique et de
l'aménagement des territoires, la filière se tient prête à contribuer à une
stratégie de long terme capable de répondre aux besoins des Français et aux
enjeux de compétitivité du pays.
Plus que jamais, le logement ne peut rester à la marge du débat public.


