Baromètre mondial de l’emploi en IA 2026 de PwC.
En France, les recrutements liés à l’intelligence artificielle (IA)
poursuivent leur progression en 2025 avec +13 000 offres supplémentaires par
rapport à l’année précédente, portant leur part à 1,3 % des offres d’emploi
totales. Une dynamique encore limitée en volume, mais en hausse continue.
À l’échelle mondiale, la trajectoire est beaucoup plus marquée. Les
entreprises les plus avancées dans l’utilisation de l’IA affichent une hausse
de productivité du travail de +163 % depuis 2018, selon la troisième édition du
Baromètre mondial de l’emploi en IA 2026 de PwC. Dans le même temps, les
entreprises les moins exposées progressent nettement moins vite, confirmant une
polarisation croissante des performances économiques.
Un marché du travail mondial qui se recompose rapidement autour des
compétences IA
La diffusion de l’IA transforme en profondeur la structure de l’emploi.
Les métiers nécessitant des compétences en IA progressent +69 % depuis 2019,
soit près de huit fois plus vite que l’ensemble du marché de l’emploi (+8,6 %).
Cette accélération s’accompagne d’une évolution qualitative du contenu
des postes. Les emplois les plus exposés à l’IA sont désormais sept fois plus
susceptibles d’exiger des compétences traditionnellement associées à des
profils expérimentés, comme le leadership, la prise de décision, la créativité
ou les interactions humaines. Cette tendance illustre un glissement : l’IA
automatise certaines tâches d’entrée de gamme tout en renforçant la valeur des
compétences dites “humaines” plus tôt dans les parcours professionnels.
Cette recomposition s’accompagne d’une forte revalorisation économique :
la prime salariale associée aux compétences en IA atteint 62 % en moyenne
mondiale en 2025, contre 57 % en 2024, et peut dépasser +100 % dans certains
secteurs fortement digitalisés.
Des entreprises de plus en plus divergentes en matière de productivité
et d’emploi
L’écart ne se limite pas aux métiers : il est également très net entre
entreprises.
Les 20 % d’entreprises les plus performantes dans l’adoption de l’IA
atteignent +163 % de productivité depuis 2018, soit environ cinq fois plus que
le reste du marché. Ce différentiel s’est accentué au cours des dernières
années, traduisant un effet d’accumulation des gains liés à l’IA.
Contrairement à une idée reçue, cette montée en puissance ne
s’accompagne pas d’un ralentissement de l’emploi : les entreprises les plus
exposées affichent une croissance des effectifs de +52 % contre +36% pour les
moins exposées, confirmant que l’IA agit davantage comme un levier d’expansion
que de substitution.
Olivier Dupont, Associé chez PwC France et Maghreb, observe : « Les entreprises les plus avancées utilisent l’IA pour amplifier
l’expertise humaine et accélérer la création de valeur, ce qui leur permet de
creuser un écart durable avec le reste du marché, à la fois en productivité et
en capacité de recrutement».
La France dans la dynamique mondiale : diffusion rapide mais
concentration sectorielle forte
En France, la diffusion de l’IA s’accélère mais reste inégalement
répartie selon les secteurs.
Le secteur de l’énergie et des ressources concentre 20,5 % des offres
d’emploi liées à l’IA, suivis par l’industrie manufacturière (17 %). À
l’inverse, les services financiers (3,5 %) et le secteur public (1 %) restent
significativement moins exposés.
Le secteur des technologies, médias et télécommunications (TMT) apparaît
comme le plus dynamique, avec à la fois une forte intensité de recrutement et
les niveaux de primes salariales les plus élevés, atteignant jusqu’à +43 % en
moyenne.
Sur la période récente, les recrutements liés à l’IA ont progressé de
manière continue, avec une hausse de +13 000 offres en 2025 par rapport à 2024,
après plusieurs années de croissance soutenue. Toutefois, cette dynamique reste
concentrée : l’IA représente encore une part limitée du marché global de
l’emploi, mais sa croissance est nettement supérieure à celle de l’ensemble des
recrutements.
On observe également une bascule dans la nature des postes : les rôles « utilisateurs » de l’IA progressent de +10,6 % en 2025, tandis que les rôles de développement reculent légèrement (-0,6 %).
Cette évolution confirme que
l’adoption de l’IA en France est d’abord tirée par l’intégration dans les
métiers existants plutôt que par la création de nouveaux profils techniques.
Une transformation structurelle du travail et des compétences
À l’échelle mondiale comme en France, l’IA accélère une recomposition
profonde du marché du travail, marquée par trois tendances : importance de plus
en plus structurante des compétences humaines complexes, accélération de la
transformation des métiers, et polarisation entre entreprises leaders et
suiveuses.
Les données indiquent que les métiers les plus exposés à l’IA évoluent plus vite que les autres :
ils requièrent davantage de nouvelles compétences,
et ils se sont continuellement transformés entre 2019 et 2025.
« L’IA modifie en profondeur la relation entre expérience et expertise : elle automatise une partie des apprentissages traditionnels tout en renforçant la valeur des compétences humaines comme le jugement, la pensée critique, la créativité et le leadership, qui deviennent essentielles plus tôt dans les parcours professionnels. Les entreprises doivent adapter leurs modèles de développement des talents à cette nouvelle réalité », conclut Olivier Dupont.


