Une étude Kantar réalisée pour Master the Monster révèle que 46 %
des actifs français utilisent leurs propres outils d’IA au travail, faute
d’outils internes adaptés à leurs métiers. Derrière ce chiffre se dessine un
constat plus profond : l’entreprise a déserté le terrain de la formation à
l’IA, laissant ses collaborateurs s’en sortir seuls.
L’intelligence artificielle entre dans les entreprises françaises par
une porte dérobée : celle des outils personnels. Une étude conduite par Kantar
pour Master the Monster, plateforme française de gestion collaborative de
projets créatifs boostée par l’IA, révèle que 46 % des actifs utilisent au
travail des outils d’IA qu’ils ont choisis eux-mêmes, hors de tout cadre fourni
par leur employeur. Ce phénomène, connu sous le nom de Shadow AI, ne traduit
pas un comportement déviant. Il traduit une défaillance organisationnelle que
les chiffres de l’étude documentent.
Selon l’étude, 47 % des actifs déclarent qu’aucun outil d’IA n’est mis à
leur disposition par leur organisation. Parmi ceux qui en disposent, seuls 25 %
estiment que ces outils répondent à leurs besoins réels. Ce qui fait basculer
vers les solutions personnelles n’est donc pas l’attrait de la nouveauté, mais
l’inadéquation de ce qui est proposé.
Plus révélateur encore : 70 % des
utilisateurs d’IA en France ont appris à s’en servir seuls, sans formation,
sans accompagnement, sans cadre. La contribution de l’entreprise à cet
apprentissage concerne moins de 15 % des cas déclarés.
Les actifs s’adaptent à un vide organisationnel et finissent par avancer
par eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Les raisons avancées pour
le recours aux outils personnels relèvent de l’usage : rapidité de mise en
œuvre, simplicité d’accès et efficacité perçue dans la réponse aux besoins.
Élie Ohayon, fondateur et CEO de Master the Monster: commente : « Ce qui m’interpelle dans ces chiffres, ce n’est pas que les
salariés utilisent leurs propres outils, c’est que l’entreprise les y a
contraints. 70 % des gens ont appris l’IA par eux-mêmes, sans que leur
organisation ne juge utile de les accompagner. Seulement 1 entreprise sur 5 a
déployé un outil pour l’ensemble de ses équipes. Ce n’est pas une question de
budget : c’est une question de priorité et de volonté. Chez nos clients, nous
constatons que ceux que nous accompagnons dans la formation à nos outils obtiennent
de meilleurs résultats et une plus grande satisfaction chez leurs salariés ».
Selon Cécile Lejeune, CEO de Kantar France :
« Le shadow AI est la conséquence directe d’un vide laissé par les
organisations. Quand les outils et la formation ne suivent pas, les
collaborateurs contournent. Et ce contournement n’est pas neutre : il expose
les données et fragilise la cohérence des pratiques. La réponse n’est pas de
freiner l’IA, mais de l’assumer pleinement. Chez Kantar, cela s’est traduit par
l’équipement de l’ensemble de nos collaborateurs et par un cadre clair pour en
sécuriser les usages. »
Chiffres clés de l’étude Kantar pour Master the Monster
• Près d’1 actif sur 2 utilise ses propres outils d’IA pour des tâches professionnelles, dont 76% chez
les 18-24 ans et 51% chez les CSP+.
• Près d’1 salarié sur 2 déclare qu’aucun outil d’IA n’est mis à leur disposition par leur organisation.
• 80% des entreprises n’ont pas généralisé l’accès à un outil IA pour tous leurs salariés.
• 70% des utilisateurs d’IA ont appris seuls, sans accompagnement de leur employeur.
• Plus de 9 actifs sur 10 estiment que leur entreprise n’a pas de stratégie claire en matière d’IA.
• Près d’1 salarié sur 2 estime
que leur entreprise est en retard en termes de maturité tech et IA.
D’un point de vue marketing, le shadow AI peut produire des contenus rapidement, mais sans connaissance de la charte éditoriale d’une marque, de son positionnement ou de ses engagements. Lorsqu’une équipe créative rédige une campagne avec un outil personnel non connecté à l’environnement de marque de l’entreprise, elle gagne peut-être du temps sur la tâche immédiate et en perd bien plus ailleurs sur la relecture, la correction et l’alignement.


