Selon le CFO Index Q2
2026 de Pigment, les directions financières françaises basculent vers une
logique de planification continue, portée par des scénarios plus fréquents, des
horizons plus courts et l’intégration progressive de l’IA.
Pigment, la plateforme
de planification et de pilotage de la performance augmentée par l’IA, annonce
la publication de la deuxième édition de son CFO Index. Menée auprès de 2 000
DAF et responsables financiers en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en
Allemagne, cette étude analyse la manière dont les directions financières
adaptent leurs méthodes de pilotage dans un environnement économique plus
volatil.
Au cours des trois
derniers mois, les entreprises françaises ont évolué dans un contexte
particulièrement turbulent. 76 % des responsables financiers citent
l'instabilité géopolitique comme une source d'incertitude, tandis que les
conditions macroéconomiques et la volatilité des coûts de l'énergie figurent
également parmi leurs principales préoccupations. La croissance du chiffre
d'affaires, bien que toujours positive, est plus faible que sur d'autres
marchés : 67 % des entreprises françaises déclarent une croissance au cours des
douze derniers mois, contre 80 % aux États-Unis et 76 % au Royaume-Uni.
Pourtant, la majorité
des équipes financières françaises considèrent l'environnement actuel davantage
comme une opportunité que comme une contrainte, et cette perception se traduit
par des actions concrètes. Plus de la moitié des organisations françaises ont
révisé leurs prévisions financières au cours des trois derniers mois, 52 %
ayant mis à jour leurs projections. En moyenne, elles ont révisé leurs
prévisions 19 fois au deuxième trimestre, contre 10 fois au premier trimestre,
soit la plus forte progression de tous les marchés couverts par l'étude.
Ces résultats
témoignent d'une évolution vers une planification continue. Dans un
environnement plus volatil, les équipes financières ne peuvent plus s'appuyer
sur des cycles annuels de planification fixes ni sur une vision unique de
l'avenir. Elles doivent désormais actualiser leurs prévisions plus fréquemment,
tester plusieurs hypothèses et aider l'ensemble de l'entreprise à prendre des
décisions plus rapidement à mesure que les conditions de marché évoluent.
L'IA fait désormais
partie de cette réponse. Plus des deux tiers des entreprises françaises
prévoient d'augmenter leurs investissements dans l'IA au cours des douze
prochains mois, 69 % d'entre elles ayant l'intention de le faire, soit le
niveau le plus élevé parmi les marchés étudiés. Si la France accuse
actuellement un retard par rapport à ses homologues en matière d'adoption de
l'IA, seules 24 % des entreprises estimant que leur utilisation de l'IA est à
grande échelle ou mature, contre 45 % en Allemagne et au Royaume-Uni et 51 %
aux États-Unis, elle occupe désormais la première place en termes
d'investissements prévus.
Cet appétit pour l'investissement peut être lié aux preuves croissantes de la valeur de l'IA. En France,
80 % des organisations ayant atteint les stades les plus avancés
d'adoption de l'IA enregistrent une croissance de leur chiffre d'affaires,
contre 63 % parmi celles se trouvant à un stade moins avancé. La confiance dans
cette technologie se renforce également : 70 % des responsables financiers
français déclarent que leur confiance dans l'IA a augmenté au cours des six
derniers mois, et 55 % constatent déjà des gains de productivité.
Cependant, transformer
cet engagement en résultats nécessitera plus que des investissements. Les coûts
élevés demeurent le principal frein à une utilisation plus large de l'IA dans
la planification et les prévisions financières en France, cités par 40 % des
répondants, devant le manque d'expertise ou de compétences en interne,
mentionné par 30 %, ainsi que les problèmes liés à la qualité ou à la
disponibilité des données et les résistances culturelles ou organisationnelles,
tous deux évoqués par 27 % des répondants. À mesure que les équipes financières
françaises augmentent leurs investissements dans l'IA, leur réussite dépendra
non seulement du déploiement de nouveaux outils, mais aussi de leur capacité à
démontrer la valeur métier, à renforcer la confiance en interne, à améliorer
les fondations de leurs données et à intégrer l'IA dans les processus
quotidiens de planification.
Les écarts de confiance entre les équipes financières viennent renforcer ce défi : 97 % des directeurs financiers (CFO) déclarent une confiance accrue dans la valeur de l'IA, contre 66 % des managers, et
42 % des CFO estiment que l'IA est déployée à grande
échelle ou mature au sein de leur organisation, contre 24 % des managers et 20
% des directeurs. Si les dirigeants sont convaincus, l'ensemble de la fonction
finance est encore en phase de rattrapage.
Pris dans leur
ensemble, ces résultats montrent que les directions financières françaises
passent d'une planification réactive à un modèle plus continu, soutenu par
l'IA. Dans un environnement turbulent, les organisations les mieux armées pour
préserver leur croissance et renforcer leur résilience seront celles capables
d'ajuster rapidement leurs prévisions, de comparer efficacement différents
scénarios et de transformer leurs investissements dans l'IA en décisions
meilleures et plus rapides.
« Les directions financières françaises entrent dans une nouvelle phase. Elles ne peuvent plus s’appuyer uniquement sur des cycles de planification fixes, construits une ou deux fois par an, déclare Edouard Beaucourt, Head of Revenue EMEA de Pigment. Dans un environnement plus instable, la performance dépend de la capacité à ajuster les prévisions, à comparer plusieurs scénarios et à prendre des décisions plus rapidement. L’IA peut jouer un rôle clé, à condition d’être intégrée aux processus financiers et non traitée comme un outil isolé. »


