“Sondage
OpinionWay pour Orisha Healthcare”.
Orisha Healthcare publie la deuxième vague de son baromètre OpinionWay
consacré à la relation patient-médecin. Un an après une première édition qui
révélait la solidité du lien entre les Français et leurs médecins, cette
nouvelle enquête confirme un paradoxe : la confiance demeure très élevée, mais
elle s’exerce désormais dans un contexte de plus en plus contraint, marqué par
le manque de disponibilité médicale, la montée du doute et l’arrivée
progressive de l’intelligence artificielle dans le parcours de soin.
Dans un contexte où les tensions sur l’accès aux soins s’intensifient,
cette relation apparaît plus que jamais comme un pilier à préserver. L’enjeu
n’est donc pas seulement de mesurer la qualité de la relation patient-médecin.
Il est désormais de comprendre comment préserver ce lien de confiance dans un
système sous tension, où les patients veulent être mieux écoutés, mieux
informés et davantage associés aux décisions qui les concernent.
Une confiance toujours forte, mais fragilisée par l’accès aux soins
La relation patient-médecin reste l’un des piliers les plus solides du
système de santé. 95 % des Français déclarent avoir une bonne relation avec
leur médecin généraliste, et 96 % avec leurs médecins spécialistes. Du côté des
professionnels de santé, le constat est encore plus net : 100 % des médecins
interrogés déclarent entretenir une bonne relation avec leurs patients, dont 61
% une très bonne relation.
Ces niveaux, exceptionnellement élevés, confirment que la médecine de
proximité reste un repère central pour les Français.
Mais cette confiance se heurte à une réalité de plus en plus tangible :
l’accès au médecin devient un point de tension majeur. 82 % des patients
estiment qu’il est aujourd’hui difficile de trouver un médecin disponible. Un
chiffre qui illustre concrètement la montée des “déserts médicaux”, y compris
dans des zones historiquement bien dotées.
Cette difficulté nourrit un sentiment de dégradation de la relation
médicale : 65 % des patients estiment que les médecins prennent moins le temps
qu’il y a quelques années d’expliquer leurs symptômes, et autant ont le
sentiment d’être devenus “un patient parmi d’autres”.
Autrement dit : la relation reste bonne, mais elle se déshumanise aux
yeux d’une partie des patients.
Du côté des médecins, la pression est également très nette. 8 médecins sur 10 (82 %) estiment que les exigences de leurs patients ont augmenté au cours des cinq dernières années. La charge de travail est identifiée comme le premier facteur négatif dans leur relation avec les patients : 77 % des médecins considèrent qu’elle a un impact négatif. Le nombre de patients pris en charge est également cité par
54 % des médecins comme un facteur défavorable,
devant le temps consacré aux démarches de remboursement, pointé par 50 %
d’entre eux.
Quand la confiance n’exclut plus le doute
La deuxième vague du baromètre met également en lumière un phénomène
central : la confiance n’empêche plus le doute. 79 % des patients expriment au
moins une forme de doute médical. Dans le détail, 67 % déclarent faire
davantage confiance à certains médecins qu’à d’autres, 36 % reconnaissent qu’il
leur arrive de ne pas suivre totalement les recommandations de leur médecin, 33
% disent avoir parfois des doutes sur la fiabilité d’un diagnostic après une
consultation et 23 % cherchent un deuxième avis.
Ce doute ne traduit pas nécessairement une rupture avec le corps
médical. Il révèle plutôt l’émergence d’un patient plus informé, plus actif,
mais aussi plus inquiet. La relation médicale ne repose plus uniquement sur
l’autorité du praticien. Elle se construit désormais dans l’explication, la
transparence et la capacité à rassurer.
Les médecins perçoivent eux aussi cette évolution, mais dans des proportions plus modérées.
62 % d’entre eux estiment que leurs patients
expriment au moins une forme de doute médical, notamment lorsqu’ils ne suivent
pas totalement leurs recommandations.
L’IA en santé, entre promesse médicale et exigence de transparence
L’arrivée de l’intelligence artificielle dans la santé apparaît comme un
nouveau facteur de transformation de la relation patient-médecin. Les médecins
reconnaissent son potentiel sur plusieurs dimensions clés du soin : 68 %
estiment que l’IA aura un impact positif sur la qualité du diagnostic médical,
65 % sur la réduction des erreurs médicales et 55 % sur la personnalisation des
traitements.
Mais cette confiance technologique reste encadrée par une forte
vigilance relationnelle. Les médecins sont beaucoup plus réservés sur l’impact
de l’IA sur la relation médecin-patient : seuls 29 % anticipent un impact
positif, tandis que 51 % redoutent un impact négatif.
Les patients, eux aussi, posent des conditions claires. 74 % souhaitent
être informés systématiquement de l’utilisation de l’intelligence artificielle
par leur médecin, et 71 % veulent pouvoir refuser son utilisation. L’IA peut
donc être acceptée comme un outil d’aide au diagnostic ou à la décision, mais
pas comme un substitut à la parole médicale ni comme une technologie invisible
dans la consultation.
En miroir, les médecins partagent une partie de cette exigence : près de
7 médecins sur 10 estiment que les patients doivent être systématiquement
informés de l’utilisation de l’IA, et plus d’un médecin sur deux considèrent
qu’ils doivent pouvoir la refuser.
“Ce nouveau baromètre annuel montre que la relation patient-médecin
reste profondément solide, mais qu’elle entre dans une nouvelle phase. Les
patients font confiance à leur médecin, mais ils veulent davantage d’écoute, de
temps, d’explication et de transparence, notamment lorsque l’intelligence
artificielle intervient dans leur parcours de soin. L’enjeu n’est pas d’opposer
technologie et relation humaine, mais de faire en sorte que les outils
numériques redonnent du temps, de la clarté et de la confiance au cœur de la
consultation”, déclare Romain Léger, CEO
d’Orisha Healthcare.
L’écoute au cœur du soin
Au fond, ce deuxième baromètre raconte moins une crise de confiance
qu’une transformation profonde des attentes. Les patients continuent de faire
confiance à leurs médecins, mais ils attendent davantage qu’un diagnostic ou
une prescription. Ils veulent comprendre, être rassurés, pouvoir poser leurs
questions et rester acteurs de leur parcours de soin.
Dans ce contexte, la technologie ne peut être acceptée que si elle renforce la relation médicale au lieu de l’affaiblir. L’intelligence artificielle peut contribuer à améliorer le diagnostic, réduire certaines erreurs ou personnaliser les traitements, mais elle doit rester lisible, transparente et encadrée par le médecin.


