Dynamiques électorales locales et nationales à
la veille du scrutin
A moins d'une semaine du 1er
tour, l’Institut Terram et l’Ifop publie une enquête nationale d’une ampleur
exceptionnelle menée auprès d’un échantillon national représentatif 10 000
Français qui met notamment en lumière un risque de reflux de la « vague verte »
de 2020.
T1 - Des maires
écologistes menacés d’un vote sanction
La question d’un reflux
de la « vague verte » de 2020 se pose à l’aune de plusieurs indicateurs de
notre enquête Ifop/Terram.
Un désalignement
rétrospectif vis-à-vis du choix fait en 2020 s’avère tout d’abord très net dans
les communes tenues par les écologistes : 30% des électeurs ayant voté en 2020
pour un des maires EELV ou divers écologistes regrettent leur vote de l’époque,
soit deux fois plus que la moyenne observée dans les 35 000 communes
métropolitaines.

T2 - Rarement observé
pour des partis aussi éloignés de l’action gouvernementale, ce sentiment
d’amertume fait des maires écologistes les plus menacés d’un vote sanction : 24% seulement des
électeurs votant dans des villes dirigées par un écologiste souhaitent leur
reconduction, soit deux fois moins que la moyenne nationale (55%).

T3 - Et cette élection
s’annonce d’autant plus difficile pour l’écologie politique que la saillance
des préoccupations environnementales dans l'opinion s'est considérablement
réduite,
y compris dans les métropoles qui sont pourtant ses zones de force
traditionnelles… L’exemple le plus frappant est la lutte contre le dérèglement
climatique à l'échelle locale, reléguée au 17ème rang des enjeux du scrutin, en
chute de 8 points par rapport à 2020.

T4 - Les thématiques environnementales sont désormais celles qui vont le moins jouer dans le vote des Français, y compris dans les grandes métropoles qui sont pourtant les zones de force traditionnelles du vote écologiste… À l’inverse, l'importance donnée aux questions de sécurité et de cadre de vie y jouera un rôle central : la sécurité (76%), l'offre de soins (75%), le narcotrafic (70%), les incivilités (69%) et la propreté (69%) occupent les cinq premières positions.

T5 - Le point de vue de François Kraus pour Terram : « L’interprétation des dynamiques en cours invite à revisiter la « vague verte » de 2020 qui avait vu, dans un contexte exceptionnel (abstention record, surreprésentation d’un électorat urbain, diplômé et sensible aux enjeux environnementaux), les écologistes conquérir ou conserver une dizaine de villes de plus de 50 000 habitants : Marseille, Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Grenoble, Tours, Annecy, Besançon, Colombes, Poitiers. En 2026, avec un fort recul des préoccupations écologiques, un bilan de leurs maires sortants souvent mitigé et un regain de participation qui dilue l’électorat EELV, les indicateurs ne semblent pas au beau fixe pour les défenseurs de l’écologie politique.


