- Baromètre
Ifop de la santé mentale et physique du dirigeant
- Edition 2026 – Focus
causes et impacts des troubles psychologiques
La Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur dévoile les enseignements du 11ème baromètre annuel consacré à la santé mentale et physique des dirigeants de TPE, PME et ETI en France. Réalisée par l’Ifop au printemps 2026 auprès de 1000 dirigeants, cette enquête révèle la résilience de femmes et d’hommes toujours plus nombreux à être touchés par des problèmes de santé. Alors qu’1 dirigeant sur
2 a été
confronté à des souffrances psychologiques, cette édition 2026 livre un
décryptage du lien entre leur santé mentale et leur rôle de dirigeant.
En bonne forme mais
plus nombreux à souffrir de troubles : les dirigeants démontrent leur
résilience
Interrogés sur leur
état de santé, une grande majorité de dirigeants (88 %) se disent globalement
en bonne santé. Un taux qui s’améliore d’année en année pour gagner 10 points
en 10 ans. Une réalité toutefois plus nuancée puisque 85 % de ces mêmes sondés
ressentent au moins un trouble de santé, un chiffre en très nette augmentation
sur ces 5 dernières années (+26 points vs. 2021).
En poste depuis plus de
5 ans, gérant de son activité : un profil type se dessine chez les
entrepreneurs en mauvaise santé
Parmi les 12 % de
dirigeants évoquant un mauvais état de santé général, plusieurs profils sont
surreprésentés par rapport à l’échantillon global :
- 1 sur 4 (24 %) évoluent dans la
construction, alors que cette activité représente 15 % de l’ensemble des sondés
;
- 74 % sont gérants ou
responsables de l’activité (vs. 60 % chez les dirigeants au global) ;
- 58 % détiennent une part du
capital de l’entreprise (vs. 42 % au global) ;
- 85 % dirigent l’activité
depuis plus de 5 ans (vs. 76 % au global).
1 dirigeant sur 2 déjà
confronté à des problèmes de santé mentale, sans distinction de profil
Avec 76 %
d’entrepreneurs en bon état psychologique, cette année marque un retour aux
seuils observés depuis la fin de la crise sanitaire. Sur un an, ce chiffre
progresse nettement (+9 points), après avoir atteint son plus bas niveau (67 %)
en 2025.
Mais avec 24 % de
personnes en situation de mal être et 27 % confiant l’avoir été par le passé, 1
dirigeant sur 2 (51 %) est ou a été confronté à des difficultés psychologiques.
En la matière, tous les profils sont concernés sans distinction d’âge, d’activité,
de fonction ou d’ancienneté.
1 chef d’entreprise sur
2 ressent de l’épuisement, des tensions musculaires ou des troubles du sommeil
La moitié des femmes et
hommes sondés confient ressentir de l’épuisement ou des tensions musculaires.
Ils sont quasi autant (49 %) à évoquer des troubles du sommeil. Sont ensuite
cités les troubles anxieux (43 %) ; le découragement et la perte de motivation
(41 %) ainsi que le sentiment de colère et d’irritabilité (39 %).
Les troubles du sommeil
corrélés à une plus forte exposition aux difficultés du quotidien
Les dirigeants en
manque de sommeil ressentent globalement plus durement les difficultés du
quotidien (santé, relationnel ou gestion de l’entreprise). Certaines sont
nettement plus prégnantes :
- 38 % sont en mauvais
état de santé psychologique (vs. 24 % au global)
- 63 % souffrent de
troubles anxieux (vs. 43 % au global)
- 75 % confrontés au
stress administratif (vs. 64 % en moyenne)
- 67 % en surcharge de
travail (vs. 55 % en moyenne)
- Ils sont moins
nombreux à estimer que leur entreprise se développe bien : 65 % vs. 73 %
Derrière les troubles
psychologiques, moins de bonnes pratiques et plus d’incertitudes
Cette édition 2026
interroge les schémas associés aux troubles de la santé mentale.
Elle révèle tout
d’abord que les personnes en mauvaise santé psychologique ont plus de
difficultés à adopter les « bons réflexes » pour se préserver :
- Plus difficile de
protéger leur équilibre de vie pro/perso : 53 % contre 73 % chez l’ensemble des
dirigeants (- 20 points).
- Moins de déconnexion
des outils numériques : 38 % vs. 53 % (-15 points).
- Et une moindre
pratique sportive régulière : 56 % vs. 67 % (- 11 points).
L’étude tend aussi à
démontrer leur plus forte exposition aux incertitudes et à l’isolement :
- 51 % estiment que
leur entreprise se développe bien vs. 73 % (- 22 points).
- Ils sont moins
nombreux à se dire soutenus par leur équipe : 68 % vs. 77 % ( -9 pts).
- Et ressentent moins
de cohésion avec leurs associés : 37 % vs. 44 % (- 7 pts)
Le stress
administratif, de loin la première source de difficultés quotidiennes pour
l’ensemble des décideurs
Sondés sur les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, 64 % des décideurs ciblent la charge règlementaire et administrative qui pèse sur leurs épaules. Viennent ensuite la surcharge de travail
(citée à 55 %) et l’incertitude économique (54
%).
Les dirigeants en
mauvaise santé psychologique ressentent globalement plus durement les
difficultés du quotidien et en particulier celles qui relèvent des questions
économiques : incertitudes (+ 22 pts vs. Ensemble des dirigeants), climat
anxiogène / manque de visibilité (+ 34 pts), difficultés économiques de
l’entreprise (+ 23 pts).
Charge mentale, manque
de sommeil, hyper connexion : les dirigeants pris dans une « spirale »
La quasi-totalité des
chefs d’entreprise en mauvaise santé psychologique font état de répercussions
directes sur leur vie, tout en minimisant les conséquences sur le plan
professionnel.
Pour aller mieux, 1
dirigeant sur 3 envisagerait de stopper son activité
Interrogés sur les solutions qui pourraient leur permettre d’aller mieux, un tiers (34 %) des dirigeants en souffrance psychologique envisageraient de stopper leur activité. Une majorité privilégie toutefois des solutions pour améliorer leur qualité de vie : pratiquer du sport (cité à 65 %), améliorer leur équilibre de vie et leur sommeil (57%) ou encore se déconnecter plus souvent (56 %).
Conclusion de Sylvie Bonello, Déléguée Générale de la Fondation : « Le mal-être des dirigeants est loin d’être un phénomène isolé et touche tous les profils, sans distinction d’âge, de milieu professionnel, ou d’ancienneté. L’étude nous confirme combien le stress administratif et le manque de sommeil pèsent sur leur qualité de vie. A travers nos rencontres dans les territoires, nous observons que la parole des dirigeants se libère progressivement pour évoquer leur mal-être, mais l’accompagnement est encore loin d’être un réflexe : seuls 28 % des sondés sont ou souhaitent être aidés. Il nous faut lutter contre le fléau de la solitude du dirigeant qui retarde la mise en place des solutions pour aller mieux et durablement. »


