Baromètre EY de l’Attractivité de la France 2026.
Avec 852 projets recensés en 2025, la France reste la première destination européenne des investissements directs étrangers (IDE) pour la 7e année consécutive. En raison de l’instabilité de l’environnement mondial, les investissements internationaux reculent partout, notamment en Europe (-7 % vs. 2024) et en France (-17 %).
Néanmoins la France résiste mieux que la moyenne européenne en matière
d’emplois (-4 % vs. 2024). Si plusieurs industries historiques marquent le pas,
les secteurs d’avenir prennent le relais.
L’attractivité de la
France en quelques chiffres

« La France reste une grande destination d’investissement et maintient sa place de leader en Europe, mais cette position doit être défendue et réinventée en permanence. Le contexte mondial incertain et exigeant peut devenir une opportunité pour la France si elle sait renforcer ses atouts stratégiques, corriger ses fragilités structurelles et s’inscrire pleinement dans une dynamique européenne ambitieuse et souveraine », souligne Jean Roch Varon, Président d’EY France.
« Nous entrons dans une
phase où la prudence s’est installée — la France n’échappe pas à cette nouvelle
normalité : elle reste la première destination en Europe et enregistre de
belles victoires dans l’IA, la logistique ou l’énergie, mais doit faire face à
un marché plus contraint dans l’industrie, qui a besoin de visibilité » décrypte Marc
Lhermitte, associé EY.
La France reste n°1 en Europe, mais son
attractivité est sous pression
• En 2025, pour la 7e
année consécutive, la France est le pays européen qui a attiré le plus grand
nombre d’investissements internationaux (852), devançant le Royaume-Uni (730)
et l’Allemagne (548).
• Toutefois, le nombre
de projets en France chute de 17 % sur un an, une baisse plus marquée qu’au
Royaume-Uni (-14 %) et en Allemagne (-10 %), dans un contexte mondial en repli.
• En 2025, les projets
d’IDE en France ont généré près de 27 921 emplois ( -4 % vs. 2024), une baisse
bien moins marquée qu’en Europe (-25 % en moyenne). Cette performance repose
sur une forte concentration : 5 % des projets ont créé 50 % des créations d’emplois,
notamment dans la logistique.
• De nouveaux pôles
d’attractivité émergent : l’intelligence artificielle, l’énergie bas-carbone,
mais aussi la défense, la logistique et les logiciels. La France se positionne
comme un acteur majeur en Europe dans l’IA, avec plus d’une cinquantaine de projets
(53) en 2025 dont 36 % dans des data centers. Les investissements dans
l’énergie affichent une très bonne dynamique, avec 22 projets liés à la
production d’énergie bas-carbone.
• En dépit de l’essoufflement de la réindustrialisation, en particulier dans les secteurs touchés par des mutations profondes et l’envolée des coûts énergétiques (automobile, chimie, métallurgie…), et de la chute du nombre d’usines implantées ou agrandies en 2025 (354, -15 % vs. 2024), la France reste la
1ère
destination européenne des IDE industriels.
• Sur le plan
territorial, l’Île-de-France reste la première région d’accueil avec 233
investissements étrangers en 2025, devant Auvergne Rhône Alpes (137), la région
Grand-Est (88) et les Hauts-de-France (80), ces quatre territoires figurant
parmi les 15 principales régions d’accueil d’IDE en Europe.
L’Europe décroche plus
fortement que les autres régions du monde
• Dans les 47 pays européens observés par EY, l’Europe recense 5 026 IDE en 2025, une baisse de
7
% par rapport à l’année précédente. L’emploi généré par ces IDE recule
fortement, avec un peu plus de 200 000 emplois (-25 % vs. 2024).
• L’Europe est loin
d’être épargnée par les soubresauts de l’environnement international : les
tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et le ralentissement
économique réduisent et impactent leurs engagements, avec des décisions plus
sélectives, plus lentes et plus exigeantes.
• Dans le même temps,
la concurrence intra-européenne s’intensifie : plusieurs pays d’Europe du Sud
et d’Europe centrale (Espagne, Pologne et la Turquie, désormais) gagnent en
attractivité.
• La France est
particulièrement touchée par le net recul des investissements américains et
allemands en Europe, dont les volumes ont été divisés par deux depuis 2022,
sous l’effet combiné des politiques mises en œuvre aux États-Unis pour
favoriser les investissements domestiques, et du ralentissement marqué de
l’économie allemande.
Compétitivité,
visibilité, stabilité : la vision des dirigeants internationaux pour la France
• À court terme, le
climat de l’investissement reste marqué par une forte prudence : en mars 2026,
seuls 57 % des dirigeants interrogés envisagent d’investir en France d’ici un
an, un niveau inférieur à celui observé ces dernières années.
• Parce que notre
enquête de terrain a été réalisée entre le 13 février et le 13 mars 2026, les
effets de la crise au Moyen-Orient ne sont pas encore perceptibles. Ils
devraient l’être à partir du second semestre 2026.
• À moyen terme, 69 %
des investisseurs anticipent un « retour à la normale » d’ici deux ou trois
ans, signe d’une confiance fragilisée mais non remise en cause sur le fond.
• Les investisseurs
reconnaissent nos atouts : taille du marché, capacité d’innovation, qualité des
infrastructures et accès à une énergie décarbonée. Ceci explique en grande
partie que 38 % des dirigeants interrogés citent la France comme « le pays le plus
attractif d’Europe », devant l’Allemagne et le Royaume-Uni (31 % chacun). Un
résultat qui confirme la solidité de nos avantages compétitifs autant que les
difficultés politiques et économiques éprouvées par nos voisins et concurrents.
• Ces atouts ne
suffisent plus, à eux seuls, à emporter les arbitrages sur les grands projets
industriels et même sur les centres de R&D : compétitivité-coût, simplicité
administrative, stabilité réglementaire et lisibilité de l’action publique sont
les principaux handicaps concurrentiels de la France selon les dirigeants
interrogés.
La France est à l’heure des choix. Pour conserver sa place de leader en Europe, elle se doit de rassurer, de garantir la stabilité de son environnement réglementaire, social et fiscal, conditions immédiates du maintien de la confiance et de l’investissement. Sa feuille de route est claire. C’est en restant compétitive et en assumant une stratégie industrielle et technologique ambitieuse que la France restera la destination privilégiée des IDE internationaux et attirera la prochaine génération des investissements industriels et technologiques.


