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[Expertises] Inondations : l’agent immobilier, un acteur clé pour gérer l’après-sinistre

La Cour des comptes vient de tirer la sonnette d’alarme : le régime d’assurance catastrophes naturelles (CatNat) est financièrement menacé par le changement climatique.

En 2024, 2,1 milliards d’euros de dommages ont été couverts par le régime. À l’horizon 2050, les sinistres pourraient bondir de 47 % à 85 %. Dans ce contexte inédit où les catastrophes naturelles comme les inondations impactent de plus en plus les logements, les agents immobiliers jouent un rôle pivot pour accompagner locataires et propriétaires après un sinistre.


Témoignage de Sebastien Blanvillain, directeur de 26 agences à Angers et sa région, frappée par les crues de la Maine en février 2026.

 

La publication d’un rapport de la Cour des Comptes alertant sur la menace de l’équilibre du "régime CatNat". 


Créé en 1982, le régime CatNat a été mis en place en France pour compenser les dégâts causés par les catastrophes naturelles d'intensité exceptionnelle — inondations, sécheresses, tempêtes — lorsque les assureurs privés seuls ne peuvent pas couvrir les risques. Il fonctionne via une surprime obligatoire ajoutée à chaque contrat d'assurance habitation. À ce jour, le régime a couvert 3,6 millions de sinistres pour plus de 50 milliards d'euros, et 99 % des communes françaises ont été reconnues au moins une fois en état de catastrophe naturelle. Si son efficacité est indéniable, sa soutenabilité financière est aujourd'hui fragilisée par la multiplication et l'intensification des événements climatiques.

 

Dans son rapport publié le 27 avril 2026, la Cour des comptes pointe une dégradation structurelle du régime. En 2024, 2,2 milliards d’euros de primes ont été encaissées pour 2,1 milliards de dommages couverts, dont 1,3 milliard lié aux seules inondations. Les dommages liés à la sécheresse atteignent désormais 1,35 milliard d’euros par an en moyenne ces 5 dernières années. Pour faire face à la hausse prévisible des dépenses dans les années futures, la surprime CatNat a été augmentée de 60 %, passant de 25 € à 40 €, et elle est appelée à croître encore : à l’horizon 2050, la Caisse centrale de réassurance estime que les sinistres pourraient augmenter de 47 % à 85 % selon les scénarios climatiques…

 

Dans ce contexte, l’Adresse revient sur les inondations de la Maine en février 2026, l’impact qu’il y a eu sur les habitants de la région, notamment sur leur logement, qu’ils soient propriétaires ou locataires, et le rôle des agents immobiliers dans ces situations exceptionnelles, qui pourraient moins l’être dans les prochaines années.

 

Des inondations de la Maine qui ont fortement impacté les habitants de la région

 

La crue de la Maine qui a début mi-février 2026, a inondé plusieurs quartiers d’Angers et des communes voisines comme Cheffes-sur-Sarthe, Briollay, Le Lion d’Angers, les Ponts-de-Cé, pour ne citer que ces villes. Des centaines d’habitants ont dû quitter leur logement en urgence et plusieurs dizaines ont vu leur maison ou appartement inondés, avec des dégradations qui les impactent encore aujourd’hui.

 

Par arrêté du 24 février 2026, puis du 3 mars 2026, l'état de catastrophe naturelle a été reconnu pour près de 85 communes du Maine-et-Loire, permettant de déclencher le régime CatNat… Pour autant dans les faits, deux mois après cet évènement climatique exceptionnel, la situation des habitants n’est pas réglée, comme le constate sur le terrain les équipes de l’Adresse Anjou Maine, à leurs côtés pour les accompagner. « Depuis les inondations de mi-février, nous gérons simultanément des locataires qui ont dû quitter leur logement et souhaitent se reloger, des propriétaires qui ne sont pas forcément indemnisés, et des vendeurs qui peinent à avancer dans leurs transactions en raison des craintes des acheteurs potentiels. Dans ces situations exceptionnelles, nous devenons un point de contact entre les propriétaires et locataires et un tiers de confiance essentiel » explique Sébastien Blanvillain, directeur général de l’Adresse Anjou Maine qui compte plus de 25 agences immobilières dans la région, spécialiste de la location, gestion et transaction.

 

Un rôle de l’agent immobilier essentiel pour les locataires comme les propriétaires, mais aussi pour les vendeurs comme les acheteurs

 

Si les assureurs et l'État prennent en charge l'indemnisation financière, au quotidien, c'est souvent l'agent immobilier qui gère concrètement les situations des sinistrés concernant leur logement et les solutions à trouver. « Informer un locataire sur ses droits, lui trouver parfois un autre logement, se coordonner avec le propriétaire bailleur, orienter vers les bons interlocuteurs, suivre les dossiers en attente d'expertise, conseiller sur le timing d'une vente ou rassurer un acheteur sur la solidité juridique de son compromis… voici ce que nous faisons au quotidien depuis deux mois pour nos clients sinistrés. Nous sommes souvent le premier point de contact des personnes concernées pour effectuer toutes ces démarches pratiques » détaille Sebastien Blanvillain.

 

Pour les locataires : sécuriser les droits, accélérer le relogement

 

Lorsqu’un logement est inondé, le locataire est en droit de suspendre — partiellement ou totalement — le paiement de son loyer. L’agent immobilier gérant le bien est ainsi le premier interlocuteur pour faire valoir ce droit et se coordonner avec le bailleur, qui lui, va subir une perte de loyer. Dans ce cadre, une expertise doit être faite pour la prise en charge de l’assurance avec des délais qui peuvent atteindre

2 à 3 semaines entre la déclaration de sinistre et le rendez-vous avec l’expert. L’agent immobilier suit l’avancée des démarches, relance et informe le locataire. D’autant qu’aucune obligation légale de relogement ne pèse sur le propriétaire… « Il nous arrive de mobiliser notre réseau pour trouver des solutions concrètes pour trouver un autre logement et informer le locataire de ses droits. Son assurance peut, selon les garanties souscrites, couvrir les frais de relogement temporaire… Ce point est souvent méconnu, c’est pourquoi nous vérifions toutes les clauses et accompagnons au mieux nos clients » poursuit Sebastien Blanvillain.

 

Pour les propriétaires bailleurs : naviguer entre assurance et travaux

 

Dans ces cas de sinistres, les propriétaires bailleurs font face à une double incertitude concernant les délais d’indemnisation et les délais d’intervention des artisans pour remettre le logement en état. Près de trois mois après les crues angevines, certains logements commencent seulement à recevoir des assécheurs « professionnels », sans qu’aucun chantier n’ait démarré. L’assurance PNO (Propriétaire Non Occupant) peut prendre en charge les loyers suspendus et les travaux — à condition que les garanties souscrites le prévoient. Or tous les propriétaires ne sont pas couverts : certaines polices comportent des exclusions ou des plafonds insuffisants. « Lors des dernières inondations, certains propriétaires ont découvert les limites de leur assurance au pire moment. Notre rôle est aussi de les accompagner dans la lecture de leur contrat notamment la partie sur la perte locative, les aider à comprendre leurs droits, les orienter vers les bons interlocuteurs et prioriser les démarches pour gérer au mieux la situation dans un moment de stress » complète Sébastien Blanvillain.

 

Pour les vendeurs et les acheteurs : sécuriser les transactions, maintenir la confiance

 

La question de l’impact des inondations se pose également pour les achats ou les ventes qui étaient en cours. Les inondations ne permettent pas aux acheteurs de se rétracter d’un compromis signé avant le sinistre. En effet, un bien partiellement inondé sous compromis au moment des inondations ne constitue pas une cause légale de résiliation si la zone était bien entendu notifiée dans le compromis comme étant dans un secteur défini comme inondable. L’agent joue ici un rôle clé : informer, rassurer et accompagner chaque partie dans la légalité. « Concernant les mises en vente, même sur un marché dynamique, sur les biens sinistrés, les mises en vente sont forcément ralenties. En effet, il est difficile de valoriser un bien encore en phase de séchage... Nous conseillons alors nos clients vendeurs sur le moment opportun pour remettre leur bien sur le marché et rassurons nos clients acheteurs sur le marché angevin qui reste très attractif, avec un impact sur les prix qui ne se fait pas encore sentir » résume Sebastien Blanvillain.

 

« Les catastrophes naturelles ne sont plus des événements rares et localisés. Elles font désormais partie du risque immobilier permanent. Les collaborateurs de l’Adresse sont formés pour accompagner leurs clients dans ces moments difficiles : connaître les droits, orienter vers les bons professionnels de l’assurance et du bâtiment, et sécuriser les transactions. C’est cela, l’immobilier coopératif : être à la fois dans la proximité et l’humanité » conclut Brice Cardi, président de l’Adresse.

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