Après une année 2025 particulièrement
dégradée, le premier trimestre 2026 tarde à montrer des signes tangibles de
reprise : l’activité des entreprises artisanales du bâtiment est toujours en
baisse. Cette conjoncture défavorable est, de surcroit, aggravée par les
conséquences de la guerre au Moyen-Orient qui provoque une remontée brutale des
prix de l’énergie et des matériaux. Pour les artisans du bâtiment, c’est la
crise de trop.
La CAPEB appelle les
pouvoirs publics à agir sans attendre un recul plus grave encore et dont le
secteur ne se relèverait pas.
Une activité en berne,
à nouveau fragilisée par la crise internationale
Au premier trimestre
2026, l’activité des entreprises artisanales du bâtiment recule encore de 1,5%
en glissement annuel. Le recul atteint -2,5 % dans le neuf et -1 % en
entretien-amélioration. Les carnets de commandes s’établissent à 80 jours de
travail.
Les travaux de
rénovation énergétique, pourtant essentiels pour soutenir l’activité,
poursuivent leur recul à -1,5 % pour le sixième trimestre consécutif. Et si
certains indicateurs immobiliers se redressent — ventes dans l’ancien, crédits
à l’habitat, autorisations et mises en chantier, ils ne se traduisent pas par
une amélioration de l’activité des entreprises artisanales.
Un nouveau choc sur les
coûts : la crise de trop pour les entreprises artisanales
Dans ce contexte
dégradé, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ravivent fortement la
volatilité des prix de l’énergie et des matières premières. Ainsi, 3 artisans
sur 10 déclarent déjà un impact important ou très important de la hausse des
prix du pétrole. Dans 85 % des cas, ce sont les déplacements vers les chantiers
qui sont directement affectés ; dans 44 % des cas, les hausses se diffusent via
les fournisseurs, les coûts de transport et les matériaux.
Les entreprises
artisanales se retrouvent une nouvelle fois exposées à un choc extérieur
qu’elles ne maîtrisent pas. Pour beaucoup, il s’agit de la crise de trop, qui
s’ajoute à plusieurs années de repli et qui réveille de mauvais souvenirs, la
guerre d’Ukraine ayant provoqué en 2022 une hausse moyenne des prix de 30 % qui
a été suivie par deux années de récession.
En ce début 2026, les
équilibres économiques se détériorent : le solde d’opinion sur la trésorerie
recule à -18 points, 25 % des entreprises expriment des besoins de financement
(24 000 euros en moyenne), et 19 % constatent une baisse de leurs marges, contre
seulement 6 % une hausse. Dans 67 % des cas, cette dégradation est directement
liée à la hausse des coûts. Les entreprises artisanales ne peuvent plus
absorber ces chocs à répétition.
L’emploi confirme cette
évolution préoccupante. Fin 2025, environ 12 200 emplois ont été détruits sur
un an dans les entreprises de moins de 10 salariés. Les perspectives restent
orientées à la baisse, avec davantage d’entreprises envisageant de réduire leurs
effectifs que d’en recruter.
« Les dernières données
conjoncturelles montrent que nous sommes à un point de bascule. L’activité,
déjà orientée à la baisse depuis des mois, est fortement pénalisée par la
réalité des coûts qui repartent fortement à la hausse. Avec les tensions
actuelles au Moyen-Orient, nos entreprises subissent un nouveau choc qu’elles
ne peuvent plus absorber. C’est la crise de trop. Les indicateurs invitent à
agir immédiatement pour éviter l’enlisement des entreprises artisanales du
bâtiment dans le marasme économique et leur permettre de retrouver une activité
dynamique et créatrice d’emplois. Les échanges engagés à Matignon ce lundi 27
avril sont un signal positif, mais ils doivent désormais se traduire sans délai
par des mesures concrètes et efficaces. », conclut Jean-Christophe Repon,
Président de la CAPEB.
Pour la CAPEB, le constat est sans appel : sans réponses rapides et lisibles des pouvoirs publics, le frémissement observé en ce début d’année pourrait être rapidement anéanti. Le risque est désormais celui d’un arrêt brutal de toute perspective de redressement du secteur.


