83e baromètre de conjoncture Fiducial des
TPE - 1er trimestre 2026.
Hausse du coût de l’énergie, hausse des prix d’achats et baisse de la
demande : ils sont contraints d’anticiper les conséquences sur leur activité
La 83ème vague du Baromètre des TPE, enquête trimestrielle menée par
l’IFOP pour Fiducial auprès de 1 001 dirigeants de TPE dépeint un climat des
affaires qui demeure incertain pour les TPE. De nombreux dirigeants sont
préoccupés par le contexte international actuel. Ils redoutent les conséquences
négatives de ce dernier sur leur activité : hausse du coût de l’énergie, hausse
des prix d’achats, baisse de la demande… Par conséquent, les chefs d’entreprise
ont déjà pris certaines mesures, ou envisagent de le faire : réduction des
dépenses, report de certains investissements, répercussion de la hausse des
coûts sur les prix de vente.
Une instabilité internationale qui préoccupe les TPE françaises
Bien que les échanges commerciaux des TPE se concentrent majoritairement
au sein de l’Europe, l’instabilité au Moyen-Orient préoccupe vivement les
dirigeants. Face aux incertitudes qui pèsent sur l’échiquier mondial, 82 % des
patrons de TPE sont préoccupés par la situation internationale, caractérisée
par les conflits successifs au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine et la
politique offensive des États-Unis sur la scène internationale. Une
préoccupation d’autant plus forte chez les entreprises comptant davantage de
salariés et chez celles ayant un chiffre d’affaires plus élevé : 89 % des
patrons d’entreprise de 10 à 19 salariés se disent préoccupés (vs. 80 % des
patrons sans salariés), tout comme 86 % des TPE réalisant un chiffre d’affaires
de plus d’un million d’euros (vs. 78 % des TPE réalisant un chiffre d’affaires
compris entre 50 000 et 100 000 euros).
Ces niveaux sont majoritairement corrélés aux pratiques d’exportation : les TPE du secteur de l’industrie, dont 32 % exportent, sont 91 % à se dire préoccupées. Les secteurs du BTP et des services aux particuliers, qui exportent relativement peu, affichent des niveaux de préoccupation plus faible (respectivement 75 % et 73 %). Au global, 91 % des TPE exportatrices se disent préoccupées
(vs. 82 % en moyenne).
Parmi les sujets internationaux les plus préoccupants pour l’état de
leurs affaires, 60 % s’inquiètent des guerres successives au Moyen-Orient, avec
leurs effets sur le commerce international et le transit des navires
pétroliers. Dans une moindre mesure, les dirigeants de TPE citent la guerre
menée par la Russie en Ukraine (31%) ou la politique étrangère offensive des
États-Unis au global (25%).
Les TPE redoutent des conséquences importantes sur leur activité
Une majorité des dirigeants de TPE (84 %) anticipent des répercussions
négatives fortes de la situation internationale dans les 6 prochains mois sur
leur écosystème.
66 % anticipent des répercussions sur leur secteur d’activité, mais aussi sur leur propre activité
(63 %) et celle de leurs fournisseurs et
sous-traitants (63 %).
Parmi ces répercussions, au cours des 6 prochains mois, les patrons
craignent des hausses de prix : une hausse du coût de l’énergie pour 46 %
d’entre eux et une hausse des prix de leurs achats (services, fournitures ou
matières premières) pour 43 %. Ils craignent aussi un recul de leur activité :
près d’un tiers redoute une baisse de la demande (35 %) et une baisse de leur
chiffre d’affaires (33 %).
Les principaux éléments susceptibles d’impacter l’activité des TPE au
cours des 6 prochains mois
90 % des TPE réagissent pour prendre des mesures face au ontext
international
Toujours dans une posture de résilience, les patrons de TPE restent
proactifs face aux crises puisque la majorité d’entre eux (90 %) ont pris ou
envisagent de prendre au moins une mesure du fait du contexte international
(+11 points vs. mars 2023).
La prise de différentes mesures ou l’intention de le faire prochainement du fait du contexte international

Ainsi, la réduction des dépenses (70 %) de leur entreprise apparaît
comme la première mesure à prendre face à la flambée des prix.
Le report d’investissements (56 %) et la répercussion de la hausse des
coûts sur le prix de vente (55 %) arrivent en suivant. Cette dernière mesure
présentant le risque de créer une nouvelle spirale inflationniste. La prise de différentes mesures ou
l’intention de le faire prochainement du fait du contexte international
Face à la hausse des prix du carburant, 90 % des dirigeants concernés
ont pris ou envisagent de prendre au moins une mesure. Pour amortir cette hausse, ils
rationalisent leur activité : 63 % des TPE regroupent ou ont l’intention de
regrouper leurs déplacements, livraisons ou rendez-vous, et 54 % réduisent ou
ont l’intention de réduire certains déplacements professionnels.
Cependant, les chefs d’entreprise interrogés mettent également en avant
le fait, ou l’intention, de répercuter la hausse sur le prix (49 %), de devoir
refuser certaines missions trop coûteuses en carburant (42 %) et de reporter
l’achat ou le renouvellement d’un véhicule (42 %).
La prise de différentes mesures ou l’intention de le faire prochainement du fait de la hausse des prix du carburant.

Les attentes à l’égard du gouvernement pour soutenir l’activité
économique des TPE
Dans ce contexte, les dirigeants de TPE attendent également un soutien
du gouvernement, prioritairement sous la forme d’allègements des charges
sociales : 49 % attendent une baisse des charges sociales sur les salaires et
49 % attendent une baisse des cotisations patronales pour les aider. Des
mesures davantage citées que la mise en place d’un bouclier tarifaire sur les
prix de l’énergie (33 %) et que le gel des taxes sur les entreprises (24 %).
Un pessimisme des affaires au plus haut niveau
En parallèle d’une situation internationale mouvementée, la confiance
dans le gouvernement ne s’améliore que légèrement : 84 % (-3 points vs. T4
2025) n’ont pas confiance dans les mesures et actions économiques annoncées ou
mises en place par Emmanuel Macron et son gouvernement.
Du côté des affaires, le niveau de pessimisme des patrons par rapport à
leur propre activité continue de progresser pour s’établir à 60 % (+6 points
vs. T4 2025), dans un contexte international chahuté et ayant entraîné une
hausse des prix de l’énergie. Ce niveau peut s’expliquer notamment par les
difficultés financières rencontrées : près d’une TPE sur deux (46 %) est
concernée (+5 points vs. T4 2025).
En parallèle, le pessimisme relatif au climat général des affaires en
France reste lui aussi élevé (83 %).
Enfin, sur la question de l’emploi, les embauches et la suppression de postes se stabilisent. En parallèle,
15 % des patrons déclarent avoir 1 ou plusieurs postes vacants dans leur entreprise (+7 points vs. T4 2025).


