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[Expertises] Salariés aidants - quels nouveaux dispositifs mis en place par les entreprises

60% des salariés aidants n’ont jamais parlé de leur situation au travail, notamment par crainte d’être stigmatisés ou pénalisés dans leur parcours professionnel. Ce silence a un coût humain et économique que les entreprises ne peuvent plus ignorer, alors qu’un salarié sur cinq est aujourd’hui aidant et que ce sera le cas pour un sur quatre d’ici 2030.

 

Face à cette réalité, certaines organisations pionnières expérimentent de nouveaux dispositifs pour accompagner plus efficacement les salariés aidants.

 

Parmi ces nouvelles initiatives

 

• La mise en place d’un référent aidant ou d’un guichet unique pour faciliter l’accès aux aides, orienter et accompagner les salariés dans leurs démarches, et leur offrir un point d’entrée clair et confidentiel. Une étape clé pour rendre le sujet visible et accessible.

 

• Aller au-delà du cadre légal sur les congés aidants

Si des dispositifs existent (allocation journalière du proche aidant, de solidarité familiale, de présence parentale), leur indemnisation reste limitée, générant un manque à gagner important pour les salariés. Certaines entreprises commencent à combler ce vide en proposant des congés aidants mieux rémunérés, via des accords internes ou de branche. L’employeur propose ainsi de compenser la perte de salaire selon le modèle suivant : 100% du salaire le premier mois, 75% le 2ème mois et 50% le 3ème mois, en complément des allocations publiques. Ces pratiques restent encore rares, mais traduisent une évolution notable des politiques sociales.

 

• Introduire davantage de souplesse dans l’organisation du travail

Au-delà du télétravail, des mesures plus avancées se développent :

- jours d’absence autorisés et rémunérés, fractionnables à la demi-journée ;

- possibilité de temps partiel compensé à 100% par l’employeur ;

- adaptation temporaire du temps et de la charge de travail.

Ces dispositifs permettent de répondre plus finement aux contraintes du quotidien des aidants.

 

• Renforcer les mécanismes de solidarité interne

Certaines entreprises structurent des dispositifs collectifs pour soutenir les aidants :

- dons de jours de repos abondés par l’employeur ;

- fonds de solidarité interne permettant d’accéder à des aides financières ou à des jours supplémentaires ;

- participation au financement de services à la personne, notamment via le CESU.

Ces approches traduisent une volonté d’inscrire l’aidance dans une logique de solidarité d’entreprise.

 

• S’appuyer sur des services externes pour alléger la charge mentale

Enfin, le recours à des solutions d’accompagnement spécialisées se développe. Elles permettent aux salariés de déléguer certaines démarches (administratives, organisationnelles) ou d’accéder à un soutien psychologique, contribuant à réduire concrètement la pression quotidienne.

Malgré ces avancées, ces initiatives restent encore limitées. Le manque de visibilité du phénomène, l’absence de cadre légal incitatif fort, contrairement à d’autres sujets comme le handicap, et la question des coûts freinent encore leur généralisation. Pourtant, les entreprises qui s’engagent ouvrent la voie à une transformation plus profonde : faire de l’aidance un enjeu pleinement intégré aux politiques RH, à la qualité de vie au travail et à la performance collective.

 

L’aidance est un angle mort de la diversité : invisible mais déjà présente dans les équipes. L’accompagnement des salariés aidants doit pleinement s’inscrire dans une démarche de diversité et d’inclusion. Les salariés aidants ne constituent pas un nouveau critère mais une réalité transverse touchant plusieurs des 21 critères de non-discrimination déjà reconnus (âge, santé mentale, handicap, genre, situation de famille). Le rôle d’aidant renforce les inégalités au travail.

 

On ne peut être inclusif si on ignore une réalité qui touche déjà 20% de ses collaborateurs. Reconnaître les salariés aidants, c’est reconnaître des situations de vie au sein de l’entreprise, c’est non seulement permettre d’améliorer leur bien-être mais aussi l’équité en adaptant les conditions de travail donnant à chacun les moyens de réussir dans son emploi.

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