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[Etudes] Réforme de la Facturation électronique : les TPE françaises entre inquiétude et impréparation

« Sondage OpinionWay pour Tiime ».

 

4 TPE sur 10 seront en retard en septembre

La réforme de la facturation électronique, tout le monde en a entendu parler… mais bien moins nombreux sont ceux qui s'y préparent vraiment. Toutes les entreprises assujetties à la TVA devront, en effet, être en mesure de recevoir des factures électroniques dès le 1ᵉʳ septembre 2026. Or, 37 % des dirigeants de TPE prévoient de s’y intéresser… une fois seulement l’entrée en vigueur de la réforme (sic). Et dans certains secteurs, la situation est encore plus critique.


Tiime, plateforme agréée (PA) de facturation électronique, fait le point sur ce sujet brûlant à la lumière des résultats d’une enquête réalisée par OpinionWay auprès de 607 dirigeants d’entreprises françaises de moins de 20 salariés.

 

Une réforme connue… à moitié seulement !

 

Certes, 86 % des dirigeants interrogés déclarent avoir entendu parler de la réforme. Mais notoriété ne vaut pas maîtrise : seuls 35 % d’entre eux, en effet, en connaissent précisément le contenu. Les 51 % restants oscillent entre connaissance approximative (24 %) et simple exposition sans compréhension réelle des obligations (27 %).

 

Parmi celles-ci, l’une reste particulièrement dans l’angle mort : l’obligation de réception. Dès le 1ᵉʳ septembre 2026, sans attendre l’échéance d’émission prévue pour 2027, toute entreprise devra pouvoir recevoir des factures au format électronique via une plateforme agréée. Or seuls 68 % des dirigeants se sentent concernés par cette obligation de réception, et le taux chute à 58 % dans le commerce et 58 % dans les services aux particuliers.

 

Commerce et BtoC : les secteurs les plus exposés

 

Les données sectorielles révèlent des écarts significatifs. Si l’industrie et la construction s’en sortent mieux (respectivement 74 % et 63 % pensent choisir leur plateforme agréée à temps), le commerce et les services aux particuliers sont nettement en retrait : seuls 49 % dans chacun de ces deux secteurs estiment « être dans les clous ».

 

L’état d’esprit confirme ce décrochage. Dans le commerce, l’indifférence (24 %) et la colère (13 %) dominent, avec un enthousiasme tombé à 6 %. Dans les services aux particuliers, l’indifférence culmine à 30 % et l’enthousiasme à 5 %.

 

Pourquoi ? Défiance, complexité perçue et attentisme

 

Derrière les chiffres, trois ressorts se dégagent clairement.

- La réforme est perçue avant tout comme une charge. Seuls 20 % des dirigeants y voient une opportunité pour leur activité alors que 66 % estiment qu’elle va alourdir leur charge administrative.

Ce sentiment est particulièrement prononcé dans les micro-entreprises (78 %), qui constituent pourtant l’essentiel du tissu économique concerné.

- La défiance vis-à-vis de l’État est factuelle. 53 % des chefs d’entreprise déclarent ne pas souhaiter partager leurs données d’activité avec l’administration. Ce chiffre monte même jusqu’à 64 % chez les micro-entrepreneurs ; la facturation électronique restant, aux yeux d’une majorité de TPE, avant tout un instrument de contrôle fiscal. 

- L’attentisme est structurel. 37 % prévoient de s’équiper « après » l’échéance. Un comportement classique chez les TPE face aux événements réglementaires, amplifié ici par les reports successifs de la réforme, qui ont installé un sentiment diffus que « ça peut encore attendre ».

 

Ce qui attend ceux qui tardent : un goulot d’étranglement annoncé

 

Si seulement 25 % des dirigeants déclarent avoir déjà choisi leur PA, ils sont 60 % à s’imaginer pouvoir être prêts à temps pour la réforme. Mais les conséquences de cet attentisme massif se profilent déjà.


Parmi ceux qui n’ont pas encore choisi leur solution :

• 13 % entendent procrastiner jusqu’à septembre 2026, soit la dernière semaine avant la date limite.

Les plateformes agréées pourraient ainsi faire face à un risque de saturation. Un afflux concentré sur août-septembre augmentera les choix par défaut, faute de temps pour comparer les offres. 

• Les experts-comptables, premier relais d’information (48 % des dirigeants les citent comme principaux prescripteurs), vont subir une montée en pression à l’approche de l’échéance, au moment même où ils auront à accompagner simultanément des centaines de clients.

 

Enfin, 42 % des entreprises déjà équipées d’un outil numérique n’ont pas encore de solution compatible. Pour elles, la transition implique un changement d’outil, pas seulement un paramétrage.

 

Maxime Digue, cofondateur et Directeur général de Tiime, conclut : « On se dirige vers un embouteillage massif à la rentrée. Beaucoup de dirigeants attendent encore, alors même que les délais techniques sont incompressibles. Ce que révèle ce sondage, c’est aussi que la réforme reste perçue comme une contrainte fiscale, et non pas comme ce qu’elle pourrait être : un accélérateur de trésorerie et un bon outil de simplification administrative. Dans ce contexte, les solutions simples et immédiatement opérationnelles vont faire la différence. »

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