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[Etudes] Extinction du tissu économique : les dirigeants des TPE ne vivent plus de leur travail

Le Syndicat des Indépendants et des TPE publie les résultats de son enquête annuelle

menée auprès de 1 679 dirigeants de très petites entreprises entre le 29 décembre 2025 et le

5 janvier 2026.

 

Cette enquête dresse un constat clair. L’année 2025 marque une rupture économique pour les très petites entreprises. Il ne s’agit plus d’une simple dégradation conjoncturelle mais d’un affaiblissement structurel du modèle économique de la proximité.

 

En témoignent la progression continue des défaillances sur les quatre dernières années ainsi que celle des cessations volontaires d’activité.

 

Les très petites entreprises représentent près de 95 % du tissu économique français et constituent le socle de l’emploi et de l’activité dans les territoires. Leur fragilisation dépasse donc largement le cadre entrepreneurial et pose une question centrale pour l’économie réelle l’emploi local et la vitalité des territoires.

 

Activité et rentabilité des TPE en baisse

 

Plus de 56% des dirigeants interrogés déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires en 2025 par rapport à 2024. Surtout la rentabilité ne progresse plus. Les hausses de marge restent très marginales et ne concernent que 7 % à 8 % des répondants tandis que près de 60 % déclarent une marge nette stable ou en baisse.

 

Ce décalage met en évidence un phénomène central. La valeur ajoutée produite par les TPE ne couvre plus l’ensemble des coûts. La hausse des charges des coûts de l’énergie et des matières premières n’est plus compensée par l’activité.

 

Situation personnelle des dirigeants dégradée

 

Cette pression économique se répercute directement sur la rémunération des dirigeants. En 2025 plus de 53 % déclarent une rémunération mensuelle inférieure au SMIC. Pour beaucoup la baisse des revenus personnels apparaît comme la seule variable d’ajustement permettant de maintenir l’activité.

 

Les dirigeants de TPE continuent de travailler mais ne vivent plus de leur travail.

Emploi- recrutement en panne

 

Dans ce contexte les projets de recrutement sont largement gelés. 82 % des dirigeants n’envisagent aucune création de poste en 2026.

 

Accès au crédit en baisse et autocensure bancaire

 

L’enquête met également en évidence une montée de l’autocensure bancaire. 24 % des dirigeants ont renoncé à solliciter un crédit au cours des derniers mois par anticipation d’un refus.

 

Cette prudence financière limite fortement la capacité des entreprises à investir à se projeter et à se développer.

 

Les taux d’acceptation des crédits de trésorerie et immobiliers sont en baisse selon les dirigeants interrogés.

 

Charges administratives et environnement réglementaire : la facturation électronique anxiogène et coûteuse

 

La complexité administrative est identifiée comme un frein majeur par 62 % des répondants. La généralisation de la facturation électronique est perçue par une large majorité comme une contrainte supplémentaire générant des coûts récurrents et du temps administratif sans gain immédiat de productivité.

 

Intelligence artificielle : une adoption encore timide

 

L’enquête montre que l’intelligence artificielle commence à s’installer dans les pratiques des TPE.

40% des dirigeants déclarent utiliser un outil d’IA dans le cadre de leur activité professionnelle, principalement des solutions généralistes. Les usages sont majoritairement orientés vers des tâches de rédaction, de gestion ou d’organisation, avec une fréquence régulière pour une majorité d’utilisateurs.

 

Cette adoption traduit une volonté d’autonomisation et de simplification face à la charge administrative et à la pression économique. Elle reste toutefois contrainte par le manque de temps, de moyens financiers et par une faible valeur ajoutée dégagée par l’activité. Pour les TPE, l’IA apparaît moins comme un levier de transformation que comme un outil de compensation dans un environnement devenu plus complexe.

 

Incivilités et insécurité

 

Par ailleurs l’insécurité apparaît désormais comme un facteur économique à part entière.

69% des dirigeants constatent une augmentation des incivilités ou actes de délinquance avec des impacts directs sur la fréquentation les coûts de protection et les décisions d’investissement.

 

État d’esprit et perspectives

 

L’état d’esprit des dirigeants constitue l’un des signaux les plus préoccupants de l’enquête.

96% se déclarent épuisés inquiets ou découragés. Dans ces conditions 21 % envisagent une cessation d’activité au cours du premier semestre 2026. Ces cessations sont majoritairement volontaires et liées au manque de rentabilité au poids des charges et à l’épuisement personnel.

 

La sortie de l’activité devient une décision rationnelle et non un échec.

 

Un enjeu économique et politique national

 

Longtemps considérées comme un problème propre aux plus petites structures les défaillances d’entreprises apparaissent désormais sous un jour différent. L’année 2025 marque un tournant avec une extension des difficultés aux PME et aux ETI. Ce constat confirme que la fragilisation des TPE n’est ni marginale ni sectorielle mais révèle un problème économique et politique de fond pour le pays.

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