Les institutions financières internationales tirent la sonnette d’alarme face à la montée en puissance de la fraude pilotée par l’IA.
Une nouvelle étude menée par BioCatch, spécialiste de la prévention de la fraude par l'analyse
des comportements humains, confirme l'urgence de la situation. Elle s'appuie sur l'avis de
1 440 experts en gestion de la fraude, en lutte contre le blanchiment (LCB) et en conformité, répartis dans 25 pays.
Le verdict est sans appel : les agents IA constituent la plus grande vulnérabilité pour l'année
à venir.
Les données révèlent une mutation profonde de la menace :
• Vulnérabilité critique : 84 % des répondants classent les agents IA comme leur principal risque
de sécurité. 80 % des institutions confirment avoir déjà subi des attaques
exploitant l'IA agentique.
• Complexité accrue : 88 % estiment que l’IA a déjà complexifié les méthodes de fraude.
• Défis de détection : 60 % des banques s'attendent à ce que l'IA affaiblisse l'efficacité de
leurs dispositifs de défense traditionnels.
• Crise de légitimité : 72 % craignent l'incapacité future à distinguer une interaction IA
légitime d'une activité malveillante ou manipulée, dans un contexte où les
agents initient désormais couramment les transactions.
Une explosion des pertes financières
L’étude met également
en lumière une tendance mondiale alarmante impliquant :
• Une multiplication des
tentatives : La proportion d'organisations
rapportant une hausse des tentatives de fraude est passée de 71 % en 2025 à 81
% en 2026.
• Des pertes en croissance : Le nombre d'institutions signalant une augmentation des pertes
annuelles liées à la fraude a bondi de 59 % à 76 % en un an.
• Un impact financier majeur : Près de 50 % des banques sondées perdent plus de 10 millions de dollars
par an, 20 % dépassent les 25 millions, et 5 % font face à des pertes
supérieures à 50 millions de dollars.
L’urgence d’une collaboration interbancaire
Gadi Mazor, PDG de BioCatch, souligne la nécessité d'un changement de
paradigme :
“ L'IA redéfinit les interactions avec les sites
e-commerce et les institutions financières. Face à des transactions de plus en
plus automatisées et pilotées par des agents, nous devons dépasser les
contrôles d'identité statiques pour une analyse immédiate du comportement, de
l'intention et de la confiance.”
Les dirigeants interrogés, dont 79 % occupent des postes de direction ou
supérieurs et 23 % siègent à un conseil d’administration, appellent à une
action collective :
• Partage de renseignements :
86 % des répondants estiment qu'un partage en temps réel des données sur les
comptes receveurs lors des transactions interbancaires améliorerait
considérablement la neutralisation des escroqueries.
• Prévention des crimes financiers : 85 % soutiennent que ce partage de renseignements interbancaires est essentiel pour endiguer la fraude et les crimes financiers.


