A l’occasion de la Journée des femmes dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), Notify, acteur français de référence dans l’IA appliquée à la relation client, dévoile les résultats de son étude consacrée à la perception des femmes françaises vis-à-vis des métiers de la tech.
Dans un contexte où ces secteurs sont au cœur des transformations économiques et sociétales, les femmes y restent encore largement sous-représentées. Quels sont les freins ? Qu’est-ce qui attire malgré tout ? Et surtout, comment susciter davantage de vocations ? Décryptage.
Un manque d’encouragement dès le plus jeune âge
Premier enseignement de l’étude, l’orientation vers les métiers de la
tech reste encore largement conditionnée par un déficit d’accompagnement.
Ainsi, 34% des femmes interrogées estiment “ne pas avoir été suffisamment
encouragées” dans leur parcours scolaire, et 26% déclarent “ne pas l’avoir été
du tout”. À l’inverse, seules 12% affirment avoir été “pleinement soutenues”,
tandis que 28% évoquent un “encouragement partiel”.
Cette question de l’accompagnement renvoie directement au moment où
celui-ci doit intervenir. Pour près d’une femme sur deux (48%), c’est dès
l’école primaire que l’intérêt pour ces métiers doit être suscité. 32% estiment
que le collège constitue une étape clé, contre seulement 12% pour le lycée et
8% pour l’enseignement supérieur.
« Cette étude montre que tout se joue très tôt. L’intérêt pour les
métiers de la tech ne se construit pas au lycée ou dans le supérieur, mais dès
les premières années de scolarité. Il y a un véritable enjeu de pédagogie
auprès des plus jeunes pour déconstruire les stéréotypes et ouvrir le champ des
possibles », souligne Elodie Frey, CSM team
Leader chez Notify.
Des métiers attractifs mais encore clivants
Les métiers liés à l’intelligence artificielle et à la data bénéficient
d’une image globalement positive auprès des femmes.
Près des deux tiers des répondantes (62%) les jugent “attractifs”, dont 18% les considèrent comme
“très attractifs” et 44% comme “plutôt attractifs”.
À l’inverse, 25% estiment qu’ils sont “peu attractifs” et 13% “pas du
tout attractifs”, révélant une perception encore contrastée de ces professions
pourtant en forte croissance.
Des motivations centrées sur les perspectives de carrière et
l’innovation
Interrogées sur les éléments qui les attirent dans ces métiers, les
femmes mettent en avant des critères à la fois pragmatiques et porteurs de
sens. Le salaire arrive en tête, cité par 42% des répondantes, suivi par les
opportunités de carrière (38%) et l’innovation (36%). L’impact sur le monde est
mentionné par 29% des femmes, tandis que 24% évoquent la créativité associée à
ces métiers.
Les entreprises du secteur technologique suscitent quant à elles des
perceptions variées. 31% des femmes interrogées les jugent inspirantes, tandis
que 27% les considèrent comme accessibles. Cependant, 24% les perçoivent comme
impressionnantes, ce qui peut traduire une forme de distance ou d’intimidation,
et 18% les jugent fermées.
Un déficit de représentation féminine toujours marqué
La question de la visibilité des femmes dans la tech reste centrale. 42%
des répondantes estiment qu’il n’y a pas suffisamment de femmes visibles et
reconnues dans ces secteurs, et 18% considèrent qu’il n’y en a “pas du tout”. À
l’inverse, 34% jugent cette présence encore insuffisante mais en progression,
tandis que seules 6% estiment qu’elle est aujourd’hui satisfaisante.
Interrogées sur les efforts des entreprises pour attirer les jeunes
femmes, une majorité se montre critique. Plus d’une femme sur deux (62%) estime
que les entreprises technologiques n’en font pas assez, contre 15% qui jugent
les efforts suffisants. 23% déclarent ne pas être en mesure de se prononcer.
Des freins avant tout liés aux représentations
L’étude met en évidence des freins multiples, principalement liés aux
perceptions et aux représentations. Les stéréotypes associés à ces métiers
arrivent en tête : 49% des femmes estiment que leur image trop masculine
constitue un frein majeur.
Le manque de modèles féminins est cité par 47% des répondantes, suivi
par l’image trop technique de ces professions (43%).
41% évoquent également la peur de ne pas être légitime, tandis que 38%
pointent un manque d’information sur ces carrières. Enfin, 35% mentionnent un
sentiment de manque de compétences perçues.
Des leviers clairement identifiés pour susciter des vocations
Face à ces freins, plusieurs leviers apparaissent pour encourager les
jeunes filles à s’orienter vers les métiers de la tech. Le développement de
modèles féminins est cité en priorité par 49% des répondantes.
L’accompagnement et la formation arrivent ensuite (44%), devant une
meilleure compréhension des métiers (38%). 35% évoquent la nécessité de
proposer des expériences concrètes, comme des stages ou des ateliers, tandis
que 29% soulignent l’importance de témoignages inspirants. Enfin, 12% estiment
qu’aucun levier ne serait susceptible de les convaincre.
« L’essor de l’intelligence artificielle contribue clairement à une
meilleure sensibilisation des femmes aux métiers de la tech. Mais entre
l’intérêt et le passage à l’action, il reste encore un monde. Donner envie de
s’y projeter prend du temps, alors même que les entreprises font face à des
besoins massifs de recrutement », analyse
Réjane Lhuerre, Responsable RH de Notify.
Lorsqu’on demande aux femmes quelles sont les personnalités féminines de la tech qui les inspirent, cinq noms ressortent du lot : Roxanne Varza, directrice de Station F, Katherine Johnson, figure historique de la conquête spatiale, Fidji Simo numéro 2 d’OpenAI ex dirigeante de Facebook, ou encore Fabienne Arata, Country Manager de LinkedIn France depuis Janvier 2017. Enfin, certaines répondantes évoquent des figures inspirantes au-delà même du secteur technologique, à l’image de Christine Lagarde.


