Résultats du 16ème baromètre Empreinte Humaine x Ipsos bva.
Empreinte Humaine dévoile les résultats de la 16ème édition de son
Baromètre sur la santé mentale au travail en partenariat avec Ipsos bva.
Cette nouvelle vague confirme une tendance préoccupante : la détresse
psychologique des salariés atteint son niveau le plus élevé depuis le covid,
dans un contexte où les tensions sur les conditions de travail, la
reconnaissance et le sens fragilisent durablement les collectifs.
Le baromètre Empreinte Humaine explore les causes de cette détresse
psychologique et, pour la première fois, il interroge les Français sur l'impact
de leurs fragilités personnelles sur leur santé mentale au travail.
Les chiffres clés
● 1 salarié sur 2 présente un signe de détresse psychologique, soit le
niveau le plus élevé mesuré depuis le lancement du baromètre (16% sont en
détresse psychologique élevée)
● 83% des salariés en détresse psychologique modérée ou élevée relient
cet état à leur travail
● 32% sont en risque de burn-out, dont 11% en burn-out sévère
● Seulement 11% évoluent dans un climat de sécurité psychologique élevé et 51% disent avoir de moins en moins de temps pour faire un travail de qualité
● 52% estiment que la succession des crises géopolitique et économique
sert de prétexte pour dégrader les conditions de travail
● Pour se sentir reconnus, 70% souhaiteraient être consultés avant une
prise de décision
● 60 % ont l’impression d’être de simples exécutants dans leur travail
● 45% craignent de ne pas pouvoir tenir psychologiquement jusqu’à la
retraite
● ⅓ des salariés souhaitent quitter leur organisation
● 20% disent faire le strict minimum dans leur travail, signe d’un quiet
quitting qui s’ancre durablement
Une détresse psychologique installée à un niveau record
En 2026, 1 salarié.e sur 2 présente un signe de détresse psychologique.
Cette proportion constitue le plus haut niveau observé depuis le lancement du
baromètre en 2020, avec 16% de détresse psychologique élevée. Parmi les
personnes concernées, 83% relient cet état à leur travail. La situation reste
particulièrement préoccupante chez les moins de 30 ans, les femmes et les
employés, qui figurent parmi les populations les plus exposées.
Le baromètre met également en évidence un niveau de vulnérabilité
toujours élevé sur le front du burn-out : 32% des salarié.e.s sont en risque de
burn-out, dont 11% en burn-out sévère. Pour Empreinte Humaine, cette
stabilisation à un niveau élevé traduit une exposition chronique aux risques
psychosociaux depuis plus de six ans.
Quand les difficultés personnelles empiètent sur la vie professionnelle
Au-delà des seules contraintes liées au travail, la 16ème édition du
baromètre souligne le poids croissant des difficultés personnelles sur la santé
mentale des salariés et sur leur capacité à exercer sereinement leur activité.
53% déclarent avoir traversé une période de stress intense liée à une
difficulté personnelle au cours des douze derniers mois, et 41% ont été
confrontés à des difficultés financières, administratives ou juridiques sur la
même période. Dans ces situations, le sentiment d’incompréhension domine : 62%
estiment que leur entreprise sous-estime ces difficultés, 59% craignent que le
fait d’en parler nuise à leur carrière, et 56% se sont sentis isolés ou sans
soutien dans leur travail.
Des conditions de travail qui dégradent la santé mentale
Au-delà de la détresse psychologique, l’enquête révèle un malaise
profond sur les conditions d’exercice du travail. 51% des salariés ont de moins
en moins de temps pour faire un travail de qualité, et 52% estiment que la
succession des crises géopolitique et économique sert de prétexte pour dégrader
les conditions de travail. Plus largement, beaucoup ont le sentiment d’être
devenus de simples exécutants, au détriment du sens et de la fierté au travail.
La reconnaissance reste un point de tension majeur. Les salariés
attendent d’abord des gestes concrets du quotidien : consultation avant les
décisions qui touchent à leur travail, remerciements spontanés et feedbacks
réguliers. Le décalage entre reconnaissance souhaitée et reconnaissance vécue
demeure important, en particulier vis-à-vis de la direction et du management.
Sécurité psychologique et prévention : un levier décisif
Seuls 11% des salariés évoluent dans un climat de sécurité psychologique
élevé. Pourtant, lorsqu’il existe, l’effet est très net : la détresse
psychologique y chute fortement, et les indicateurs de bien-être comme de
soutenabilité du travail s’améliorent significativement. Empreinte Humaine
souligne également que plusieurs pratiques de prévention ont un impact concret,
comme le fait de pouvoir parler sans tabou de santé psychologique au travail,
de libérer du temps pour la prévention ou de fixer les objectifs en tenant compte
du bien-être des équipes.
Le baromètre montre également que près de 8 salariés sur 10 considèrent
qu’une organisation qui propose des dispositifs d’aide est une forme de
reconnaissance.
Selon Christophe Nguyen, président-fondateur d’Empreinte
Humaine : "La prévention ne peut plus être pensée comme un sujet
périphérique : elle doit devenir un levier structurant du management et de la
performance durable”.
Santé mentale, soutenabilité et fidélisation
Les conséquences du mal-être sont désormais visibles dans le rapport au travail. 20% des salariés déclarent faire le strict minimum, et 45% craignent de ne pas pouvoir tenir psychologiquement jusqu’à la retraite. Ce chiffre grimpe à 65% chez les jeunes en détresse psychologique.
À l’inverse, 7 salariés sur 10 estiment qu’ils travailleraient mieux si les conditions de travail favorisaient une bonne santé mentale, et 6 sur 10 seraient plus fidèles à leur employeur s’il investissait fortement dans la prévention des RPS.
Empreinte Humaine appelle ainsi les entreprises à passer d’une logique de réaction à une logique de prévention structurée, afin de restaurer des environnements de travail plus protecteurs, plus soutenables et plus performants sur le long terme.


