La Semaine de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) met chaque année en lumière les initiatives destinées à améliorer les conditions de travail des salariés. Cependant, une question reste rarement posée : quelle est la qualité de vie au travail de celles et ceux qui conçoivent, déploient et accompagnent ces démarches ?
Le baromètre « Professionnels RH, comment allez-vous ? révèle un paradoxe : les professionnels RH, qui portent les démarches de qualité de vie au travail, sont eux-mêmes confrontés à une dégradation de leurs conditions d'exercice.
Un angle mort de la QVCT ?
Alors que les entreprises multiplient les initiatives pour améliorer les
conditions de travail des collaborateurs, les professionnels RH font état d'une
charge de travail croissante, d'un niveau de stress particulièrement élevé et
d'un besoin de reconnaissance de plus en plus marqué.
« Les professionnels RH sont souvent les premiers mobilisés lorsqu'il
s'agit d'accompagner les transformations, prévenir les risques psychosociaux ou
renforcer l'engagement des équipes. Pourtant, ils ne bénéficient pas toujours
eux-mêmes des conditions nécessaires pour exercer sereinement leur mission. À
l'heure où la QVCT est devenue un enjeu stratégique, les entreprises doivent
aussi s'interroger sur la situation de celles et ceux qui la font vivre au
quotidien », souligne Vincent Chevillot,
directeur général de GERESO.
Les RH sous pression
Les professionnels RH sont aujourd'hui au cœur des transformations de
l'entreprise : intelligence artificielle, évolutions réglementaires,
réorganisations, tensions sur l'emploi ou encore nouvelles attentes des
collaborateurs. Résultat : 93 % déclarent avoir ressenti du stress au travail
en 2025, 60 % ont travaillé davantage qu'en 2024 et 38 % constatent une
dégradation de leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Dans ce contexte, la reconnaissance s'impose comme le premier levier
d'engagement pour les professionnels RH : 88 % la citent comme un facteur
déterminant de leur motivation, devant l'intérêt des missions (77 %) et
l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle (70 %).
Pourtant, plus d'un professionnel RH sur deux déclare n'avoir bénéficié d'aucune marque concrète de reconnaissance au cours de l'année écoulée.


