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[Etudes] 80% des Français estiment que les femmes sont plus impactées que les hommes par la double journée

Alors que l’égalité professionnelle entre femmes et hommes est affiché comme un objectif fort pour de nombreuses entreprises, une étude mis en place par Factorial, le spécialiste des solutions RH alimentées par l’IA et Opinion Way révèle que la perception des inégalités demeurent profondément ancrées dans le monde du travail en France. Décryptage.

 

Des inégalités de genre toujours fortement ancrées dans le monde du travail


Huit salariés de bureau sur dix (80 %) considèrent que les femmes sont davantage pénalisées par la

« double journée », combinant travail rémunéré et responsabilités domestiques. Cette perception s’accompagne d’un constat sur les obstacles structurels : trois quarts des employés de bureau estiment que certaines règles ou habitudes de travail continuent de défavoriser les femmes dans l’accès aux postes de direction, traduisant l’idée d’un système encore imparfaitement neutre.

 

Dans ce contexte, l’ascension professionnelle apparaît comme un parcours plus complexe pour les femmes. Près de quatre salariés sur cinq (79 %) estiment que les postes de direction restent plus facilement accessibles aux hommes, et considèrent qu’à compétences égales, les femmes doivent fournir davantage d’efforts pour accéder à des postes à responsabilité.

 

Les écarts de perception entre femmes et hommes sont également marqués : 92 % des femmes estiment qu’elles sont plus souvent désavantagées par la double journée, contre 66 % des hommes, tandis que

87 % des femmes considèrent devoir travailler davantage pour progresser professionnellement, contre

62 % des hommes.

 

Ces différences traduisent une expérience vécue plus directement par les femmes, tandis qu’une partie des hommes semble moins percevoir l’ampleur du phénomène. Les stéréotypes de genre continuent par ailleurs de nourrir ces inégalités. Trois salariés sur quatre déclarent qu’on imagine encore plus spontanément des hommes occuper des fonctions de management ou de direction. Le fait que cette opinion soit partagée dans toutes les tranches d’âge, tous secteurs et toutes tailles d’entreprise souligne la profondeur culturelle de ces représentations.

 

Une forte attente d’engagement des entreprises et un rôle clé pour les RH

 

Face à la persistance de ces perceptions, les attentes à l’égard des employeurs sont élevées. Trois employés sur quatre souhaitent que leur entreprise s’engage davantage en faveur de la mixité dans l’accès aux postes de direction. Cette demande est particulièrement forte chez les femmes. Elle s’exprime aussi plus fortement dans les entreprises disposant de structures organisationnelles plus développées, où les parcours hiérarchiques sont davantage formalisés.

 

Dans ce contexte, les Ressources Humaines pourraient constituer un levier clé de transformation.

Ce secteur est en effet perçu comme très féminisé pour 71 % salariés. Pourtant, plus de la moitié des répondants estime que les RH (57 %) disposent aujourd’hui d’un pouvoir limité pour prévenir et corriger les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes. Cette perception est encore plus marquée chez les femmes (62 % VS 51 % des hommes). Les salariés des très grandes entreprises apparaissent toutefois légèrement plus confiants dans la capacité des dispositifs internes à agir, ce qui suggère que la taille de la structure, influence la perception de l’efficacité des politiques RH.

 

Enfin, au-delà de l’accès aux responsabilités, la question des inégalités s’étend également à la santé au travail. Deux tiers des salariés considèrent que les femmes sont aujourd’hui plus exposées au risque d’épuisement professionnel. Ce sentiment est étroitement lié à la double journée et aux efforts perçus comme nécessaires pour obtenir une reconnaissance et une progression professionnelle équivalentes.


Cette perception est particulièrement forte chez les femmes et dans certains secteurs comme le commerce, les transports, l’hébergement ou la restauration, où les conditions de travail combinées aux facteurs de genre accentuent la pénibilité ressentie.

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