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[Etudes] Réforme de l’entretien de parcours professionnel : 53 % des salariés dans le flou et seulement 5 % des RH totalement prêts

- EPP : l’horloge tourne ! 61 % des RH n’ont pas encore lancé la mise en conformité.
- 46 % des RH peu clairs sur les obligations et les sanctions.

L'année 2026 est une nouvelle année de défis pour les ressources humaines : directive sur la transparence des salaires, période de reconversion, congé de naissance, fin du délai rétroactif congés payés/arrêt maladie... autant de chantiers auxquels vient s'ajouter la réforme de l'Entretien de Parcours Professionnel.

 

À quelques mois de la date d'échéance de mise en conformité (1er octobre 2026), où en sont vraiment les entreprises ?


Staff & Go, le SIRH français ultra-modulaire dédié aux TPE-PME, a mené l'enquête auprès de 3 557 personnes (salariés, RRH, DRH, responsables développement RH et Formation) afin de mesurer le niveau réel de connaissance et de préparation des entreprises face à la réforme EPP, et d'évaluer leur capacité à la déployer et la sécuriser.

 

 

« La réforme EPP, c’est une obligation de plus sur une pile de réformes déjà très lourde pour des équipes RH sous tension. Or, le compte à rebours est lancé : dans six mois, les entreprises qui ne seront pas en règle s’exposeront à des abondements CPF imposés et à des risques de contentieux prud'homaux.
Et six mois, c’est extrêmement court quand on sait que 61 % d’entre elles n’ont pas encore commencé.

Les salariés et les professionnels des RH sont-ils bien au courant de cette évolution ?
Et surtout, ont-ils les bons outils pour en assurer la gestion, l’organisation et la sécurisation ? »
, commente Fouad Sevimli, cofondateur de Staff & Go.

 

Une réforme qui doit encore se faire connaître

 

Sans grande surprise, la réforme EPP est aujourd’hui largement identifiée par les professionnels des ressources humaines. En effet, 71 % en ont connaissance, dont 39 % « parfaitement ».

 

Mais du côté des salariés, elle reste encore un mystère : 53 % ne la connaissent pas ou ne sont pas sûrs, dont 35 % « pas du tout ». C’est un écart de perception majeur qui souligne l’urgence d’une meilleure diffusion de l’information et d’un accompagnement outillé.

 

Avez-vous eu connaissance de la réforme EPP ?

Réponses

Salarié.es

RH

Oui, parfaitement

6 %

39 %

Oui, globalement

14 %

32 %

Oui, vaguement

27 %

17 %

Non, pas du tout

35 %

11 %

Je ne sais pas / pas certain(e)

18 %

1 %

 

 

1 Professionnel des RH sur 3 ne maîtrise pas du tout l’EPP

 

Côté RH, la réforme EPP semble bien intégrée : 67 % en connaissent au moins les grandes lignes, dont 31 % qui déclarent la maîtriser et avoir déjà adapté leurs process. Cependant, 33 % restent encore au stade de la découverte ou d’une connaissance sans détails, révélant un réel et profond besoin d’accompagnement pour en accélérer la mise en œuvre.

 

Quel est votre niveau de connaissance de la réforme EPP ?

Réponses

RH

Je découvre

15 %

J’en ai entendu parler, sans détails

18 %

Je connais les grandes lignes

16 %

Je connais bien (impacts + calendrier)

20 %

Je maîtrise et j’ai déjà adapté nos process

31 %

 

 

Peu de RH en avance sur la réforme

 

Par le passé, seulement 19 % des RH réalisaient des entretiens professionnels tous les deux ans pour la totalité de leurs salariés. De ce fait, 54 % ne le faisaient que partiellement, reconnaissant une exécution partielle (21 %) ou insuffisante (33 %). Ainsi, au total, un RH sur quatre n’atteignait pas le niveau de conformité demandé actuellement.

 

Avant réforme, aviez-vous réussi à réaliser les entretiens professionnels tous les 2 ans pour l’ensemble de vos salariés ?

Réponses

RH

Oui, pour 100 % des salariés, dans les délais

19 %

Oui, pour la quasi-totalité des salariés (quelques cas décalés : absences longues, mobilité, changement de manager)

33 %

Partiellement : majorité réalisée, mais pas sur l’ensemble des salariés tous les 2 ans

21 %

Non : retards fréquents et taux de couverture insuffisant

14 %

Non, mais un plan d’action était déjà engagé (calendrier, relances, outil de suivi) pour y parvenir

9 %

Non applicable / pas en mesure de répondre (données non consolidées, périmètre récent)

3 %

Je ne sais pas

1 %

 

 

Seulement 5 % des équipes RH en totale conformité EPP

 

La mise en conformité EPP est bien loin d’être finalisée. En effet, 61 % des RH n’ont pas démarré (19 %) ou sont encore en veille et en cadrage (42 %). Seuls 21 % ont déjà un déploiement concret (16 % partiel, 5 % à l’échelle avec suivi outillé) et 18 % en cours. Il y a donc actuellement un fort besoin d’accélération via des process et outils SIRH.

 

Où en êtes-vous dans la mise en conformité EPP (process + outils) ?

Réponses

RH

Pas lancé

19 %

Veille / cadrage en cours

42 %

Trame d’entretien à jour, déploiement en cours

18 %

Déployé partiellement (certaines populations/managers)

16 %

Déployé à l’échelle + suivi outillé (SIRH / workflow / reporting)

5 %

  

 

EPP : le CPF, principal point de blocage des RH

 

Parmi les thèmes obligatoires de l’EPP, le point le plus complexe pour les RH est nettement le CPF (activation, abondements, CEP), cité par 32 % des répondants, devant les souhaits d’évolution (21 %) et l’analyse du parcours au regard des évolutions des métiers (19 %). Au total, 95 % ont encore des questions sur au moins un sujet, confirmant le besoin d’un cadrage.

 

Sur les 5 thèmes obligatoires de l’EPP, lequel vous pose le plus de questions ?

Réponses

RH

Compétences / qualifications mobilisées et leur évolution

11 %

Situation et parcours pro au regard des évolutions des métiers

19 %

Besoins de formation (activité, évolution du poste, projet perso)

12 %

Souhaits d’évolution (mobilité, reconversion, VAE, bilan, etc.)

21 %

CPF : activation / abondements possibles / CEP

32 %

Aucun / tout est clair

5 %

 

 

Quid de la sécurisation de l’EPP ?

 

Les dispositifs les plus utilisés pour sécuriser l’EPP reposent sur la standardisation et la preuve : trame unique (24 %) et compte-rendu signé/archivé (23 %). Mais la sécurisation reste incomplète : seuls 14 % disposent de tableaux de bord/alertes et 15 % n’ont encore rien de structuré.

 

Organisation & traçabilité : comment sécurisez-vous l’EPP aujourd’hui ?

Réponses

RH

Formation des managers à l’EPP (contenu + posture)

11 %

Trame unique et harmonisée

24 %

Compte-rendu écrit remis au salarié / signature / archivage

23 %

Suivi des actions décidées (formations, mobilités, certifications)

13 %

Tableaux de bord / alertes d’échéances (1–4–8 ans)

14 %

Rien de structuré pour l’instant

15 %

 

Un fort besoin de sécurisation et de pilotage pour limiter les risques

 

La conformité EPP reste un sujet encore flou pour une majorité des RH. Si 54 % se disent au clair
(23 % « très clair » et 31 % « assez clair »), 46 % n’ont à ce jour qu’une visibilité partielle ou faible sur les obligations et risques.

 

Conformité & sanctions : où en êtes-vous ?

 

Votre niveau de clarté sur les obligations et risques (dont abondement CPF en cas de manquement)

 

Réponses

RH

Très clair

23 %

Assez clair

31 %

Moyennement clair

22 %

Peu clair

15 %

Pas clair du tout

9 %

 

 

L’outillage EPP reste encore largement perfectible

 

Seuls 22 % des RH disposent d’un outil couvrant l’ensemble du process (convocation, compte-rendu, signature, traçabilité), tandis que 43 % fonctionnent encore sans solution pleinement intégrée (21 % via Word/Excel/e-mails, 13 % avec des outils en cours de déploiement et 9 % avec des outils partiels ou non centralisés).

Il est également intéressant de constater que 13 % sont en cours de déploiement ou de sélection.

 

Avez-vous un outil/logiciel RH capable de vous accompagner vers la mise en conformité de l’EPP ? (Convocation, compte-rendu, signature, traçabilité)

Réponses

RH

Oui, un SIRH/logiciel RH complet couvre l’ensemble (convocation, compte-rendu, signature, traçabilité).

22 %

Oui, partiellement : l’outil gère certaines étapes (ex. convocation + compte-rendu), mais pas la signature et/ou la traçabilité complète.

34 %

Non : nous fonctionnons via Word/Excel/PDF et e-mails, sans outil dédié.

21 %

Non, mais un outil est en cours de déploiement / de sélection.

13 %

Nous avons plusieurs outils (ATS/SIRH/GED) : la gestion EPP est possible mais non centralisée.

9 %

Je ne sais pas / pas de visibilité sur l’outillage RH actuel.

1 %

 

Très peu de développements internalisés

 

Les services RH qui disposent d’un outil développé en interne sont très minoritaires (seulement 23 %), contre une forte majorité (69 %) qui n’en possède pas (et 8 % sans visibilité).

Ce résultat confirme que la majorité des organisations dépend d’outils du marché ou de solutions à déployer pour structurer et sécuriser l’EPP.

 

Avez-vous un outil interne / développé en interne ?

Réponses

RH

Oui

23 %

Non

69 %

Je ne sais pas

8 %

 

 

Une intention d’équipement forte et en accélération

 

Pour les équipes RH non équipées, plus de 2 services sur 3 (68 %) envisagent de choisir un outil cette année (décision actée 12 %, étude/benchmark 29 %, appel d’offres 9 %, plutôt fin d’année 18 %).

Uniquement 25 % n’en font pas une priorité en 2026 (14 % pas cette année, 11 % pas à l’ordre du jour).

 

 

Si vous n’avez pas un outil/logiciel RH capable de vous accompagner vers la mise en conformité de l’EPP, considérez-vous d’en choisir un cette année ?

Réponses

RH

Oui, c’est prévu / décision actée

12 %

Oui, en cours d’étude / benchmark

29 %

Oui, un appel d’offres est lancé

9 %

Oui, mais plutôt fin d’année / selon budget

18 %

Non, pas cette année

14 %

Non, pas à l’ordre du jour / pas prioritaire

11 %

Je ne sais pas / pas décidé

7 %

 

Un EPP utile ou pas du tout ?

 

La perception de l’EPP diverge fortement entre les salariés et les services RH. En effet, 48 % des RH le voient comme un dispositif positif (23 % comme un vrai levier et 25 % comme un moment utile), alors que seulement 22 % des salariés partagent cette vision. À l’inverse, les salariés sont deux fois plus nombreux à y voir une sorte de rituel ou une contrainte (34 % un passage obligé/case à cocher/inutile/perte de temps contre 17 % côté RH), et 21 % conditionnent son utilité à un suivi concret. L’enjeu clé est donc clairement l’exécution et la traçabilité derrière l’entretien.

 

Quand on vous parle du nouvel Entretien Parcours Professionnel (EPP) (et des entretiens en général), vous vous dites plutôt que c’est…

Réponses

Salarié.es

RH

Un vrai levier : ça débouche régulièrement sur du concret (formation, mobilité, évolution, décisions).

7 %

23 %

Un moment utile : ça clarifie le parcours et aligne les attentes, même si tout ne se concrétise pas.

15 %

25 %

Utile… seulement si on va jusqu’au bout : sans suivi et moyens derrière, ça retombe vite.

21 %

19 %

Un rendez-vous correct : on échange, mais l’impact réel sur le quotidien reste limité.

13 %

15 %

Un passage obligé : un rituel d’entreprise plus qu’un accélérateur de carrière.

14 %

8 %

Une “case à cocher” : surtout de la traçabilité / administratif, avec peu d’effets visibles.

12 %

5 %

Plutôt inutile : beaucoup d’énergie pour peu de résultats concrets.

9 %

2 %

Une perte de temps : je préférerais consacrer ce temps à du travail utile / à de la formation réelle.

8 %

2 %

Je ne sais pas / pas concerné(e) : je n’ai pas encore eu d’EPP ou pas assez de recul.

1 %

1 %

 

L’éclairage de Cécile Dérouin, avocate et Fondatrice de l'Académie RH :  

« Les résultats de ce sondage m’inquiètent, même s’ils ne me surprennent pas vraiment.

Lorsque 46 % des professionnels RH déclarent manquer de clarté sur leurs obligations et que 61 % n’ont pas encore entamé leur mise en conformité, on mesure l’ampleur du risque juridique qui peut se profiler.

Il faut rappeler que l’EPP n’est pas simplement un entretien professionnel amélioré. Il s’agit d’un dispositif traçable, dont l’employeur devra être en mesure de démontrer la tenue et le contenu en cas de contentieux.

Concrètement, l’absence de compte rendu, une signature manquante ou un suivi insuffisamment documenté peuvent rapidement placer l’entreprise en position de fragilité devant le conseil de prud’hommes.

À cela s’ajoute un risque financier direct : un abondement du CPF de 3 000 euros par salarié lorsque l’employeur n’est pas en mesure de justifier de la réalisation de l’entretien et en l'absence de suivi d'une formation non obligatoire.

Pour les PME, qui constituent l’essentiel du tissu économique français, il ne s’agit donc pas d’un risque théorique. L’exposition est bien réelle et peut rapidement représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros si la conformité n’est pas au rendez-vous d’ici octobre 2026. »

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