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[Etudes] Orientation : près de 6 lycéens sur 10 ont déjà un projet entrepreneurial

À quelques jours de la clôture de Parcoursup des milliers de familles s’apprêtent à faire des choix décisifs pour l’avenir de leurs enfants.

 

Un moment charnière… alors même que les repères traditionnels évoluent.

 

Longtemps, la poursuite d’études supérieures s’est imposée comme une évidence : la promesse d’un emploi stable, d’un avenir sécurisé. En France, le diplôme demeure d’ailleurs un puissant facteur de protection : le taux de chômage avoisine 5 % pour les diplômés du supérieur, contre près de 14 % pour les personnes sans diplôme.

 

Mais cette trajectoire linéaire ne semble plus aller de soi.

 

Outre-Atlantique, plusieurs signaux récents montrent un marché du travail en mutation : certains métiers techniques offrent aujourd’hui davantage de perspectives que des postes de “cols blancs” débutants, particulièrement exposés aux transformations liées à l’intelligence artificielle.

 

Dans ce contexte, une question traverse de nombreuses familles : faut-il privilégier la sécurité d’un parcours balisé, ou laisser son enfant suivre ses aspirations ?

 

Une hésitation que les parents eux-mêmes peinent à trancher, comme le suggère notre enquête menée par FLASHS pour Swapn auprès de 1 000 parents de lycéens.

Consulter le rapport d’étude
https://www.swapn.fr/enquete-swapn-orientation-le-flou-des-parents-sur-lavenir-des-enfants

 

Les chiffres clés de l’étude

 

Le diplôme remis en question… sauf à la maison

•   Près de 2 parents sur 3 (64 %) estiment qu’il est aujourd’hui possible de réussir sans passer par des études supérieures ;

 

•   Mais lorsqu’il s’agit de leur propre enfant, ils sont 95 % à souhaiter qu’il ou elle poursuive des études après le bac.

 

“Fais ce que tu aimes” : la valeur qui domine

•   Pour 64 % des parents, l’essentiel est que leur enfant exerce un métier qui lui plaît

 

•   La stabilité de l’emploi (20 %) et le niveau de rémunération (13 %) arrivent loin derrière ;

 

•   Quant à l’utilité sociale, elle ne pèse que marginalement (2 %).

 

Dans les faits, des parents tiraillés

•   Pour près de 7 parents sur 10 (69 %), le risque de voir certains métiers offrir moins de débouchés à l’avenir (notamment à cause de l’intelligence artificielle) pèse désormais dans les choix d’orientation ;

 

•   Malgré cela, près de 2 parents sur 3 (65 %) font passer les envies de leur enfant avant les perspectives d’avenir, même incertaines ;

 

•   À l’inverse, seuls un tiers (34 %) des parents placent les débouchés au premier plan.

 

Vers des trajectoires moins balisées

•   Interrogés sur le type de structure dans laquelle ils préféreraient voir leur enfant évoluer, seuls

13 % citent la fonction publique — un niveau désormais proche de l’entrepreneuriat (11 %) ;

 

•   La grande entreprise arrive en tête (29 %), sans pour autant s’imposer comme un modèle dominant ;

 

•   Des préférences dispersées, qui traduisent des repères moins tranchés qu’auparavant quant aux trajectoires professionnelles à privilégier.

 

Entreprendre, oui… mais pas sans filet

•   Selon les parents, près de 6 adolescents sur 10 (59 %) leur ont déjà évoqué un projet entrepreneurial pour leur avenir, signe d’une envie d’explorer des voies moins traditionnelles ;

 

•   Une ambition prise au sérieux, mais plus de 3 parents sur 4 (76 %) préfèrent qu’il fasse d’abord ses armes via des études ou une première expérience professionnelle ;

 

•   Et 93 % se disent prêts à accompagner financièrement ce type de projet (à condition de sécuriser le parcours avec un diplôme), un niveau d’engagement qui rivalise désormais avec celui consacré aux études.

 

Le point de vue de Léa Paolacci, Chargée d’études FLASHS : « Il y a quelque chose d’assez frappant dans ces résultats : les parents n’ont jamais autant remis en question le rôle des études, tout en continuant à les juger indispensables pour leur propre enfant.

Le diplôme reste une forme de sécurité, mais il ne protège plus forcément. L’irruption de l’intelligence artificielle vient bousculer des repères installés depuis des décennies, en fragilisant des métiers jusqu’ici perçus comme stables.

Ce qui change, ce n’est pas tant l’inquiétude autour de l’orientation que sa nature : il ne s’agit plus seulement de choisir une voie, mais d’anticiper sa capacité à évoluer dans le temps.

Et dans le même temps, l’accès facilité à certains savoir-faire, notamment grâce à l’intelligence artificielle, rend plus visibles des trajectoires autodidactes, capables de concurrencer des profils plus académiques. Une évolution qui contribue, elle aussi, à brouiller les repères traditionnels. »

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