Certaines entreprises se disent prêtes à
sacrifier jusqu’à 20% de leur chiffre d’affaires annuel pour éviter une
conversation délicate avec leurs clients sur les retards de paiement.
Les retards de paiement se sont imposés comme un frein structurel pour les entreprises françaises, pesant à la fois sur leur trésorerie, leur productivité et leur capacité de croissance.
Selon une étude OpinionWay réalisée pour la société de paiements bancaires GoCardless, 65% des chefs d'entreprise anticipent une aggravation des retards de paiement en 2026. Une inquiétude qui s’inscrit dans un contexte économique toujours sous tension, marqué par une inflation persistante et des coûts de financement élevés.
Un phénomène
généralisé… et coûteux
Les retards de paiement
ne sont plus l’exception, mais la norme. Près de neuf entreprises sur dix (94%)
déclarent perdre de l’argent chaque mois du fait de paiements tardifs, et 91% y
consacrent du temps de recouvrement, faisant de cette activité une charge
opérationnelle à part entière.
Si 32% des entreprises citent les retards de paiement comme l'un de leurs principaux irritants en matière de paiement, la pression n'est pas répartie de manière uniforme. 27% des entreprises de plus de
5 000 employés perdent plus de 10 000 euros par mois
en raison des retards de paiement.
Quand la trésorerie se
tend, la croissance s’essouffle
Les retards de paiement
ne fragilisent pas seulement les flux de trésorerie, elles pèsent directement
sur les choix stratégiques des entreprises, les forçant à adopter des mesures
défensives : 27% ont augmenté leurs prix, avec un impact direct sur des
consommateurs déjà affectés par le coût de la vie ; 22% ont reporté le
lancement de nouveaux produits et 19% ont gelé les recrutements. Le phénomène
est particulièrement prégnant dans la banque et la finance, où près de la
moitié des acteurs (46%) ont différé leurs projets d’embauche en raison des
retards de paiement, affaiblissant encore la dynamique économique globale.
Dernière la
résignation, l’inquiétude demeure
Les entreprises ont
largement intégré les retards de paiement dans leur fonctionnement quotidien,
les percevant comme un coût quasi inévitable de leur activité (73%). Pour
autant, cette forme de résignation ne rime pas avec indifférence. Près des
trois quarts d’entre elles demeurent préoccupées par leurs effets (72%), et deux
tiers estiment que les retards de paiement freinent directement leurs ambitions
et leurs projets de croissance (66%). S’ils sont désormais « acceptés », les
retards de paiement continuent de peser lourdement sur la confiance des
entreprises et les décisions à long terme.
Jusqu’à 20% du chiffre
d’affaires sacrifié pour éviter le sujet
Malgré une inquiétude
largement partagée, les retards de paiement demeurent tabous dans de nombreuses
relations commerciales. Au cours des douze derniers mois, plus de la
moitié des entreprises (52%) ont évité d’aborder la question avec leurs clients.
Mais le silence a un prix : 80% des entreprises seraient prêtes à renoncer
jusqu'à 20% de leur chiffre d’affaires annuel pour ne plus avoir à gérer ces
situations. Un chiffre qui illustre la tension entre pragmatisme économique
et lassitude opérationnelle.
Conclusions de Clémentine Destrez, Sales Manager Emerging and Corporate chez GoCardless :
« Cette étude montre que les retards de paiement ne relèvent plus d’un simple aléa de trésorerie, mais constituent désormais un frein structurel à l’économie française. Ce qui frappe particulièrement, c’est le niveau de résignation : de nombreuses organisations ont appris à composer avec ces retards, tout en mesurant pleinement leurs effets délétères sur la croissance, l’emploi et l’investissement. Lorsque certaines préfèrent absorber des pertes plutôt que d’ouvrir le dialogue avec leurs clients, cela révèle à quel point le problème est désormais profondément installé ».


