2025, une année
contrastée pour l’actionnariat salarié, révélatrice de fortes dynamiques
sectorielles
Dans un contexte
économique marqué par l’incertitude et l’attentisme des entreprises,
l’actionnariat salarié continue de jouer un rôle structurant au sein du SBF120,
tout en révélant des écarts de pratiques et de performances de plus en plus
marqués selon les secteurs.
Ces constats s’appuient
sur les premiers résultats de l’édition 2026 du Panorama de l’actionnariat
salarié, réalisé par Eres, société de conseil et de gestion spécialiste de
l’actionnariat salarié, retraite et épargne salariale.
1/ Un nombre
d’opérations en recul, mais une base d’entreprises toujours engagée
En 2025, 33 opérations collectives d’actionnariat salarié ont été menées par 30 entreprises du SBF120, soit près d’un quart des entreprises de l’indice. Ce volume est en net retrait par rapport à 2024
(44 opérations), traduisant un certain attentisme des
entreprises dans un contexte macroéconomique incertain.
Les opérations ont
toutes été conduites par des entreprises ayant déjà pratiqué l’actionnariat
salarié, confirmant l’ancrage du dispositif dans des stratégies de long terme.
2/ Une couverture
sectorielle plus large et des pratiques très hétérogènes
Les secteurs de la
Finance, de l’Automobile et de l’Industrie concentrent plus d’un tiers des
opérations.
Les taux de
souscription varient de moins de 30 % à plus de 44 % des salariés éligibles, et
les montants investis par salarié vont de quelques milliers d’euros à plus de
17 000 €, notamment dans les secteurs de l’Automobile, les Technologies et la
Finance.
Ces écarts s’expliquent
par le contexte sectoriel, les perspectives économiques et les arbitrages des
salariés entre risque, liquidité et épargne.
3/ Des enjeux
financiers majeurs pour certaines entreprises
- Certaines augmentations
de capital réservées aux salariés dépassent 300 millions d’euros, notamment
dans le secteur des Services aux entreprises, représentant ainsi une source de
financement alternative.
-
L’actionnariat salarié
constitue un levier stratégique majeur pour fidéliser les salariés, retenir les
talents et accompagner les stratégies de financement.
Malgré un contexte économique compliqué, le secteur industriel continue de montrer un engagement fort pour l’actionnariat salarié
•
En
2025, le secteur de l’Industrie confirme sa maturité avec 4 opérations
d’actionnariat salarié et près de 60 opérations cumulées entre 2015 et 2025.
•
Trois
des quatre entreprises du secteur ayant réalisé une opération collective en
2025, ont atteint des niveaux record d’augmentation de capital réservées aux
salariés.
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Dans
l’Industrie, l’actionnariat salarié devient un véritable pilier de financement,
mobilisant les salariés clés dans un contexte de forts investissements
industriels, de transformation numérique et énergétique, et de compétition
accrue pour attirer et retenir les talents.
Mathieu Chauvin,
Président d'Eres, conclut : « Comme le confirme la Fédération
Européenne de l'Actionnariat Salarié, on observe partout en Europe une
réduction des incitations fiscales. Le Royaume-Uni, longtemps cité en exemple,
a vu ces dispositifs de transmission d'entreprises aux salariés quasiment
disparaître. Dans un contexte de recomposition des grands groupes marqué aussi
par des incertitudes politiques et économiques, l'actionnariat salarié se
fragilise. La France se distingue par sa capacité à préserver un actionnariat
salarié actif et structurant, confirmant son rôle de leader européen historique
dans les entreprises cotées ».
Nota Bene : Cette analyse repose
sur l’étude de l’historique des pratiques des entreprises ayant conduit une
opération collective d’actionnariat salarié en 2025. Toutes les entreprises
n’ayant pas publié à ce stade l’intégralité des données de toutes les
opérations menées en 2025, les résultats constituent une analyse qualitative
des tendances sectorielles observées.


