Une nouvelle étude menée par l’éditeur européen de logiciels industriels Forterro révèle que les entreprises industrielles françaises du midmarket sont parmi les moins préparées en Europe à l’arrivée du passeport numérique des produits (DPP), une initiative réglementaire majeure de l’Union européenne qui entrera progressivement en vigueur à partir de 2027.
Selon cette étude, intitulée The Digital Future of the European Industrial Midmarket, seuls 38 % des décideurs français déclarent connaître l’initiative DPP et comprendre ce qu’elle implique, soit le taux le plus bas parmi les pays étudiés, bien en dessous de la moyenne européenne (50 %). À titre de comparaison, ce taux atteint 42 % en Allemagne, 47% au Royaume-Uni, 55 % en Espagne et 61 % en Suède, pays le plus avancé sur le sujet.
La préparation
effective au DPP est tout aussi préoccupante : seules 38 % des entreprises
industrielles françaises estiment être prêtes à se conformer aux exigences du
DPP, là encore le chiffre le plus faible en Europe, contre 43% au Royaume-Uni,
51 % en Allemagne et 60 % en Suède.
Le passeport numérique
des produits, qui prendra la forme d’un registre numérique structuré regroupant
des informations clés sur l’identité, la composition, le cycle de vie, la
réparabilité et l’empreinte environnementale des produits, s’appliquera à toute
entreprise souhaitant commercialiser ses produits sur le marché européen. À
terme, aucun produit ne pourra être mis sur le marché de l’UE sans DPP, avec
des sanctions financières qui pourraient atteindre jusqu’à 5 % du chiffre
d’affaires réalisé dans l’Union européenne, selon les modalités définies par
les États membres.
Des freins structurels
mais une forte prise de conscience stratégique en France
Les principaux
obstacles à la préparation au DPP identifiés par les entreprises françaises
sont le manque de ressources dédiées à la conformité, le manque d’orientation,
la complexité des exigences réglementaires ainsi que l’absence de solutions
technologiques adaptées pour les gérer. Des freins que l’on retrouve également
en Allemagne et en Espagne, bien que de manière plus marquée outre-Rhin sur la
question des ressources (51 %).
Malgré ce retard, la
France se distingue sur un point clé : 27 % des répondants français déclarent que les
exigences de conformité influencent directement leurs décisions opérationnelles
et leurs investissements technologiques, soit le taux le plus élevé d’Europe.
Ce chiffre traduit une prise de conscience stratégique du lien entre conformité
réglementaire, compétitivité et transformation numérique.
Sur le plan budgétaire,
les entreprises industrielles françaises de taille intermédiaire prévoient de
consacrer en moyenne 31 967 euros à la gestion du DPP dans les prochaines
années. Un montant inférieur à celui observé en Allemagne (37 369 euros) et en
Espagne (36 370 euros), mais significatif compte tenu du niveau actuel de
préparation.
« Le passeport
numérique des produits aura sur l’industrie manufacturière un impact comparable
à celui du RGPD sur la gestion des données. Ce n’est pas seulement un enjeu de
conformité, mais une opportunité majeure en matière de transparence, de
durabilité et de confiance client, explique Christophe Martinoni, Directeur de
la division Sylob. En France, les entreprises ont conscience que la
conformité devient un levier stratégique, mais elles manquent encore de repères
et d’outils pour passer à l’action. Or, les échéances approchent rapidement :
se préparer dès maintenant est essentiel. »
Un contexte industriel
sous tension
L’étude met également
en lumière les défis plus larges auxquels fait face le midmarket industriel
européen. En France comme ailleurs, la réglementation environnementale est
perçue comme l’un des domaines de conformité les plus complexes, tandis que les
incertitudes économiques et géopolitiques continuent de peser sur les chaînes
d’approvisionnement et les stratégies d’exportation.
« Dans un environnement réglementaire et économique de plus en plus complexe, conformité et compétitivité vont désormais de pair. Les entreprises qui modernisent dès aujourd’hui leurs systèmes d’information gagneront en visibilité, en efficacité opérationnelle et en crédibilité auprès de leurs clients et partenaires. », conclut Christophe Martinoni.


