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[Etudes] Génération 2026 : hyperconnectée à l'IA, critique à l’égard du discours corporate, mais passionnée par le travail

L'édition 2026 de l’étude annuelle JobTeaser x EDHEC décrypte les nouvelles tendances en matière de recrutement des jeunes talents :

- quels sont leurs critères prioritaires ?

- comment perçoivent-ils les discours corporate et l’omniprésence de l’IA dans les process de recrutement ?

 

JobTeaser et l'EDHEC Business School dévoilent les résultats de leur grande étude annuelle sur les aspirations et comportements des jeunes talents face à l'emploi.

Cette année, 2 578 étudiants et jeunes diplômés ont été interrogés (universités, écoles de commerce et écoles d’ingénieurs), en partenariat avec Kantar.

 

Cette large enquête vise, au-delà des stéréotypes, à réaliser le portrait d'une génération qui bouscule les codes du recrutement. Proactive dans ses recherches, sceptique face aux discours institutionnels, à la pointe des usages de l’IA mais profondément attachée à l’humain, cette génération se révèle bien plus engagée au travail qu’on ne l’imagine. Des résultats qui battent en brèche de nombreux a priori sur son rapport à l’emploi.

 

Les nouvelles règles de la marque employeur : le secteur avant la marque, le vécu avant le discours

 

Le secteur d'activité s'impose comme critère N°1 dans le choix d'une entreprise (57%), loin devant la notoriété (25%). 84% des étudiants savent déjà vers quel secteur s'orienter avant même de cibler des entreprises.

 

Un discours corporate qui sonne faux : seuls 18% des étudiants jugent crédibles les contenus institutionnels des entreprises (vidéos, témoignages corporate). En revanche, 80% font confiance aux avis d'alumni comme d’anciens salariés, et 46% aux témoignages authentiques de salariés, confirmant qu’un ambassadeur sincère pèse plus qu’une communication aseptisée.

 

Des process de recrutement dissuasifs : 52% des candidats abandonnent un processus jugé trop long.

22 jours : c'est le seuil maximal d'acceptabilité, stable par rapport à 2025.

 

Les réseaux sociaux grand public (TikTok, Instagram) restent marginaux (13%) dans les recherches d'emploi, perçus avant tout comme des espaces d'information et de divertissement.

 

L'active sourcing, recrutement proactif de candidats qualifiés, émerge comme une stratégie gagnante : 53% des étudiants ont déjà été sollicités par des recruteurs, 68% y répondent régulièrement, et 96% apprécient ces approches directes.

 

L’ère des candidatures augmentées : le paradoxe de l'IA, omniprésente mais rejetée dans le recrutement


L'IA est au cœur des usages : 48% lui font confiance pour leurs choix d'études et 45% pour leurs choix de métiers, des décisions de vie structurantes. Et 92 % des étudiants l'utilisent pour améliorer leurs candidatures (CV, lettres de motivation, préparation d'entretiens).

 

Mais un paradoxe est visible, avec le refus net de l'automatisation du recrutement. L'humain reste indispensable dans l'évaluation. 67% des candidats à un premier poste ne sont pas à l'aise avec un processus automatisé par l'IA (tri de CV, entretiens automatisés, scoring). Sur l’ensemble des répondants, 36% citent le manque d'affinité avec le recruteur comme facteur d'abandon de candidature.

 

Paradoxe supplémentaire : 75% pensent que l'IA va changer en profondeur leur métier (+6 points vs 2024), et 32% craignent l'obsolescence de leur emploi (+5 points), révélant un besoin urgent d'accompagnement et de formation continue.

 

 

Une jeune génération très engagée qui veut travailler

 

L’étude balaie un cliché tenace : 96% des étudiants considèrent le travail comme un facteur d'épanouissement personnel (+3 points vs 2024). Dans leurs évocations spontanées, le travail représente avant tout l'accomplissement personnel (30%).

Une génération loin d'être désengagée, mais exigeante sur la cohérence entre discours et réalité, et sur la qualité de l'expérience proposée dès l'arrivée dans le monde professionnel.

 

Des tendances qui se confirment et s'accélèrent

 

Mobilité de plus en plus précoce : la durée idéale du premier poste tombe à 17 mois (vs 20 mois en 2024), signe d'une carrière perçue comme une succession de missions formatrices.

 

Le CDI toujours challengé : 41% des étudiants ne recherchent pas de CDI (+1 point), avec des disparités selon les profils (35% chez les ingénieurs, 44% chez les universitaires).

 

La rémunération devient le critère N°1 d'attractivité, particulièrement pour les universitaires et managers, tandis que les ingénieurs priorisent la montée en compétences (61%).

 

Les règles classiques de fidélisation ne suffisent plus : sans projection claire et développement des compétences, les jeunes talents partent rapidement.

 

Trois profils, trois stratégies RH : l'étude identifie trois profils aux attentes radicalement différentes.

 

Les universitaires - "Explorateurs pragmatiques" : une maturité professionnelle plus fragile, une moins grande habitude à mobiliser les réseaux pour se placer et un rapport utilitaire au premier emploi. Durée idéale : 13 mois. La rémunération joue un rôle de repère rassurant dans un environnement perçu comme complexe.

Les managers - "Pilotes de carrière" : 58% voient le premier job comme un tremplin

(vs 38% universitaires), mobilisent intensivement leurs réseaux, évaluent l'entreprise comme un label d'employabilité. Durée idéale : 18 mois.

Les ingénieurs - "Bâtisseurs de compétences" : 61% priorisent l'apprentissage. Ils montrent un attachement plus fort au CDI (65 %) et ont une lecture fonctionnelle de l'entreprise comme système de production de compétences. Durée idéale : 18 mois.

 

Pour Adrien Ledoux, CEO et co-fondateur de JobTeaser : « Cette étude montre un profond décalage entre les discours encore dominants et les attentes réelles des jeunes talents. Ils veulent travailler, progresser et s’engager, mais à condition que les règles du jeu soient claires, humaines et cohérentes. »

 

Manuelle Malot, Directrice du NewGen Talent Centre de l’EDHEC Business School, conclut : « Dans un marché de l’emploi tendu, les jeunes diplômés confirment une ambition forte. Fer de lance de leur carrière, ils cherchent avant tout à se développer professionnellement et personnellement. Et c’est paradoxalement avec un objectif d’employabilité à long terme qu’ils anticipent leurs évolutions de poste ».

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