Fasterclass dévoile les résultats d’une enquête
nationale menée auprès de 3 612 salariés afin de mesurer l’état réel de la
culture du feedback en entreprise.
Ce sondage révèle un paradoxe brutal :
91% des salariés demandent une culture du feedback plus forte, alors que 67%
n’ont jamais été formés à en donner ou en recevoir.
Raphaël Maisonnier, conférencier et
auteur, TEDx speaker, CEO de Fasterclass, rappelle : « Le mot feedback est un
pérégrinisme. Il n’a pas d’équivalent direct dans la langue française. C’est la
raison pour laquelle il est souvent confondu avec ses faux amis : compliments,
reproches, critiques, ordre déguisé, ou encore évaluation. Tout ceci n’est pas
du feedback.
Pour faire bref,
feedback vient de l’anglais : feed, “nourrir” ; back “en retour”. Le feedback
est donc un retour d’information qui nous nourrit, c’est-à-dire qui nous
apprend quelque chose. En ce sens, un simple « retour » n’est pas du feedback.
Il faut bien ces deux conditions : nourrir, en retour ! Et c’est tout l’art du
“feedback, qui est un atout incontournable à promouvoir en entreprise. »
1. Le feedback : bien
loin du réflexe culturel
En 2026, le feedback
existe bien en entreprise, mais sa pratique reste encore très inégale. Ainsi,
seulement 8 % des salariés déclarent que cette méthode est très ancrée dans la
culture de leur société. 25 % décrivent une pratique structurée ou informelle
(12 % et 13 %). Enfin, 19 % le vivent de façon occasionnelle. De l’autre côté,
46 % des salariés n’en reçoivent jamais (29 %) ou rarement (17 %).
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Le feedback est-il une pratique
courante au sein de votre entreprise ? |
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|
Réponses |
Pourcentages |
|
Non, jamais / quasi jamais (hors
entretien annuel) |
29 % |
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Rare : seulement en cas de problème ou
d’urgence |
17 % |
|
Occasionnelle : quelques fois dans
l’année, sans vraie régularité |
19 % |
|
Régulière mais informelle : feedbacks
au fil de l’eau, pas toujours structurés |
13 % |
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Régulière et structurée : rituels (1:1,
points trimestriels), feedbacks cadrés |
12 % |
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Très ancrée dans la culture : feedbacks
fréquents, dans les deux sens (manager ↔ salarié), avec suivi |
8 % |
|
Je ne sais pas ce qu’est le feedback |
2 % |
2. Feedback correctif : à quel point est-il actionnable ?
Lorsqu’ils reçoivent un
feedback correctif, près de 61 % le jugent de façon très mitigée au niveau
de sa mise en œuvre : pas (11 %), peu (23 %) ou moyennement actionnable (27 %). Les
salariés semblent manquer de pistes ou d’exemples concrets. Seuls 39 % le
trouvent beaucoup (21 %) ou totalement actionnable (18 %).
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Quand vous recevez du feedback
correctif, à quel point est-il actionnable (exemples précis + pistes
d’amélioration) ? |
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Réponses |
Pourcentages |
|
Pas du tout |
11 % |
|
Peu |
23 % |
|
Moyennement |
27 % |
|
Beaucoup |
21 % |
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Totalement |
18 % |
3. Qu’est-ce qui
empêche le feedback de se développer ?
En 2026, les deux
freins majeurs au développement du feedback en entreprise sont liés à
l’organisationnel et aux compétences. 28 % évoquent le manque de temps, 27 %
des managers mal à l’aise et mal formés. La dimension émotionnelle est
également très forte avec 21 % qui sont bloqués par les tensions ou la peur de
blesser.
Enfin, les obstacles
techniques comme des feedbacks trop vagues (12 %) et le manque de courage
managérial (11 %) complètent le tableau.
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Qu’est-ce qui empêche le plus de
développer l’usage du feedback dans votre entreprise ? |
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Réponses |
Pourcentages |
|
Manque de temps / priorités |
28 % |
|
Peur de blesser / tensions |
21 % |
|
Feedback trop vague (c’est bien / ce
n’est pas bien) |
12 % |
|
Managers pas à l’aise / pas formés |
27 % |
|
Manque de courage : on évite les sujets |
11 % |
|
Autre |
1 % |
4. Des feedbacks
insuffisants ou mal perçus
Quand les salariés ont
un feedback de leur manager, le verdict est à la fois clair et négatif : 74 %
pointent un problème de qualité ou de fréquence. Le feedback est trop rare pour
37 %, trop flou pour 21 %, trop dur pour 9 % et jugé injuste pour 7%.
Seulement 26 % des
salariés trouvent le feedback équilibré et utile.
|
Le feedback de votre manager est
plutôt… |
|
|
Réponses |
Pourcentages |
|
Trop rare |
37 % |
|
Trop flou |
21 % |
|
Trop dur / maladroit |
9 % |
|
Injuste / variable selon les personnes |
7 % |
|
Équilibré et utile |
26 % |
5. À l’aise pour donner
du feedback à son manager ?
Si le feedback
descendant est la règle, celui ascendant est encore plus complexe. En effet,
43
% des salariés ne sont pas à l’aise pour cet exercice avec leur manager.
Avec 25% de neutres, la
zone d’hésitation est encore plus large.
À l’opposé, 32 % se
disent à l’aise pour en discuter avec leur N+1.
|
Vous sentez-vous à l’aise pour donner
un feedback à votre manager (désaccord, suggestion, critique constructive) ? |
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|
Réponses |
Pourcentages |
|
Pas du tout à l’aise |
15 % |
|
Plutôt pas à l’aise |
28 % |
|
Neutre |
25 % |
|
Plutôt à l’aise |
23 % |
|
Très à l’aise |
9 % |
6. Les Français
aiment-ils recevoir du feedback ?
Globalement, les
salariés semblent apprécier la pratique du feedback : 62 % l’aiment (43 % pour
progresser et 19 % surtout quand il est positif). Mais 23 % restent
conditionnels et sont plus sensibles
à la relation et au contexte.
De leur côté, les
opposants sont minoritaires : 15 % sont contre, dont 6 % qui associent
feedback avec stress et démotivation et 9 % avec injustice.
|
Globalement, aimez-vous recevoir du
feedback ? |
|
|
Réponses |
Pourcentages |
|
Oui, ça m’aide à progresser |
43 % |
|
Oui, surtout quand c’est positif |
19 % |
|
Moyennement : ça dépend de la personne
/ du moment |
23 % |
|
Non : c’est souvent maladroit ou
injuste |
9 % |
|
Non : ça me stresse / ça me démotive |
6 % |
7. Les managers
maîtrisent-ils le feedback ?
Dans la pratique, l’art
du feedback semble bien loin d’être acquis.
En effet, 45 % des
salariés estiment que la plupart (31 %) ou presque aucun (14 %) des managers ne
le maîtrisent.
Cependant, les salariés
qui répondent par l’affirmative ne sont que 49 %, avec une grosse partie très
mitigée (32 % quelques-uns).
|
Dans votre expérience, les managers
maîtrisent-ils le feedback ? (ex : précis, respectueux, orienté solutions) |
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|
Réponses |
Pourcentages |
|
Oui, la plupart |
17 % |
|
Oui, quelques-uns |
32 % |
|
Non, la plupart |
31 % |
|
Non, presque aucun |
14 % |
|
Je ne sais pas |
6 % |
8. Plus de 2 Français
sur 3 jamais formés au feedback
À la question « Avez-vous
été formé(e) (vous et/ou vos managers) à donner et recevoir un feedback
constructif ? », les résultats ont de quoi surprendre : 67 %
avouent n’avoir jamais reçu de formation à ce sujet. Seulement 11 % combinent
formation et pratique régulière, et 21 % n’ont eu qu’une approche théorique.
|
Avez-vous été formé(e) (vous et/ou vos
managers) à donner et recevoir un feedback constructif ? |
|
|
Réponses |
Pourcentages |
|
Oui, formation + pratique régulière |
11 % |
|
Oui, mais surtout théorique |
21 % |
|
Non, jamais |
67 % |
|
Je ne sais pas |
1 % |
9. Un ascenseur du
feedback qui monte… sans (rarement) descendre
En entreprise, le
feedback reste majoritairement descendant à 41 %, du manager au salarié, contre
seulement 7 % ascendant. Cependant, 36 % décrivent également un feedback
mélangé entre les salariés, les managers et les collègues et reste donc encore
perçu comme un acte managérial, et non comme une pratique collective.
|
Dans votre entreprise, le feedback est
surtout… |
|
|
Réponses |
Pourcentages |
|
Descendant (manager → salarié) |
41 % |
|
Ascendant (salarié → manager) |
7 % |
|
Entre pairs (collègues) |
14 % |
|
Un mélange des trois |
36 % |
|
Je ne sais pas / ça dépend des équipes |
2 % |
10. Quelles sont les
préférences sur le type de feedback ?
Sur le ton, les
salariés veulent du concret sans violence relationnelle et plébiscitent un
feedback factuel à 29% ou bienveillant à 27 %.
Sur le contenu, 43 %
préfèrent recevoir des axes correctifs, avec un besoin de clarté sur ce qui ne
va pas et comment faire mieux.
Enfin, sur le canal, le
plus fort signal est l’attente d’un mixte entre de l’oral et d’une trace écrite
à 41 %. Il est intéressant de relever que dans l’immense majorité des cas
(88%), l’oral est perçu comme nécessaire, que ce soit en présentiel, à distance,
ou couplé à de l’écrit.
|
Quel type de feedback préférez-vous
avoir en tant que salarié(e) ? |
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|
Sur le ton / la manière |
Pourcentages |
|
Franc et direct, même si c’est
inconfortable (tant que c’est respectueux) |
14 % |
|
Bienveillant et diplomate, pour que ça
passe mieux |
27 % |
|
Neutre et factuel (sans jugement, basé
sur des exemples) |
29 % |
|
Motivant (encourageant, orienté
progrès) |
17 % |
|
Ça dépend du sujet (urgent / sensible /
important) |
13 % |
|
Pourcentages |
|
|
Équilibré : 50% points forts / 50% axes
d’amélioration |
36 % |
|
Plutôt positif : reconnaissance
régulière + corrections ponctuelles |
21 % |
|
Plutôt correctif : j’ai besoin de
clarté sur ce qui ne va pas et comment faire mieux |
43 % |
|
Sur le canal / format |
Pourcentages |
|
En face à face en présentiel |
32 % |
|
À l'oral à distance |
15 % |
|
À l'écrit |
12 % |
|
Les deux (oral + trace écrite) |
41 % |
11. En 2026, faut-il
développer la culture du feedback ?
Le consensus est quasi total : 91 % des salariés veulent développer le feedback dans leur entreprise.
53 % le souhaitent fortement et 38% légèrement. Plus d’un sur deux y voit un
levier majeur de performance. Les anti-feedback restent marginaux (9%).
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En 2026, pensez-vous que votre
entreprise devrait développer davantage la culture du feedback (plus
fréquent, plus utile, mieux fait) ? |
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Réponses |
Pourcentages |
|
Oui, fortement : c'est un immense
levier de performance |
53 % |
|
Oui, un peu : on pourrait mieux
travailler ensemble |
38 % |
|
Non, c'est inutile |
9 % |


