Baromètre EGYM Wellpass 2025 : « Le travail, c’est la santé ? »
Et si le principal
risque pour les entreprises n’était plus la pénurie de talent, mais le design
même du travail moderne ? Écrans en continu, journées passées assis,
télétravail sans respiration, hyper-connexion permanente : le baromètre
international 2025 de EGYM Wellpass (ex-Gymlib), réalisé avec YouGov auprès de
salariés en France, en Allemagne et aux États-Unis, met en évidence un décalage
marqué entre la réalité vécue par les salariés et les réponses apportées par
les organisations en matière de santé au travail : on parle de Health Gap.
La France figure parmi
les pays les plus sensibles à cette question : près de 9 salariés sur
10 (87%) expriment une inquiétude sur l’impact de leurs conditions de travail
sur leur santé à long terme. Lucides sur les effets des conditions de travail
moderne les salariés se disent pourtant souvent démunis face à des organisations
qui peinent à protéger leur équilibre dans la durée. Ce décalage traverse
l’ensemble des dimensions du travail : mentale, physique, managériale et
sociale.
1. Santé mentale : un
esprit sous tension permanente
La santé mentale
apparaît comme l’un des points de tension majeurs du Health Gap : 53% estiment
que leur emploi pèse négativement sur leur équilibre psychologique. Par
ailleurs, plus d’un salarié sur deux (57%) a vu sa performance impactée au
cours de l’année par la fatigue mentale, le stress ou des troubles du sommeil.
Jennifer Sitruk,
Directrice et porte-parole France chez EGYM Wellpass (ex-Gymlib), explique : «
Ces résultats montrent à quel point les conditions de travail influencent
aujourd’hui toutes les dimensions de la santé - physique, mentale et
relationnelle. La frontière entre vie professionnelle et vie personnelle
s’estompe, et lorsque l’équilibre se fragilise, c’est l’ensemble du quotidien
qui bascule ».
2. Santé physique :
quand le travail devient trop immobile
Le Health Gap ne se
limite pas la santé mentale, il s’ancre aussi dans le corps. Réunions en
visioconférence enchaînées, journée entières passées assis, télétravail qui
supprime les déplacements et pauses informelles : 71% des salariés jugent
leurs conditions de travail trop statiques.
La sédentarité n’est
plus un effet secondaire du travail, mais un pilier structurel de son
organisation.
Alexandre Dana,
co-auteur de La chaise tue et expert ayant accompagné EGYM Wellpass dans
l’interprétation des résultats, analyse : « Si je devais résumer
l’évolution des risques de santé au travail, je dirais que nous sommes passés
d’un monde du travail qui abîmait les corps par excès d’effort à un monde qui
les abîme par excès d’immobilité ».
3. Santé managériale :
une performance pensée sans régénération
Le baromètre met en
évidence un décalage fort entre les attentes des salariés et les dispositifs
proposés par les entreprises : 55% des salariés français déclarent que leur
entreprise ne propose pas de dispositif santé (ou qu’ils n’en ont pas
connaissance) et seuls 26% se disent satisfaits des actions mises en place.
Pourtant, l’enjeu est
devenu central dans la relation employeur–salariés : 64% des salariés indiquent
que l’engagement de leur entreprise sur la santé influence leur fidélité, un
chiffre qui monte à 76% chez les 18–34 ans, la génération la plus mobile sur le
marché du travail.
Ce constat révèle moins
un manque de volonté qu’un modèle d’organisation encore inadapté à la réalité
du travail contemporain.
4. Santé sociale : un
collectif fragilisé par les nouvelles organisations
Le lien social reste un
facteur clé de protection, mais il se fragilise sous l’effet des nouvelles
organisations du travail. Si 91% des salariés estiment que la qualité du lien
avec leurs collègues contribue à leur bien-être, 2 Français sur 10 se disent
néanmoins isolés.
Un paradoxe révélateur
du Health Gap :
les salariés savent que le collectif protège, mais les conditions de travail
contemporaines rendent ce lien plus difficile à maintenir.
Quand un dispositif
structuré change la donne
En parallèle du
baromètre grand public, EGYM Wellpass a conduit une étude interne auprès de ses
utilisateurs en France. Résultat : là où un dispositif santé structuré est
présent, la courbe s’inverse.
Comparés à la moyenne
nationale, les utilisateurs EGYM Wellpass présentent :
• -13 points sur la perception négative de la
santé mentale,
• -12 points sur les troubles du sommeil,
• une quasi-disparition du sentiment
d’isolement,
• une pratique d'activité physique hebdomadaire
proche de 100%.
Autrement dit,
lorsqu’un dispositif lisible, accessible et collectif existe, l’impact sur la
santé mentale, le sommeil, le lien social et l’activité est immédiatement
mesurable.
La santé, un levier
stratégique de performance et de fidélisation
L’étude montre que la
France est à la fois l’un des pays les plus inquiets et les plus lucides sur le
lien travail-santé. Les salariés savent précisément ce qui doit changer pour
améliorer les conditions :
• un management attentif et stabilisant,
• une flexibilité réelle sur l’organisation du
travail,
• des rituels collectifs qui recréent du
mouvement, du lien et des temps de respiration.
Pour les entreprises, la bascule est nette : la santé n’est plus un avantage périphérique, elle devient un levier de performance, d’attractivité et de fidélisation. Et elle devient surtout un sujet de design organisationnel et de gouvernance, au cœur du travail moderne.


