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[Etudes] Les DRH face à la Grande Cause nationale : la santé mentale devient un impératif de compétitivité

Holivia, avec la participation de l’Alliance pour la Santé Mentale, publie une enquête basée sur les témoignages de 10 leaders RH d’ETI et de grands groupes.

 

À l’heure où la santé mentale est devenue la première cause d’arrêts maladie longue durée en France, les entreprises font face à un défi économique majeur. Absentéisme, turnover, désengagement, perte d’attractivité, perte de productivité : les conséquences se chiffrent en milliards d’euros.

 

Cette enquête est basée sur les témoignages de 10 leaders RH d’ETI et de grands groupes comme Saint-Gobain, BNP Paribas, AXA France, Ardian, Capgemini, VINCI, révélant une réalité : la santé mentale est devenue une priorité stratégique pour les entreprises françaises.

 

Un signal fort pour les entreprises : le tabou recule, les enjeux économiques émergent

 

Les DRH interrogés décrivent un mouvement de fond : la santé mentale entre désormais dans les tableaux de bord de performance, les comités de direction, les stratégies d’attractivité et les plans de transformation managériale.

 

Pour Jérôme Crest, CEO de Holivia : « La santé mentale n’est plus un sujet périphérique : elle devient un marqueur du fonctionnement profond des organisations et un déterminant de performance durable ».

 

La crise du Covid a agi comme un accélérateur : « à partir de ce moment, BNP Paribas a fortement renforcé son programme de santé et de bien-être et a mis la santé mentale au cœur de ses priorités », souligne Isabelle Moirez, Directrice Santé & Bien-Être Groupe BNP Paribas. La Grande Cause nationale 2025, reconduite récemment par le Premier Ministre en 2026, a été le deuxième accélérateur.

 

Les entreprises relient désormais explicitement santé mentale, capacité d’innovation et résultats économiques. « La santé mentale est un levier d’équilibre et de performance », souligne Christophe Maximilien, DRH de TDF. « La santé mentale est un enjeu majeur pour les RH car elle touche directement à la performance, à la fidélisation des talents et à la qualité du climat social. Tout l’objectif des Ressources Humaines est d’anticiper, de prévenir le plus tôt possible les risques psychosociaux. Et de créer un environnement de travail sain, inclusif et bienveillant. » souligne Anne-Sophie Duval, Head of Future of Work chez Capgemini.

 

C’est aussi un enjeu de sécurité physique : « Quand on fait nos enquêtes sur les accidents graves ou les accidents mortels qu’on a encore malheureusement chez VINCI on se rend compte que dans au moins un cas sur deux une des causes racine a une origine dans la santé mentale. », précise Ludovic Demierre, DRH de VINCI.

 

Infuser de la sécurité psychologique par les managers et des relais internes ou externes

 

Le sentiment de sécurité psychologique, c'est-à-dire la capacité d’un collaborateur à parler librement de ses problèmes, sans crainte de représailles, devient un indicateur clé de performance. Les leaders RH interrogés soulignent que c’est l’un des déterminants majeurs de la cohésion, de la capacité d’innovation et de la résilience collective.


Pour installer une véritable sécurité psychologique et libérer la parole, il est essentiel de sensibiliser l’ensemble des collaborateurs : « Tout au long de l’année, nous proposons des temps forts à travers des conférences, ateliers et événements afin de faire de la santé mentale un sujet de fond, présent durablement dans l’entreprise. », explique Massimo Genuardi, Responsable Qualité de Vie et Conditions de Travail chez CGI.

 

« Le mot d'ordre, c'est parler, oser. C'est engager l'ensemble des parties prenantes sur le sujet de la santé mentale. Former pour déployer et pour accélérer. », indique Régis Blugeon, Directeur des Affaires Sociales et DRH France du groupe Saint-Gobain. Les managers sont le point de bascule entre prévention et crise. « La toute première chose c’est de s’assurer que l’ensemble des acteurs clés sont bien formés, sont en capacité de comprendre ce sujet et de l’accompagner. Donc la formation joue un rôle clé. », précise Amélie Watelet, DRH d’AXA France.

 

Les entreprises accélèrent donc massivement la montée en compétences : donner les outils aux managers pour créer des rituels qui permettent de libérer la parole, détecter des situations de mal-être, adopter une posture d’écoute active, accompagner et orienter vers les bons relais internes ou externes. Les relais se multiplient également : chez AXA France, 400 collaborateurs seront formés aux Premiers Secours en Santé Mentale d’ici fin 2025.

 

Les entreprises observent un point clé : la libération de la parole ne suffit pas si les collaborateurs ne disposent pas d’espaces neutres et sécurisés. Cette accessibilité est aussi un enjeu économique : agir tôt coûte beaucoup moins cher que gérer les crises. « L’objectif c’est que 100 % de nos collaborateurs partout dans le monde puissent bénéficier de soutien psychologique d’écoute psychologique. Aujourd’hui ce taux est à 98% » indique Isabelle Moirez.

 

Incarner le changement au plus haut niveau

 

« Rien ne peut se faire sans les dirigeants. Ils doivent incarner le changement, normaliser la parole et rappeler que performance et santé mentale ne s’opposent pas — elles se renforcent », souligne Jérôme Crest. Cette dynamique top-down est essentielle à la fois pour libérer la parole, pour sécuriser les managers et pour légitimer la sécurité psychologique comme norme culturelle.

 

 

Angèle Malâtre-Lansac, déléguée générale de l’Alliance pour la Santé Mentale, conclut : « Les entreprises ont désormais une responsabilité stratégique : sensibiliser, instaurer un cadre de dialogue, améliorer les conditions de travail et accompagner ».

 

Avec la première Charte nationale pour la santé mentale au travail, co-portée avec le gouvernement et signée par près de 200 entreprises, l’Alliance appelle à une mobilisation durable de l’ensemble des dirigeants français. La Grande Cause nationale joue ici un rôle d’accélérateur : elle met la santé mentale à l’agenda des comités exécutifs.

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