Jamais la production d’électricité renouvelable n’aura été aussi forte en France, et jamais la puissance raccordée n’aura autant progressé qu’en 2025. Pourtant, 2026 s’ouvre dans un contexte d’incertitude qui menace de peser sur le développement futur des filières.
Une situation qui n’est pas idéale à l’heure où le pays doit accélérer pour rester dans la trajectoire de sa transition énergétique
En 2025, la France aura
raccordé plus de 7 gigawatts (GW) de nouvelles capacités électriques issues des
énergies renouvelables. Un volume inédit, qui constitue un nouveau record
annuel et porte le parc national de production d’électricité renouvelable à plus
de 86 GW à la fin de l’année. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte déjà
favorable : en 2024, la production d’électricité renouvelable a atteint un
niveau historique de 155 TWh, couvrant 31,3% de la consommation électrique du
pays. Cette progression reste toutefois largement portée par la seule filière
photovoltaïque, qui concentre plus de 5 GW des nouvelles capacités raccordées.
À l’inverse, l’éolien terrestre marque le pas, avec à peine 1 GW de nouvelles
installations en 2025, tandis que l’éolien en mer peine encore à dissiper les
incertitudes quant au respect de sa trajectoire de développement, et que
l’hydroélectricité a pour principale mission de maintenir son niveau actuel de
capacité.
Pourtant, au regard de
son potentiel et de la structuration de ses filières industrielles, la France
pourrait faire davantage en matière de production électrique renouvelable. Les
acteurs du secteur alertent cependant sur un contexte de plus en plus contraignant.
L’absence de publication de la nouvelle programmation pluriannuelle de
l’énergie prive les filières d’une visibilité claire et officielle sur les
objectifs à l’horizon 2030 et 2035. Par ailleurs, la stagnation de la
consommation d’électricité pourrait inciter les pouvoirs publics à ralentir
volontairement le développement des renouvelables, afin d’éviter des excédents
d’électricité difficiles à absorber par le système électrique. L’année 2026
s’accompagne de trop nombreuses incertitudes pour des secteurs qui doivent
pourtant renforcer leur croissance.
Enfin, les
collectivités et les territoires, autres acteurs centraux de la croissance des
énergies renouvelables, ont également leur mot à dire. Les énergies
renouvelables restent au cœur des stratégies régionales de transition
environnementale, illustrées notamment par des SRADDET (schémas régionaux
d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires)
ambitieux, mais qui, eux aussi, ont besoin d’un cadre national clairement
défini.
Ces constats sont issus du seizième « Baromètre de l’électricité renouvelable en France ».


