France Assureurs publie pour la
9e année consécutive, sa cartographie prospective des risques de l’assurance. À
la fin de l’année 2025, France Assureurs a interrogé 186 dirigeants et experts
du secteur de l’assurance et de la réassurance, issus de 35 entreprises. Pour
chacun des 24 risques identifiés, répartis en six grandes catégories
(économique, environnementale, sociale et sociétale, technologique, politique
et réglementaire), ils ont donné leur appréciation de l’impact direct de ces
risques sur leur entreprise en termes de fréquence et de sévérité potentielle
ainsi que leur horizon temporel. Ils ont également été interrogés sur les
principaux défis de la profession ainsi que sur les menaces pesant sur la
société française à des horizons de deux et dix ans.
Les risques économiques
et politiques inquiètent de plus en plus les assureurs
Le risque économique
s’est renforcé et arrive maintenant à la 2e place du classement. Cette
évolution peut être reliée aux tensions sur le commerce international, à la
situation des finances publiques françaises et à l’instabilité politique
nationale et internationale.
Le risque lié à
l’environnement politique, qui regroupe depuis l’édition 2025 les dimensions
française, européenne et mondiale, enregistre la plus forte progression parmi
l’ensemble des risques. Il rejoint ainsi le peloton de tête des risques les
plus structurants pour notre société et pour les assureurs, avec un score
équivalent à celui du dérèglement climatique.
Cette montée des
préoccupations politiques se reflète également dans la progression du risque
d’inégalités et de tensions sociales, en lien avec les épisodes récents de
violences et d’émeutes, dont le coût pour la profession a été particulièrement
élevé.
Le risque de
cyberattaques toujours en tête et toujours plus sévère
Les risques
technologiques occupent une place centrale dans la cartographie. Aux
cyberattaques, qui demeurent pour la 9e année consécutive la principale source
d’inquiétude et de menace pour les assureurs, s’ajoutent désormais deux risques
en forte progression : le risque lié à l’intelligence artificielle, de plus en
plus présente dans le quotidien des Français, et celui relatif à la qualité des
données et à la conformité des processus IT. Ces risques progressent fortement
dans le classement, les assureurs anticipant des impacts potentiellement plus
graves qu’auparavant, dans un contexte d’accélération des usages numériques, de
recours généralisé au cloud et de déploiement de l’intelligence artificielle.
Le recul du risque lié
au dérèglement climatique ne traduit pas une diminution des préoccupations
environnementales
Dans un contexte dominé par les enjeux économiques et politiques, les risques environnementaux marquent un léger recul dans le classement 2026. Le dérèglement climatique reste néanmoins solidement installé sur le podium du classement car il est identifié comme le risque le plus structurant à long terme, susceptible d’avoir des effets en cascade sur de nombreux autres risques.
Ce repositionnement ne
traduit donc pas un affaiblissement des préoccupations climatiques des
assureurs, mais est plutôt dû à une intensification du risque économique.
Les assureurs plus
optimistes pour la France à long terme
La cartographie 2026
met également en évidence une distinction nette entre les inquiétudes des
assureurs pour la société française à court et long terme. S’ils sont
pessimistes à court terme pour la société française comme pour leurs
entreprises, avec un poids particulièrement élevé des risques politiques et
économiques, la cartographie souligne aussi leur confiance, au-delà des
turbulences actuelles, dans la capacité d’adaptation et de résilience à long
terme de la société française.
Florence Lustman, présidente de France Assureurs, conclut : « Les résultats de cette 9e cartographie des risques de l’assurance révèlent une tendance lourde : les risques se rapprochent, se cumulent et s’intensifient. Si les risques cyber et climatiques restent au cœur des préoccupations du secteur, la dégradation du contexte économique et politique constitue désormais un facteur majeur de vulnérabilité à court terme. Dans ce climat d’incertitude, la prévention s’impose plus que jamais comme un pilier de l’action collective. Enfin, les assureurs se montrent plus optimistes sur le long terme pour la société française, une note positive qui doit nourrir notre confiance dans l’avenir ! »


