L’analyse de Green-Got, fintech engagée, créée pour mettre
la finance au service de la transition écologique.
Dans un contexte où le
pouvoir d’achat reste sous pression, l’inflation repart à la hausse. Après une
relative accalmie en début d’année 2025, les prix progressent de façon continue
depuis le printemps, atteignant +1,4% en novembre, soit un bond d’un point en
huit mois (de 0,3% à 1,4%).
Paradoxalement, cette
dynamique inflationniste ne freine pas l’épargne. Face à l’incertitude
économique, les Français renforcent leur épargne de précaution, portant le taux
d’épargne à des niveaux historiquement élevés, davantage par réflexe de
protection que par réelle capacité à consommer.
Ce réflexe se traduit
dans les chiffres macroéconomiques : l’épargne financière des ménages français
atteint désormais 6 477 milliards d’euros, un niveau jamais observé jusqu’ici,
presque deux fois supérieur au montant de la dette publique. Une situation qui
illustre l’ampleur du matelas de sécurité accumulé par les ménages, malgré un
contexte économique sous tension.
Derrière cette moyenne
nationale se cachent toutefois de fortes disparités territoriales. D’après la
dernière analyse de Green-Got, les Français épargnent en moyenne 5 650€, mais
un écart de plus de 70% sépare les montants épargnés dans les métropoles de
ceux des zones rurales, révélant une fracture face à l’impact de l’inflation
selon les territoires.
Une moyenne nationale
solide : 5 650 € épargnés et une discipline financière installée
En moyenne, les
Français épargnent 5 650€, soit environ 213€ par mois. Cette dynamique repose
sur des comportements bien ancrés puisque 67% des utilisateurs sont des
épargnants réguliers, 77% ont automatisé leur épargne, et 18% épargnent plus de
500 € par mois.
Ces chiffres témoignent
d’une maturité financière élevée et d’une installation durable des pratiques
d’épargne, renforcée par une ancienneté moyenne de 17 mois sur les comptes.
Certaines régions se
distinguent par une ancienneté encore plus forte, notamment la
Bourgogne-Franche-Comté (21 mois), le Centre-Val de Loire (22 mois) et les
DOM-TOM (24 mois), ce qui reflète un engagement plus long et souvent une
meilleure stabilité de l’épargne.
Les volumes cumulés par région confirment aussi la profondeur de la dynamique. L’Île-de-France atteint
1 950 M€ d’épargne totale, l’Auvergne–Rhône-Alpes 950 M€, et la région PACA 520
M€, positionnant ces territoires parmi les plus épargnants du pays.
« Les données montrent
une France capable d’épargner régulièrement, mais avec des dynamiques très
différentes selon les territoires », explique Andréa Ganovelli, Directeur Général
Green-Got.
Métropoles vs ruralité
: un écart d’épargne de plus de 70%
L’étude met en lumière
un écart d’épargne massif entre les grandes métropoles et les zones rurales.
Les habitants des métropoles épargnent plus de 70% de plus, un ratio qui reste
stable aussi bien sur l’épargne totale que sur l’épargne mensuelle.
|
Indicateur |
Métropoles |
Ruralité |
Ecart |
|
Épargne
totale moyenne |
7
173€ |
4
155€ |
+73% |
|
Épargne
mensuelle moyenne |
267€ |
151€ |
+72% |
Ces écarts ne
s’expliquent pas seulement par les niveaux de revenus, mais aussi par les
comportements financiers. Les régions urbaines adoptent davantage les outils
numériques et les pratiques d’épargne régulières, tandis que les zones rurales
présentent des comportements plus irréguliers et des montants plus faibles.
Les disparités se
retrouvent aussi au niveau régional.
Les régions les plus
performantes
● Île-de-France : 7 500€
● Auvergne–Rhône-Alpes : 6 800€
● PACA : 5 500€
À l’inverse, les
régions à dominante rurale restent significativement en dessous de la moyenne
nationale de 5 650€ :
● Centre-Val de Loire : 4 200€,
● Bourgogne-Franche-Comté : 4 300€,
● Normandie : 4 600€.
L’étude révèle aussi
une saisonnalité différenciée selon les territoires. En Île-de-France et en
Occitanie, janvier arrive en tête, porté par le versement des primes et les
bonnes résolutions financières. En Bretagne, dans les Pays de la Loire et en
PACA, le véritable temps fort se situe plutôt entre avril et juin, au moment de
l’intéressement et de la participation. En Auvergne–Rhône-Alpes, c’est
septembre qui domine, avec l’effet de la reprise après l’été. Enfin, dans les
Hauts-de-France, décembre concentre le plus haut niveau d’épargne, juste avant
les fêtes.
L’automatisation, le
levier déterminant pour réduire les écarts d’épargne
Le facteur qui
influence le plus fortement le niveau d’épargne est le taux d’automatisation
des versements. L’étude montre une corrélation directe entre automatisation
élevée, régularité et montants épargnés.
Taux d’épargne
automatisée
● Métropoles : 81,65%
● Moyenne nationale : 77%
● Ruralité : 51,15%
L’écart de 30 points entre métropoles et ruralité suffit à expliquer la majorité des différences observées.
Là où l’automatisation est plus forte, l’épargne est plus élevée,
plus régulière et moins soumise aux fluctuations saisonnières.
« Ce levier apparaît comme essentiel pour réduire la fracture territoriale et démocratiser l’automatisation dans les zones rurales permettrait non seulement d’augmenter les montants épargnés, mais aussi d’installer une discipline financière durable », conclut Andréa Ganovelli, Directeur Général Green-Got.


